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Economie

L’œuf, source d’investissement et de protéines

Par L'Economiste | Edition N°:3124 Le 08/10/2009 | Partager

. 3,7 milliards d’unité produites annuellement. Comment la loi 49-99 a imposé la sélectionD’abord on vous sert une omelette nature, aux champignons ou au fromage… Ensuite, on vous vante, à juste titre, les qualités nutritionnelles du blanc et du jaune d’œuf. «Côté protéine, c’est l’aliment qui revient le moins cher sur le marché. Deux œufs valent autant qu’un steak de 100 g», lance Abdellatif Zaime, président de l’Association nationale des producteurs d’œufs de consommation (Anpo), créée en 1995. C’est le «minimum syndical» lors de la journée internationale de l’œuf, le 7 octobre. Rappelons que cet aliment a également droit à tous les égards, le 15 janvier, lors d’une journée nationale. Et c’est bien mérité. Car c’est l’un des rares secteurs où les «investissements des opérateurs ne migrent pas vers l’immobilier et où les fonds sont à 100% privés», insiste Khaireddine Soussi, président de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (Fisa). Pas un seul centime n’est quémandé à l’Etat. Durant les dix dernières années, les producteurs d’œufs de consommation ont injecté 2 milliards d’investissement. Ceux qui se plaignent des lois, les transporteurs en premier, n’ont qu’à méditer ce cas. «Une bonne partie de ces capitaux a été investie suite à la promulgation de la loi 49-99 relative à la protection sanitaire des élevages avicoles, au contrôle de la production...», témoigne le Dr Mohammed Berrada. Le gouvernement d’Abderrahmane El Youssoufi (ndlr: 1998 à 2002) peut s’enorgueillir d’avoir fait d’une loi un instrument d’investissement et de tri. Il est vrai aussi qu’une canicule ayant foudroyé, au début du 21e siècle, quelque 4 millions de poules pondeuses y est pour quelque chose. Depuis la publication de la loi au BO du 15 septembre 2002, les opérateurs ont «massivement investi dans les locaux, équipements, ventilation…», selon le président de l’Anpo. Mais ce dernier regrette que le taux de douane sur les équipements soient si élevé: 20% contre 10% auparavant. Lougiano Pellizzer, représentant en Afrique du Nord depuis 30 ans d’une société italienne d’équipement, va dans le même sens. Mais souligne que le marché a encore «jusqu’à 30% de croissance à condition que les prix des œufs baissent et que les producteurs ciblent les agro-industries». Un secteur dont les recettes (gâteaux, quiches, tourtes…) font souvent appel aux œufs! Mais là, c’est une autre bataille de norme qu’il va falloir mener. Quoi qu’il en soit, la loi (49-99) de la sélection a sévi. Le secteur est passé «de 500 à 240 éleveurs ayant des fermes agréées de poules pondeuses», souligne le Dr Berrada. Et qui n’hésite pas par la même occasion à mettre à plat certains préjugés. Lorsqu’on parle de sécurité alimentaire, «l’œuf roumi est contrôlé (origine identifiée, vaccination des poules pondeuses et nutrition) et donc plus sûr que l’œuf beldi». A chacun ses goûts et ses conclusions.

Le sérieux paye
Mais sur le plan légal, le tri des producteurs commence d’abord par l’agrément délivré par les services vétérinaires du ministère de l’Agriculture. «Quant aux fermes, elles sont contrôlées par un vétérinaire privé ayant un mandat octroyé sur la base d’une convention d’encadrement sanitaire», selon l’Association des producteurs d’œufs. Chaque ferme est tenue d’avoir un registre d’élevage pour assurer un suivi de l’état sanitaire des poules pondeuses et donc de la traçabilité des œufs. Bien entendu, la présence d’OGM dans le maïs, et qui sert à l’instar du soja d’alimentation pour les poules pondeuses, est écartée. Si jamais une brebis galeuse s’aventure dans ce chemin, le scandale pourrait mettre en difficulté un secteur qui a pourtant fait ses preuves. Raison pour laquelle «le contrôle de ses ingrédients -notamment des résidus de pesticides- est draconien», selon le Dr Omar Amrani Lmlili. Le sérieux paye. A part les élevages, le secteur compte quatre couvoirs qui produisent 14 millions de poussins. L’on enregistre aussi cinq centres de conditionnement qui sont tous agréés. Le Maroc produit ainsi 3,7 milliards d’œufs, ce qui permet de couvrir la totalité de la demande du marché interne. Les opérateurs font un chiffre d’affaires de 4,5 milliards de DH, avec 12.000 emplois directs et 30.000 indirects. Car, d’après les professionnels, «l’informel n’a pas droit de cité». Ce qui est le cas dans des milieux pourtant plus visibles médiatiquement et économiquement: textile de maison, papeterie, produits alimentaires… Des exceptions, «assez insignifiantes», existent tout de même puisque «entre 20.000 et 50.000 œufs algériens transitent chaque Ramadan via la frontière orientale». Il n’y a pas que la contrebande. Certains producteurs se plaignent, en effet, de la qualité du maïs importé. C’est du moins ce qu’affirme Youssef Amran, représentant de la société Gradelco. Ce gros importateur de maïs et de soja du continent américain notamment estime que l’on doit attendre la fin d’octobre pour savoir si la récolte sera bonne. Car «les conditions climatiques et la spéculation des fonds monétaires sont deux facteurs de volatilité du marché international», estime Amran. Champs dégradés par le gel aux Etats-Unis, grosses pluies, grande sécheresse en Argentine… tous ces éléments pèsent sur la récolte et donc sur les prix. D’autant plus que les fonds d’investissement sont friands des matières agricoles dans la mesure où elles sont, à l’instar de l’or, des valeurs refuges. La baisse des droits de douane accordée dans le cadre de l’accord de libre-échange USA-Maroc «explique pourquoi le maïs américain s’impose dans notre marché», malgré sa qualité très discutable. Ce qui n’empêche pas le président de la Fisa de déclarer que «nous pouvons être fiers par rapport à ce qui se fait sur le plan mondial». De fait, le principal concurrent du Maroc sur le continent est l’Afrique du Sud. Faiçal FAQUIHI
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