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    Economie

    Habitat non réglementaire: La liste grossit chaque année de 25.000 unités

    Par L'Economiste | Edition N°:666 Le 23/12/1999 | Partager

    · Les ménages installés dans des ensembles d'habitat anarchique représentent 17% des familles urbaines

    IL a fallu que l'habitat non réglementaire fasse des victimes pour que les pouvoirs publics réagissent. L'effondrement de l'immeuble de Fès il y a une quinzaine de jours a remis au-devant de la scène l'étendue et la gravité de ce problème. Les statistiques établies par le Secrétariat d'Etat à l'Habitat sont alarmantes. 444.312 ménages sont établis dans des ensembles d'habitat non réglementaires. Ce qui représente 17% des familles urbaines.
    La plus grande partie (90.334 ménages) est concentrée dans la région de Rabat-Salé-Zemour-Zaër. Viennent ensuite les régions de l'Est, Tanger-Tétouan et Meknès-Tafilalet avec respectivement 68.692, 42.781 et 38.457 familles. Ces ensembles d'habitat sont appelés à s'étendre en l'absence de mesures de rechange adéquates. Selon le Secrétariat d'Etat à l'Habitat ce sont quelque 25.000 nouvelles unités non réglementaires qui viennent s'ajouter au stock chaque année. Le phénomène d'urbanisation de plus en plus fort et la complexité des procédures administratives rendent toute opération d'intervention difficile, est-il souligné. Pourtant, l'enjeu est de taille puisqu'il s'agit de sauver des vies humaines. Pour reprendre l'expression d'un architecte, ces ensembles d'habitat sont des bombes à retardement.
    Le défi des pouvoirs publics est donc double. Il s'agit d'abord de trouver des solutions de rechange pour les familles établies sur place et ensuite mettre fin à ce type de construction. C'est ce que le Secrétariat d'Etat à l'Habitat et le Département de l'Urbanisme comptent faire conjointement. La tâche est toutefois loin d'être aisée. «Le secteur est noyé dans un désordre total et la corruption handicape tout effort de restructuration», selon un architecte. Le Ministère de l'Aménagement du Territoire, de l'Environnement, de l'Urbanisme et de l'Habitat est déterminé à mettre fin à ces pratiques à travers une révision des dispositions législatives et organisationnelles régissant l'urbanisme. Pour réussir cette opération, M. Mohamed El Yazghi, en charge du Ministère, compte impliquer l'ensemble des parties intervenant dans l'acte de bâtir. Un rapport de synthèse a été élaboré suite aux réunions tenues notamment avec les responsables des communes, des agences urbaines et des préfectures. Les principaux obstacles relevés sont relatifs à la corruption et à la lourdeur des procédures administratives. L'action du Département de l'Urbanisme ne s'arrête pas là. «Nous sommes arrivés avec nos partenaires du Ministère des Finances à introduire dans nos rubriques budgétaires un article sur l'urbanisme non réglementaire», indique M. Mohamed El Malti, directeur de l'Urbanisme. Dans ce sens, des plans d'aménagement sectoriels adaptés aux spécificités des tissus dits clandestins ont été mis en place. «L'objectif est de gérer leur restructuration et leur développement», explique M. El Malti.
    La Direction de l'Urbanisme devra compter sur l'appui du Secrétariat d'Etat à l'Habitat. Ce dernier a initié différents projets de lutte contre l'habitat anarchique au titre de la période quinquennale 1999-2003. Un nouveau programme de restructuration a été ainsi initié. Il comprend 26 projets devant bénéficier à plus de 66.000 ménages. La subvention nécessaire à allouer, pour la période du Plan est estimée à 700 millions de DH. Les opérations actuellement en cours sont de 15.721. Parallèlement à ces projets, le Secrétariat d'Etat à l'Habitat compte réaliser des études techniques sur les ensembles d'habitats non réglementaires. L'objectif est de répertorier les bâtiments à risque et procéder au relogement des ménages menacés. Cette opération exige toutefois une enveloppe budgétaire importante. Pour sa réussite, le Secrétariat d'Etat à l'Habitat compte sur la participation de l'ensemble des parties, à savoir l'Etat, les collectivités locales et les familles concernées.

    Adil BOUKHIMA

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