×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Fin de l'accord: Les réactions espagnoles

    Par L'Economiste | Edition N°:653 Le 06/12/1999 | Partager

    De notre correspondante à Madrid, Pascale BOURGAUX

    · Nos voisins ibériques sont convaincus qu'il y aura un autre accord

    · Répercussions médiatiques modérées


    Malgré la fermeté marocaine, les Espagnols restent convaincus qu'il y aura un nouvel accord de pêche Union Européenne-Maroc. "L'accord sera plus ou moins favorable, mais il y aura un accord, c'est une question de temps et de négociations", assurent nos sources de l'Administration centrale, qui ont tenu à garder l'anonymat.
    D'après ces spécialistes, le refus du Maroc ne serait qu'une question de stratégie: "En fait, ce que les autorités marocaines veulent, c'est faire monter la pression pour obtenir davantageuse de contreparties dans le cadre des négociations de l'accord d'association avec l'UE". Autrement dit, les autorités marocaines seraient, d'après ces sources, disposées à signer un nouvel accord de pêche, à condition que les quotas d'exportation de leurs fruits et légumes, principalement la tomate, soient revus à la hausse. "La preuve que le Maroc veut mélanger ces deux thèmes, c'est qu'il a retardé le rendez-vous avec le commissaire Fischler jusqu'au 20 décembre. Pourquoi? Pour faire coïncider ce rendez-vous avec le début des négociations de l'accord d'association qui commencent en janvier".
    Confiantes, les autorités espagnoles sont par ailleurs sûres que les excellentes relations entre l'Espagne et la Maroc et l'amitié qui unit les deux Familles Royales joueront en faveur d'un nouvel accord. "Pour nous, le Maroc c'est un pays ami et nous voulons aider à son développement...".

    Contrairement aux précédentes années, le fait que les 415 bateaux espagnols soient restés à quai n'a pas défrayé la chronique, pour deux raisons: un, la rupture de la trêve de l'ETA a occupé la "une" de tous les médias; deux, le fait que cette fois-ci les pêcheurs ont accueilli la nouvelle avec résignation. Une paix sociale qui a coûté cher à l'Etat espagnol et l'Europe, puisque ceux-ci ont augmenté les aides accordées aux pêcheurs au "chômage technique" de 50.000 Pésètes. Au lieu de toucher 100.000 Pésètes pour ne pas sortir leurs bateaux, les 4.300 pêcheurs andalous, canariens et galiciens affectés touchent désormais 151.500. "Nous nous engageons à les verser tous les 20 du mois pendant une première période de six mois. D'ici là, il y aura vraisemblablement un nouvel accord et les pêcheurs pourront reprendre leurs activités en mer, qui est ce que nous voulons tous!", expliquent les mêmes sources officielles.
    Le quotidien "ABC" a publié la nouvelle, mercredi 1er décembre, en une colonne et sous le titre très neutre: "Les pêcheurs qui opèrent dans les eaux marocaines, amarrés". L'article évoque la dernière intervention du ministre de l'Agriculture et de la Pêche, Jesus Posada, à la Commission Agriculture du Congrès des Députés qui y a demandé tranquillité à tout le secteur de la pêche espagnol face à l'amarrage de la flotte. Et de citer le discours du ministre: "Maintenir un front commun entre gouvernement, communautés autonomes et tout le secteur est fondamental pour obtenir un bon accord".

    Pas d'extraction directe de poissons


    "El Periodico de Catalunya", du 1er décembre aussi, consacre à l'affaire une demi-page écrite depuis Rabat et Séville. L'article explique: "A travers la presse officielle du pays, le gouvernement marocain justifie son refus d'un nouveau pacte avec l'argument que ses fonds marins pourraient s'épuiser et que ces réserves doivent revenir en premier lieu à son pays". Et de citer l'intervention du ministre marocain de la Pêche Thami El Khyari devant le Parlement: "Le Maroc souhaite que s'ouvre une nouvelle page dans ses relations avec l'UE et est disposé à examiner toutes les propositions excepté l'extraction directe de poissons". Les deux journalistes font ensuite des pronostics sur la durée des négociations et interrogent Pedro Solbes, actuel commissaire européen des Affaires Economiques et Monétaires et ex-ministre socialiste de la Pêche. Ce dernier répond: "Les négociations vont être très difficiles (...) selon mon expérience, elles pourraient se prolonger pendant plusieurs mois". L'article mentionne aussi l'intervention du ministre espagnol mais conclut de manière moins optimiste quant à l'unanimité des autorités nationales et régionales. Il cite notamment les critiques émises par le conseiller de pêche de la Communauté autonome d'Andalousie, le socialiste Paulino Plata, qui accuse le gouvernement Aznar de "passivité" et d'"obscurantisme".
    Par ailleurs, toutes les chaînes de TV ont dépêché mardi leurs "envoyés spéciaux" dans les ports andalous. Les téléspectateurs ont pu assister en direct aux dernières rentrées au port et partager le dépit des pêcheurs face à la perspective de rester à la maison pendant six mois... Ou plus?



    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc