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Et si on faisait un peu de prospective!

Par L'Economiste | Edition N°:958 Le 15/02/2001 | Partager

Par Tayebi GUEMOURIA, directeur général de la CCIS de MarrakechDans dix ans, notre pays sera une vraie destination touristique et drainera les six millions de touristes dont nous rêvons tous grâce aux milliers de chambres d'hôtels qui seront construites et des centaines de kilomètres de routes et autoroutes réalisées. Les revenus escomptés se compteront en milliards, et les villes impériales, les stations balnéaires et nos villages de montagne seront encore plus attrayants. Les autres régions du Royaume qui ne présentent aucun attrait touristique et qui seront exclues de cette politique d'aménagement et de développement touristique, auront besoin d'un autre type d'impulsion économique en fonction de leurs atouts et besoins. Car il faut mettre fin à cette démarche élitiste qui voulait toujours qu'on dispose d'un Maroc utile et un autre Maroc inutile et abandonné à son sort.Dans dix ans aussi, les barrières douanières avec l'Union Européen ne seront levées, grâce à l'accord d'association qui nous lie à cet ensemble. Mais c'est également la durée qui sépare d'autres pays candidats à faire partie de l'Union en tant que membres à part entière. D'ici là, le Maroc ne sera pas associé à 15 pays européens, mais à vingt ou vingt-quatre, en majorité des pays de l'Europe de l'Est que nous connaissons beaucoup plus sur le plan diplomatique et moins sur le plan économique. On leur offrira alors nos plages, nos cités millénaires, notre artisanat, notre poisson, peut-être, et quoi encore? Notre culture, notre civilisation, et quoi encore? Autrement dit, sommes-nous préparés à une association avec l'Union Européenne élargie qui nécessite de nous une grande adaptation? Allons-nous tirer notre épingle du jeu sans dégâts, ou faut-il dès à présent prévoir le réexamen de cet accord en fonction de la nouvelle donne géo-économique? Les pays de l'Est sont en train, du moins pour certains d'entre eux comme la Pologne, de réussir là où d'autres ont échoué, à savoir la conversion à l'économie de marché. Et la Lituanie, la Lettonie, la Hongrie, la Tchéquie et aussi la Turquie (de moins en moins soumise au Veto de la Grèce) font la file devant la porte de la Grande Europe dans l'attente du dernier verdict. Demain alors, c'est-à-dire aujourd'hui, ils auront notre marché à portée de la main et pourront aussi vendre leurs produits et services aux mêmes conditions prévues par l'accord d'association en question. Cette «mise à niveau« dont dépend l'avenir de nos entreprises et qui est «financée théoriquement« par nos partenaires-concurrents, sera-t-elle suffisante pour protéger notre industrie et économie en général, d'une compétition inégale? Il ne faut pas se leurrer parce que le programme MEDA a montré ses limites et Bruxelles trouve aisément les raisons pour ne pas débloquer les fonds projetés. Les Européens, avec cette configuration nouvelle qui pointe à l'horizon, devront cesser de subventionner les producteurs, sauf si les nôtres peuvent en profiter également, ce qui est tout à fait illusoire. Ils devront aussi traiter notre dette comme un passif égal à celui des autres pays candidats, et qui sera absorbé indirectement par les différents fonds de restructuration et de soutien, et les différents programmes dont dispose la Commission Européenne pour faire de son espace, un ensemble humain et économique fort et homogène, face aux autres géants de l'Amérique ou d'Asie ce qui est aussi invraisemblable! C'est vrai, on dira aussi que nous aurons la chance de disposer d'un marché plus vaste et donc de nouveaux clients. Mais qu'allons-nous leur vendre? Peut-être bien du pétrole et du gaz, car d'ici là, nous serons aussi devenus un pays pétrolier.Le comité d'association réuni à Rabat le mardi 6 février 2001 a-t-il mis sur la table de négociation ces questions cruciales pour l'avenir de notre pays? Car la mise à niveau c'est aussi découvrir avant qu'il ne soit tard ses futurs partenaires, et anticiper en testant les hommes et les marchés et analyser leur réactivité.Dans dix ans, nos agriculteurs à leur tour, n'échapperont pas aux conséquences de cette ouverture incontournable, mais implacable sur une Europe puissante technologiquement et financièrement, qui pourra vendre chez nous ses fruits et légumes transformés génétiquement et ses viandes et produits laitiers. Nos fermiers, qui, jusqu'à ce jour guerroient contre les prix du gasoil, des produits phytosanitaires et des pièces de rechange, devront aussi se familiariser avec de nouvelles règles du jeu imposées par la liberté du marché, et auront en face d'eux, les fermiers espagnols, italiens, français, hongrois, etc. Le seul langage qui sera alors pris en compte sera celui du consommateur, seul juge de la qualité et des prix.Peut-être que tous les effets induits par cette ouverture seront atténués si dans dix ans le Maghreb arabe est mis sur les rails, et si toutes les zones de libre-échange que le Maroc a mis en place avec d'autres pays comme l'Egypte, fonctionneront réellement. Nous serons alors en mesure de choisir nos clients et fournisseurs et nous dépendrons moins de l'Europe.Dans dix ans, le Maghreb arabe sera donc une réalité, et il n'est pas permis de penser le contraire puisque les pays du Golfe arabe arrivent à faire mieux en matière d'intégration et les pays de l'Afrique de l'Ouest réalisent doucement, mais sûrement leur union douanière.Dans dix ans aussi, la rationalisation se poursuivra dans la gestion des deniers de l'Etat, et nos parts du marché international augmenteront aussi à la faveur d'une plus grande maîtrise des fluctuations de notre monnaie, et grâce à une politique de diversification des débouchés, qui profitera à nos entreprises aguerries et en mesure d'amortir les chocs d'une mondialisation qui a entamé très tôt chez nous ses expériences en procédant par la technique classique d'infiltration, puis d'installation, et enfin d'élimination!Dans dix ans enfin, nous serions presque soulagés du poids de la dette extérieure et nous pourrions alors investir dans l'éducation, le social, les infrastructures et les équipements de base dans nos campagnes. Le seul regret qu'on aura alors sera celui d'avoir vendu des établissements rentables qui auraient constitué le fer de lance de l'économie de demain.Mais alors, pour gérer tous ces chantiers, il faut des hommes et des femmes capables d'entourer la «chose publique« de toute la transparence et la rigueur qui deviendront les composantes essentielles de la nouvelle culture marocaine. Ce n'est pas exclu car dans dix ans enfin, on aura entamé une seconde investiture du Parlement et des instances élues après celle de 2002, et les Marocains auront pris l'habitude de voir leurs affaires publiques gérées dans la légalité et le respect des lois. La gabegie et les conseillers irresponsables, ne seront plus qu'un mauvais souvenir.


La force de notre économie

Dans ce décor futuriste, la force de notre économie résidera dans l'industrie des produits de la mer une fois mise à l'abri des convoitises européennes et asiatiques, dans le tourisme libéré de ses contraintes avec ses larges ramifications tertiaires. Mais aussi dans les technologies de l'information si toutefois, notre système de formation soutient ces métiers émergents et si les jeunes diplômés sont retenus dans leur pays par une politique conséquente d'appui et d'encadrement; dans une agriculture moderne qui dépendra moins des précipitations sporadiques et qui tiendra compte plus d'une politique de gestion de l'eau, de protection de l'environnement et de cultures biologiques combinées à des cultures d'exportation, que des cultures vivrières nécessaires pour faire face à la démographie qu'il faut contenir.T. G.

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