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Les producteurs de bananes réagissent

Par L'Economiste | Edition N°:958 Le 15/02/2001 | Partager

Suite à la publication par votre journal de l'article “Tirs croisés entre importateurs et producteurs de bananes”, dans son édition du 9 février 2001, qui se base sur les données d'un soi-disant rapport de l'Association des importateurs contenant des informations complètement et scientifiquement erronées, nous vous adressons cette réponse pour répondre aux allégations du cartel des importateurs qui représente cinq personnes.L'agriculture, un secteur de plus en plus en difficultéAu moment où toute la société marocaine se solidarise avec le monde rural et les agriculteurs, qui constituent la grande majorité de la société, dans leurs souffrances et peines occasionnées des suites de plus de vingt années de sécheresse. Cette sécheresse qui s'accompagne dans les zones irriguées de la gelée, causée par les basses températures ou du chergui constitué de vents chauds. Ces deux extrêmes thermiques sont redoutables pour les cultures. Aussi pendant les années de sécheresse les agriculteurs sont-ils amenés à creuser davantage pour toucher l'eau en profondeur.Au moment où tout le monde est sensibilisé sur l'état précaire de ces citoyens et sûr de la nécessité des les aider à surmonter leur calvaire. Voilà une demie douzaine d'individus sans scrupule n'ayant pas hésité par un passé récent à accentuer la peine des agriculteurs et encore aujourd'hui par la contrainte d'une concurrence étrangère déloyale et ce, dans plusieurs secteurs.Usage rationnel de l'eauSans gêne, les importateurs reprennent dans leurs propos l'usage abusif de l'eau utilisée par les agriculteurs. Alors que, ces agriculteurs manquant de moyens et fortement endettés, attachent un grand intérêt au bon usage de l'eau vendue chèrement par les offices ou pompée au moyen d'énergie ou de carburants taxés au même titre que ceux utilisés à des fins de pure consommation.Soucieux de l'acuité du problème de l'eau dans notre pays, les professionnels du secteur de la banane, en grande partie des techniciens agricoles et des jeunes promoteurs, ont eu le mérite d'être les premiers à avoir introduit les techniques de micro-irrigation au niveau de leurs abris-séries. Ce qui a eu une influence positive sur les autres cultures.Le niveau technologique actuellement atteint dans notre pays, rend la banane très compétitive avec d'autres cultures en termes de consommation en eau.En effet, grâce à ces nouvelles techniques d'irrigation, la quantité d'eau consommée est de moins de 200 litres par kilogramme de banane produit, contrairement à ce qui est pratiqué dans les périmètres irrigués où l'essentiel de la production agricole reste toujours tributaire du système d'irrigation gravitaire doté d'un réseau d'adduction à ciel ouvert.- 6.000 litres d'eau sont nécessaires pour produire 1 kg d'orange;- 1.500 litres d'eau sont nécessaire pour produire 1 kg de blé; - 4.500 litres d'eau sont nécessaire pour produire 1 kg de riz; - 10.000 litres d'eau sont nécessaires pour produire 1 kg de coton: selon l'ASPAM-SASMALa production de la banane sous serre est une fierté nationaleLa banane au Maroc n'est pas une culture artificielle ou récemment introduite, comme le laisse entendre nos importateurs. Cette noble culture a été pratiquée en plein champs depuis le début des années 40 et elle existe toujours dans la région d'oued Souss.Les rendements réalisés jadis étaient de l'ordre de 10 t/ha. Ceci a poussé les professionnels à créer des conditions favorables à son développement en utilisant les abris-serres. Ces nouvelles techniques d'acclimatation de la culture avec le milieu marocain ont permis de réaliser des rendements moyens de 40t/ha.Cependant, l'utilisation des abris-serres n'affecte en rien la qualité de la banane produite, contrairement à ce que prétendent nos experts nutritionnistes importateurs.En effet, l'essentiel de la production nationale en tomates et autres légumes est passé du plein champs aux abris-serres. Ces mêmes produits constituent la fierté de l'agriculture marocaine et sont exportés vers un grand nombre de pays étrangers, connus par leur bienveillance sur la santé de leurs citoyens.Utilisation rationnelle des pesticides par rapport aux pays exportateursQuant aux pesticides puisqu'ils en parlent et le drame c'est que n'importe qui peut parler de n'importe quoi. Il est à signaler à l'opinion publique que les services marocains sont des plus vigilants du monde. Les produits utilisés dans les pays exportateurs de bananes vers notre pays contiennent 40% de matière active et je parle ici de nématicides qui sont les plus utilisés dans nos cultures contre 10% des mêmes produits autorisés au Maroc.Tous les pays du monde à l'exception du Maroc et l'Espagne utilisent un produit nématicide hautement efficace et fortement toxique au contact, systématique de surcroît et d'une longue rémanence, c'est-à-dire que les résidus pénètrent les fruits et sévissent assez longtemps.La thèse avancée par les importateurs sur l'utilisation prétendue excessive des pesticides, va à l'encontre des garanties fournies aux consommateurs tant étrangers que nationaux, par les services de notre administration compétente en matière de contrôle. Ces derniers sont à féliciter pour leur sérieux et leur souci des risques pouvant découler de l'usage incontrôlé des pesticides. Les allégations fortuites des importateurs qualifiant de toxique l'un des riches desserts de notre restauration, même émanant de profanes, offrent une occasion d'or à nos concurrents sur le plan touristique pour semer le doute autour de la destination marocaine. C'est ainsi, que ces importateurs attaquent les intérêts supérieurs de l'Etat et entravent sa politique.La banane un secteur générateur d'emploiPour ce qui concerne le revêt social et si nos chiffres sont contestés, personne ne peut nier notre présence dans tous les milieux de l'embauche. De la forêt où nous prenons le bois pour la structure de nos serres à la place de transformation et de distribution de ces perches, au transport en amont et en aval de la culture, à l'assainissement rural puisque nous utilisons les matières organiques générées par les élevages, au passage obligatoire par les marchés de gros où manipulation et distribution impose la main d'oeuvre, à la culture elle-même qui est loin d'être une spontanéité, les corps de métiers qui se sont constitués autour du secteur (usines de plastique, fabriques de fil de fer, entreprises de micro-irrigation en nombre de champignons) etc. Comparativement aux importateurs qui après un fax ou une commande sur l'Internet aucune intervention sociale, même la commercialisation se fait au niveau du port pour échapper à la taxe des marchés de gros. Faites la différence!Economie de deviseNos importateurs font croire à l'opinion publique que les importations rapportent à l'Etat des revenus de taxes douanières substantielles sans expliquer que ces taxes correspondent aux droits de protection du produit national. C'est-à-dire et en termes clairs s'il n'y avait pas de production nationale, ces taxes seraient réduites de 97,5%. A qui revient donc le mérite?En plus, avec la production nationale actuelle, le secteur de la banane épargne à l'Etat l'équivalent de 800 millions de DH et en devise forte.Les importateurs omettent de parler des impôts sur les bénéfices qu'ils doivent payer à l'Etat sur ces importations sûrement juteuses puisqu'ils en tiennent tant.C'est ainsi, que les sociétés de bananes recourent à des ventes directes à leurs propres magasins aux prix coûtant qui ne sont taxés que de façon forfaitaire. De telle pratique permet à ces importateurs d'échapper au paiement des impôts sur les bénéfices. Les résultats de leurs bilans fiscaux sont assez éloquents.Enfin, sans trop nous engager dans une polémique stérile, nous rappelons à nos amis importateurs qui continuent de souffrir du sevrage du profit que certains d'entre eux animés du sens civique se sont déjà engagés dans l'investissement pour réaliser des stations de conditionnement où ils traiteront le produit national pour le revaloriser et offrir des occasions d'embauche dont le pays en a tant besoin.Même les puissants se protègent contre l'importationQuant aux mesures prises par le gouvernement en place ce n'est que justice rendue, pour les producteurs nationaux qui continuent à lutter dans le secteur agricole malgré les aléas et le poids de l'endettement qui les écrase nous regrettons d'ailleurs que ce gouvernement n'ait pas eu à négocier notre adhésion à l'OMC. La protection de nos produits aurait reçu l'attention qu'elle mérite.Tous les pays du monde y compris les Etats-Unis ou la société rurale ne dépasse pas 3% protègent jalousement le secteur agricole par tous les artifices au mépris de tous les accords y compris ceux du GATT.oLe président de l'APROBA, Mohamed YAHI... Et lettre ouverte de l'APEFELE secrétaire général de l'Association Marocaine des Producteurs et Exportateurs de Fruits et Légumes (APEFEL), M. Mohamed Zahidi, a choisi la voie de la lettre ouverte pour faire connaître sa position. Elle est adressée aux ministres de l'Agriculture et du Commerce. L'AMIBAF (Association Marocaine des Importateurs de Bananes et de Fruits), auteur d'un rapport contesté, y est qualifiée de «groupuscule d'importateurs, neuf en tout», et sa démarche de «campagne d'intoxication». Pour l'APEFEL, «toute importation à l'issue des 200 jours mettrait en péril le secteur et tout ce qui s'y rattache». Elle précise aussi que la situation des producteurs reste délicate, le prix au kg de la banane départ ferme «n'ayant guère dépassé les 4 DH depuis début janvier 2001». L'Association des producteurs demande le maintien des mesures de sauvegarde de la production nationale qui occuperait selon eux 30 à 40.000 personnes. A rappeler que la période des 200 jours au cours de laquelle toute importation de bananes est soumise à 150% de droit additionnel ad valorem, expire le 25 février. Les importateurs tablent sur sa suppression et les producteurs, bien sûr, sur son prolongement.

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