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    Essaouira: Les coopératives sauvent l’arganier

    Par L'Economiste | Edition N°:1921 Le 21/12/2004 | Partager

    . Au nombre de quatre, elles comptent 185 adhérentes permanentes et 200 temporaires. Elles produisent en moyenne 400 litres d’huile par moisDans la commune de Tidzi, à 25 km d’Essaouira sur la route d’Agadir se trouve la coopérative féminine d’huile d’argan Ajddigue (Fleur en berbère). Une quarantaine de femmes de la région en sont membres. Leur première participation était sous forme de 5 kg d’amandons, soit l’équivalent de 125 DH. Une soixantaine d’autres y travaillent comme occasionnelles quand la demande est forte. Ces femmes travaillent de 8h jusqu’à 17h30 l’hiver et de 6h30 jusqu’à 19h l’été. Elles sont payées en fonction du poids des noyaux concassées. Une bonne travailleuse peut concasser jusqu’à un kg de noyaux par jour. Cela lui rapportera quelque 35 DH. Née en décembre 1998, la coopérative Ajddigue est le fruit d’un travail en partenariat entre le Groupement d’Etude et de Recherche pour la promotion d’Essaouira (GERP), la faculté des sciences de l’Université Mohammed V à Rabat, les ambassades du Canada et du Japon et le Centre de recherche pour le développement international. Trois produits différents sont réalisés à la coopération Ajddigue. L’huile d’argan alimentaire, l’huile d’argan cosmétique et Amlou. Ce dernier, considéré comme un produit supplémentaire, est un mélange d’huile d’argan, d’amandes et de miel. La production de la coopérative en huile d’argan s’élève à 400 litres par mois dont 60% sont destinés à l’industrie cosmétique. 4kg d’amandons sont nécessaires pour extraire un litre et demi d’huile d’argan. Et pour avoir 4 kg d’amandons, il faut 60 kg de fruits entiers à concasser. Généralement, l’essentiel de la production est destiné à l’export principalement vers la France qui en reçoit 90%. Le reste est partagé entre la Belgique, les Pays-Bas et récemment la Suisse. Les clients étaient essentiellement des personnes physiques qui ont par la suite monté leurs propres sociétés d’export et de commercialisation. Le chiffre d’affaires de la coopérative s’est élevé en 2003, à 670.000 DH, soit 15% de hausse par rapport à l’année précédente. 67% des bénéfices annuels sont réservées aux investissements.En 2003, une aide belge de 1,34 million de DH a considérablement développé la coopérative en y améliorant la production et les conditions de travail. “La coopérative commençait à s’essouffler avant l’aide belge. C’était juste un petit local dans la forêt. Les conditions de travail étaient assez difficiles. L’apport en matériel a amélioré la production”, confirme Zahra Knabô, directrice de la coopérative.Les femmes ne viennent pas à la coopérative d’Ajddigue uniquement pour travailler. Elles suivent également des cours d’alphabétisation. Une institutrice donne sur place des cours à trois groupes d’élèves différentes. Le premier est constitué de femmes de la coopérative. Le second regroupe les filles des adhérentes, qui apprennent également la langue française alors que le troisième groupe est constitué d’une quarantaine de femmes habitant les villages voisins et qui ne peuvent pas se déplacer jusqu’à la coopérative. Les hommes de la région, “trop fiers”, ont, quant à eux, refusé de suivre ces cours. Un projet de crèche démarrera en janvier prochain. Par ailleurs, en plus de la coopérative Ajddigue, trois autres coopératives féminines d’huile d’argane ont été créées dans la région d’Essaouira. La coopérative Amal à Tamanar, créée en 1996, Tamounte créée en 2003 à Douar Aït Ahmed à Imin’Tlit et Argane El Kheir créée en 2004 à El Hanchane. Regroupant 185 adhérentes permanentes et 200 temporaires, ces coopératives ont, depuis leur création, pu créer de l’emploi dans une région où la précarité est dominante et améliorer les conditions socio-économiques de la femme. Elles participent également au développement de la région grâce au nombre de touristes qui viennent les visiter.


    Devant le thuya

    L’arganerie représente 7% de la superficie forestière au Maroc, soit environ 828.000 hectares (à peu près 21 millions d’arbres) répartis essentiellement dans la région du sud-ouest du Royaume. Dans la région d’Essaouira, l’arganier recouvre 136.430 hectares, soit 50% de la superficie forestière de la province. Au début du vingtième siècle, la superficie était de l’ordre d’un million d’hectares. L’arganier peut atteindre dix mètres de hauteur et a une durée de vie de 150 à 200 ans. Il constitue la première essence forestière de la province d’Essaouira juste devant le thuya.Mohamed AKISRA

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