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    Politique Internationale

    Entretien avec M Omar Azziman, ministre des Droits de l'Homme : "Le thème des droits de l'Homme est conflictuel"

    Par L'Economiste | Edition N°:160 Le 29/12/1994 | Partager

    Crée il y a un peu plus d'un an, le Ministère des Droits de l'Homme organise ses premières journées de réflexion. A sa tête, Omar Azziman, juriste et homme de communication. Au centre d'un sujet controversé, sa personne fait l'unanimité.

    L'Economiste: Etes-vous satisfait de ces deux journées de réflexion?

    M. Azziman:
    L'objectif était de demander aux médias, entendus au sens large, de venir réfléchir avec nous sur les meilleurs moyens que nous pourrions mettre en oeuvre pour sensibiliser la population, pour l'informer et l'éduquer sur les droits de l'Homme. Evidemment, comme à chaque fois qu'il s'agit des droits de l'Homme, il y a des moments un peu conflictuels, des hauts et des bas. Mais il faut qu'il y en ait: c'est sain, cela permet de dépasser beaucoup de préjugés et beaucoup de fantasmes, de mûrir. La deuxième journée était plus opérationnelle, où les gens, dans des cercles restreints, dans des ateliers, ont travaillé justement sur les propositions à nous faire dans tous les domaines. Je viens de prendre connaissance des recommandations qui ont été lues par les quatre ateliers; il y a une mine extraordinaire d'idées et de propositions. Il nous appartient maintenant de traiter tout cela et de dégager une espèce d'esquisse de plan d'action que nous discuterons à nouveau avec toutes les parties concernées. De là nous passerons à la phase opérationnelle proprement dite.

    - Comment éviter la langue de bois dans ce genre de travaux et comment aboutir à des choses qui peuvent être pertinentes dans la réalité quotidienne des gens?

    - Ce qu'il y a, c'est une tendance à participer à des manifestations, non pas pour s'inscrire dans la préoccupation de celles-ci, mais pour y apporter ses propres préoccupations.

    On ne vient pas pour dire que le théâtre peut contribuer et qu'il le fait de telle manière, mais on vient pour dire "vous savez que le théâtre traverse une situation très difficile, que les hommes du théâtre ont un statut qui n'en est pas un", etc...

    Il faut comprendre ces choses: les gens vivent des problèmes d'une manière intense et dans leur quotidien. Lorsqu'ils ont l'occasion de participer à un forum, ils ne peuvent pas résister à la tentation d'une manière ou d'une autre.

    Il faut un peu de doigté pour faire comprendre aux gens que leurs problèmes sont des problèmes sérieux, réels mais qu'il y a un lieu pour chaque problème et qu'il ne sert à rien d'en discuter ici. Chacun peut contribuer utilement à partir du moment où l'on a levé les ambiguïtés, les malentendus. J'y crois beaucoup.

    Lorsque l'on travaille dans le domaine des droits de l'Homme, dans un pays comme le Maroc où nous souffrons beaucoup de problèmes sérieux, profonds, tels que la pauvreté, l'analphabétisme, l'accès aux soins, ces problèmes ne peuvent se résoudre que par la mobilisation de tout le monde. Donc il faut absolument rester la main tendue.

    - Quel est le prochain pas?

    - Par rapport aux applications concrètes, cela demande une réflexion, une étude. Nous avons maintenant une masse de recommandations, de propositions et de suggestions. Je suis absolument certain qu'il y a beaucoup de choses qui se recoupent, d'autres qui ne peuvent pas être mises en oeuvre demain. II va falloir y mettre un petit peu d'ordre, voir ce qui est faisable immédiatement, et par quel bout commencer. Voir aussi les partenaires qui sont concernés, quel est celui qui est le plus disposé aujourd'hui, maintenant, à collaborer avec nous, et c'est à ce moment-là qu'on y verra plus clair.

    - Est-ce que les droits de l'Homme se placent auprès du public comme un produit quelconque de consommation?

    - Le fait qu'on ait associé des entreprises de communication et des agences de publicité est dans l'esprit de pouvoir tirer profit de l'expérience des entreprises qui sont, qu'on le veuille ou non, des spécialistes de la communication.

    Même si le capital de ces entreprises ne nous intéresse qu'à 10, à 15 ou à 20% parce qu'il est bâti sur des produits commerciaux de consommation, elles ont un savoir faire. Il n'y a pas de raisons de s'en priver. Il y a certainement des erreurs qu'elles ont commises un jour et que nous ne devons pas commettre, une manière d'accrocher certains problèmes auxquels ils ont ré fléchi pendant des années.

    Et d'ailleurs, un certain nombre de représentants dans ce secteur ont fait justement l'effort de présenter les choses autrement que dans la vie commerciale, pour s'adapter à ce que nous voulons. Il nous appartient à nous de dire exactement ce que nous voulons: il reste encore un bon bout de chemin à faire.

    - Avez-vous senti un investissement réel des participants?

    - Il y a incontestablement des gens qui viennent pour parler 15 minutes et pour disparaître par la suite.

    Ils ne sont là ni pour écouter les réponses, ni pour écouter les commentaires. Ce sont des fantaisistes qui existent partout, qui viennent aux droits de l'Homme comme ils viennent dans toutes les autres choses sérieuses ou pas sérieuses.

    Quand on demande aux gens de participer à des rencontres comme celles-ci, vous choisissez la date, vous choisissez les heures, ils ont peut être des engagements. Il est déjà bon que la plupart des invités aient répondu à notre invitation. Au niveau de l'organisation, des présidences, des rapports, des communications, des commentaires, les engagements ont été respectés.

    Propos recueillis par Halima BELGHITI

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