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    Politique Internationale

    Boussaki jeune peintre et Edy-Legrand illustrateur : Peinture : Double exposition à Marrakech

    Par L'Economiste | Edition N°:160 Le 29/12/1994 | Partager

    Le Palmeraie Golf Palace abrite à Marrakech, jusqu'au 5 janvier 1995, une exposition d'oeuvres picturales, dont une partie des bénéfices de la vente revient à la Ligue Marocaine pour la Protection de l'Enfance (bureau de Marrakech).

    Les oeuvres de deux artistes sont présentes dans les locaux de l'hôtel, qui se prête gracieusement à cette manifestation culturelle et sociale: les toiles de Abdeljalil Boussaki, jeune peintre à la recherche de son style, et un ensemble de dessins de l'illustrateur et peintre Edy-Legrand.

    Parce qu'il aime Marrakech où il est né, où il vit, la foule, les chevaux, Abdeljalil Boussaki les fixe sur la toile. Mais son souci figuratif n'est pas un souci de réalisme. Il travaille en "impressionniste", en touches larges et courtes laissant jaillir la lumière diffuse, incandescente des heures de canicule, qui brouille les contours.

    Boussaki à la recherche d'une reconnaissance

    Aussi l'ocre peut-il dominer sa palette, constituer la composante essentielle des teintes où il baigne depuis l'enfance, comme il l'avoue lui-même: le blanc envahit les ciels rarement bleus, sans azur, les paysages où chevaux et cavaliers se confondent parfois, dans les nuances mauve pâle de la clarté émergeant derrière les Jbalets.

    Les toiles de Boussaki ne reproduisent rien d'autre que sa perception propre, voire abstraite de son environnement. Dans les foules des marchés et des places, des formes se dessinent, éclairées par les visages sans autre expression que celle de l'attente ou de l'écrasement, les regards se perdent, costumes européens et djellabas se mélangent dans l'indifférenciation d'une lumière poussiéreuse où éclatent çà et là des couleurs, comme dans les clairs-obscurs du souk de Marrakech.

    Autodidacte en peinture, attentif au dessin, Abdeljalil Boussaki cherche d'abord à développer ses visions personnelles intérieures d'un monde qu'il tente à présent d'élargir. C'est en reproduisant les maîtres - Dürer, Delacroix... - qu'il apprend par l'imitation les techniques picturales et la force des grands courants. Ainsi a-t-il trouvé, dit-il, chez Durer, la meilleure école d'hyperréalisme. En quête de son style, Boussaki vise sans doute la reconnaissance qu'il mérite pour son travail en maintenant le respect d'une recherche artistique authentique.

    A côté de ses toiles (une vingtaine, dont dix-sept sont mises en vente) figurent vingt-cinq dessins d'Edy-Legrand, pour la plupart des esquisses réalisées lors de ses voyages dans le Sud marocain, souvent en préparation aux tableaux.

    Esquisses d'Edy-Legrand

    Connu comme illustrateur, Edy-Legrand (1892-1970) a d'abord décoré des paquebots français, des grands magasins, avant de s'engager vers 1920 dans les textes: des livres de Giraudoux -"Siegfried et le Limousin"- Mac Orlan -"Poèmes en prose"- Albert Camus bénéficient de son travail. Vers 1933 une crise morale, voire mystique, l'amène au départ: il voyage en Europe et au Maroc où il passe la durée de la Seconde Guerre Mondiale. C'est au Maroc qu'il découvre vraisemblablement sa vocation de peintre, reprenant la tradition des Orientalistes, en allant vers le Sud jusqu'à Goulimine, parfois en compagnie de Jacques Majorelle, au mépris des risques encourus - ou craints - par les voyageurs européens. Il se mêle aux foules, dans la vie quotidienne des villages de l'Atlas: il en ressort ces croquis, esquissés sur ses "Carnets de voyage", où le trait maîtrisé affirme dans la précision la puissance et l'impact des scènes, paysages, personnes sur l'altiste et sa vision percutante de ses rencontres. Il y conserve les traces des couleurs, des heures, de la lumière, qui permettront au tableau de se construire dans le calme de l'atelier. Il y exprime l'âme de ceux qu'il croise, l'essence des lieux qu'il traverse dans une impressionnante palpitation.

    Les dessins exposés concernent toute cette "période marocaine" et manifestent, non seulement les lieux ou personnes représentés, mais surtout un moment poignant, particulièrement vivant de la réalisation de l'oeuvre du peintre où femmes, chevaux, ksour, fantasias sont caressés, bercés par son regard, saisis au trait de son crayon. Issus d'une vente aux enchères réalisée cinq ans après la mort d'Edy-Legrand, ils reviennent ainsi au lieu de leur naissance.

    En commun avec les promesses de Boussaki, les oeuvres d'Edy-Legrand possèdent peut-être, dans leur différence, cette capacité de pénétrer au coeur du réel, loin de tout exotisme complaisant.

    Les prix des toiles de Boussaki évoluent entre 3.000 et 17.000DH, ceux des dessins d'Edy-Legrand de 14.000 à 28.000DH.

    Thérèse BENJELLOUN

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