×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    Entreprise générale de spectacles : Des cinémas rénovés à coups de millions

    Par L'Economiste | Edition N°:160 Le 29/12/1994 | Partager

    L'Entreprise Générale de Spectacles est en train de restaurer et de rénover ses salles de cinéma. Qualifié de "bijou", le cinéma "Empire" ouvrira le 18 janvier prochain. Un budget compris entre 10 et 15 millions de DH a été dégagé pour cette opération qui couvre six salles.

    EDITH Piaf y a chanté dans les bras de Marcel Cerdan, ce boxeur "fils du quartier".
    Le Lynx, avec ses 1.400 places, qualifié de "dinosaure" des salles de cinéma de Casablanca et classé patrimoine culturel, sera rénové dès février prochain. Cette rénovation est incluse dans la politique entamée par l'Entreprise Générale de Spectacles depuis 1993.

    Faisant partie du groupe Benjelloun, l'Entreprise Générale de Spectacles est propriétaire et gérant des salles de cinéma Empire, Lynx et Lux à Casablanca, de la Renaissance à Rabat et du Goya et du Lux à Tanger. D'autres enseignes sont dans l'orbite du groupe Benjelloun, tels que Dounia Production spécialisée dans la production de films institutionnels et publicitaires, entre autres, et deux sociétés distributrices de films cinématographiques, Royal Sodi Films et Univers Films.

    L'investissement total de la rénovation des différentes salles est compris entre 10 et 15 millions de DH, autofinancé à 100%.

    La rénovation du Lux (840 places) de Casablanca et la restauration de la Renaissance (731 sièges) de Rabat sont aujourd'hui achevées. Après les dernières finitions, l'Empire (832 places) ouvre ses portes le 18 janvier prochain. La rénovation du Lynx, mais aussi celle des cinémas de Tanger (Goya et Lux) sont prévues pour le mois de février prochain.

    Des murs jusqu'aux corbeilles

    La remise en état de chaque salle a nécessité la participation de 200 à 250 personnes intervenant dans des secteurs tels que la peinture, la tapisserie, le carrelage, la plomberie, la décoration... Pour ce dernier point et concernant l'Empire, la décoration intérieure, allant des murs jusqu'aux corbeilles, a été confiée à Mme Sofia Tazi Safieddine, architecte d'intérieur et designer.

    Le tout orchestré par M. Abderrahmane Chami, directeur du groupe Entreprise Générale de Spectacles. S'agissant de cette même salle, l'objectif des dirigeants est de rouvrir la scène pour des spectacles et des pièces de théâtre, particulièrement avec l'approche du mois de Ramadan.

    Les couleurs choisies pour toutes les salles sont celles de l'entreprise, à savoir le bleu, le rouge et le doré. Pour habiller les fauteuils, le skaï a été choisi pour l'orchestre, le velours et le drallon pour le balcon et le club.

    Les rénovations ont également englobé le remplacement des machines des salles de projection, l'achat du matériel de sonorisation, des écrans, importés d'Italie.

    Le principal objectif de toute cette stratégie de rénovation et de restauration, souligne M. Chami, est "de reconquérir la famille, longtemps délaissée"

    Cigarette interdite

    La nouvelle politique du groupe a également concerné le recrutement. "Nous avons mis à la tête de tous les postes à responsabilité des diplômés d'université. Une image de dynamisme qui fait table rase de tous les clichés des responsables avachis et au ventre bedonnant", réplique M. Chami.

    Des agents de sécurité font aussi partie de la nouvelle équipe. Il s'agit de jeunes sportifs, chacun maître dans un art martial, et dont le rôle est de veiller au confort des spectateurs, à l'intérieur et à l'extérieur des salles de cinéma. Depuis l'installation des agents de sécurité, précise M. Chami, "nous avons relevé une augmentation de la clientèle de 30%". La sélection de la clientèle s'effectue principalement par le biais des tickets d'entrée. Ceux-ci varient entre 15 et 25 DH. De nouvelles mesures ont vu le jour au sein des salles, telles que l'interdiction de la cigarette.

    Par ailleurs, outre les différents recrutements, précise M. Chami, "nous gardons l'ancienne équipe, mais nous améliorons le système en mettant en place des cours de formation et des stages, notamment pour les hôtesses d'accueil".

    Durant toute la période de rénovation, précise-t-il, les salaires mensuels ont régulièrement été réglés.

    Mais cette nouvelle politique vise aussi à donner un coup d'accélérateur à la gestion. Les dirigeants veulent proposer au public marocain un jet continu de films sélectionnés. Les tests ont déjà joué avec la Renaissance et le Lux, mais le véritable enjeu sera le 18 janvier prochain avec l'ouverture de l'Empire.

    Les spectateurs marocains aiment avant tout les "happy ends"

    Deux musées cinématographiques

    Les cartons des dirigeants du groupe fourmillent d'idées et de projets. Ainsi, en collaboration avec Dounia Production, les dirigeants de l'Entreprise Générale de Spectacles envisagent au cours du premier trimestre 1995 la mise en place de deux musées cinématographiques, l'un au sein du Lynx et l'autre de la Renaissance. Ces musées réuniront d'anciens matériels de projection, dont le groupe est propriétaire et qui datent pour certains du début du cinéma parlant.

    Autre projet: la construction de salles de cinéma à Casablanca et dans d'autres villes du Maroc. S'ajoute, à court terme, la mise en place des matinées enfantines le dimanche avec des films, du théâtre et des spectacles.

    Par ailleurs, concernant les problèmes que vit le secteur, l'état-major du groupe met en exergue "le mauvais tour que joue actuellement la télévision au cinéma". Pour cela, il donne l'exemple d'un film récent projeté simultanément dans certaines salles de cinéma et sur la seconde chaîne privée.

    Face au vide juridique, les professionnels ont demandé aux Ministères de la Culture, de l'Information et au Centre Cinématographique Marocain (CCM) de se pencher sur ce problème qualifié de "fléau".

    En France, par exemple, un film projeté au cinéma est protégé durant un délai compris entre six mois et un an.

    Meriem OUDGHIRI

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc