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    Dossiers

    Enseignement supérieur
    Le privé réclame son contrat-programme

    Par L'Economiste | Edition N°:1798 Le 25/06/2004 | Partager

    L’enseignement privé doit prendre en charge, d’ici 2010, 20% des effectifs comme le veut la charte de l’éducation. Le secteur en est bien loin. Pour stimuler la demande, les professionnels réclament une véritable mise à niveau de l’activité. Abderrahmane Lahlou, PDG du groupe Segepec, revient sur les freins à l’essor du secteur et les attentes de la profession- L’Economiste : Comment voyez-vous l’avenir de l’enseignement supérieur privé? - Abderrahmane Lahlou : Je suis optimiste. Les bonnes écoles sont appelées à se distinguer et à se développer davantage, au regard de la mondialisation de l’éducation. D’ailleurs, le gap pédagogique que nous avons accusé pendant de longues années vis-à-vis des pays avancés est en train de s’estomper rapidement grâce, notamment, à la coopération que nos établissements sont en train de développer avec des universités étrangères. Les bons établissements, qui prennent cette démarche de coopération au sérieux, en font un véritable vecteur de transfert de know-how pédagogique, et en apprennent tous les jours. Il faut y croire, nous pouvons faire de la très bonne éducation au Maroc! - Mais quels sont les handicaps?- Les handicaps sont nombreux, et ils ont trait principalement à l’absence de mise à niveau du secteur. Le marché est très étroit, et avec les résultats du baccalauréat de cette année, il semble qu’il se rétrécisse davantage, mais aucune régulation du secteur n’est opérée par quelque institution qui soit. Dans ce marché étroit, les institutions sérieuses côtoient les moins bonnes, mais ce qu’on constate, malheureusement, c’est que la mauvaise monnaie a tendance à chasser la bonne, et cela ne se résout que par la régulation. En outre, le pouvoir d’achat est limité, ce qui est un handicap sérieux en l’absence de mécanismes de crédit études.L’avenir de ce secteur est tributaire de certaines décisions capitales, telles que la mise en application du système d’accréditation des écoles, qui va permettre de distinguer les structures d’enseignement de qualité des autres qui fonctionnent à l’à-peu-près. La mise en place d’un fonds de garantie pour des prêts études attrayants et réels, ou encore une autre manière de solvabiliser la demande par la réduction de l’IGR des parents et bénéficiaires sont aussi les bienvenues.- Qu’attendez-vous du nouveau ministre?- Heureusement qu’avec la réforme, les universités sont destinées à devenir autonomes et à décharger donc l’autorité centrale. Par conséquent, le ministre devrait s’atteler le plus tôt possible à la mise à niveau du secteur privé. Et cette mise à niveau passe par le redéploiement de l’administration en charge de gérer le secteur au niveau central. Nous avons toujours milité pour avoir une direction dédiée et plus étoffée. Avec l’autonomie des universités, il y a une nouvelle donne, c’est que les universités vont s’intéresser de plus près aux écoles privées installées dans leur territoire. L’université Hassan II a déjà eu l’initiative d’organiser une journée d’études écoles privées-établissements publics de Casablanca, et c’est une très bonne chose. Et là, je fais une proposition à soumettre à l’étude: pourquoi ne pas déléguer aux universités, en tant qu’institutions, davantage de prérogatives dans la gestion des relations pédagogiques avec les écoles privées, pour soulager la direction de l’Enseignement privé du ministère? Cela aurait le double avantage de la proximité, et de la nature de la relation avec l’interface, qui sera une institution pédagogique, non administrative.- L’objectif assigné à ce secteur de prendre en charge 500.000 étudiants à l’horizon 2010 est-il réalisable ? - Nous en sommes manifestement très loin, et nous n’avons aucune visibilité. Certes, une série de réunions avec le Premier ministre ont eu lieu, et dans lesquelles des sujets comme l’encouragement financier, foncier, immobilier et fiscal ont été abordés, ainsi que la solvabilisation de la demande, mais les mesures concrètes tardent à venir. J’ai appris que le chantier prioritaire des prochaines semaines pour la Primature serait l’accélération des démarches de mise en place de l’accréditation, ce qui serait une excellente chose. Nous pourrons alors passer à un autre type de relations avec les autorités de tutelle, à savoir la mise en place d’un véritable contrat-programme que j’avais moi-même proposé à la Primature au nom du secteur en octobre 2003. Car, en dehors d’un accord de ce type, il est impossible de donner une quelconque dimension concrète au vœu de la charte des 20% de l’effectif pris en charge par le secteur privé. Cette vision du contrat-programme est d’autant plus importante que nous agissons dans un secteur qui constitue l’une des fonctions régaliennes de l’Etat, une vraie mission de service public, concédée au privé.


    Les projets du groupe

    Pour la rentrée prochaine, le groupe SEGEPEC annonce la création d’une nouvelle licence de finance-gestion à Polyfinance en double diplômation avec l’Université française du Littoral. Les étudiants de de cette même école Polyfinance pourront terminer leurs études à l’Ecole supérieure de commerce de Lille, et obtenir le diplôme en double diplômation. Dans les autres écoles du groupe, plusieurs diplômes de troisièmes cycles vont voir le jour bientôt, notamment en GRH, marketing, et système d’information. Ces actions, indique Abderrahmane Lahlou, sont entreprises avec des partenaires comme le Cnam. En outre, le groupe se structure progressivement sur les plans des enseignements, de la communication et des services aux entreprises.Quant au projet d’université privée prévu pour l’année 2005-2006, il est, selon le PDG du groupe, en bonne voie. «Les partenariats sont scellés, les financements externes également bouclés, à l’échelle nationale et internationale. Les dernières études d’organisation interne et de politique de communication externe sont en cours d’élaboration », affirme-t-il. «Ce projet est conçu et mis en œuvre conformément aux standards internationaux, autant sur le plan du label que sur le plan des enseignements », indique Lahlou. A noter que SEGEPEC compte intégrer dans son université, l’ensemble de ses structures actuelles (Polyfinance, Imade, L’Emiae, L’EGRH, l’Emgi et Polyglot) à côté d’autres disciplines. Les étudiants actuellement inscrits dans l’une de ces écoles pourront y poursuivre leurs études. Propos recueillis parKhadija EL HASSANI

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