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    En Asie la qualité commence à l'aéroport

    Par L'Economiste | Edition N°:636 Le 11/11/1999 | Partager



    · Deux directeurs de STMicroelectronics témoignent
    · La lutte dans la mondialisation est une affaire de citoyen


    Le premier contact d'un voyageur avec un pays est à l'aéroport. Entre l'atterrissage, l'accueil et les formalités policières et douanières, il décidera soit de revenir une autre fois dans le pays et d'y investir, soit de ne plus y remettre les pieds. La qualité n'est pas uniquement dans les entreprises, elle commence à l'aéroport, se poursuit dans la rue et la vie civique. Singapour est le plus grand aéroport du monde, mais le plus fluide et cela avec une efficacité policière. Voilà "le temps de réponse" et le juste-in-time à l'oeuvre.
    C'est à cette conclusion que sont arrivés MM. Mohamed Lasry et Tahar Hader, respectivement directeur général et directeur des Ressources Humaines à STMicroelectronics. Ils vivent dans une des plus grandes entreprises industrielles de Casablanca opérant dans l'électronique. Leurs regards sont exercés à observer la bonne organisation ou la défaillance. "Toute visite en Asie vous fait changer de référentiel. Vous en oubliez l'Europe et vous dites que c'est en Asie que tout se passe".
    Lors d'un récent périple en Asie qui les a menés à Singapour, en Malaisie et en Chine, les responsables de STMicroelectronics, héritière de Thomson, ont été d'abord marqués par l'accueil dans les aéroports. "Nul ne peut rester indifférent à la rapidité et la qualité du service et à la fluidité de la circulation dans l'aéroport", affirme M. Lasry.
    Les petits détails ne sont pas eux aussi dépourvus de signification. Le policier est derrière un bureau sans verre, pour une communication conviviale avec les voyageurs. Il offre des bonbons pendant en tamponnant les passeports. "Ces petits gestes sont suffisants pour mettre en confiance n'importe quel étranger", affirme-t-il. En Thaïlande, la Douane est même certifiée ISO 9002...
    Pourtant, ces derniers mois, la crise en Asie a sévi. L'oeil exercé ne manque pas de relever les signes de cette récession. "Il n'y a plus autant de touristes et certains magasins sont fermés", indique M. Hader. Toute crise économique peut engendrer une recrudescence de la pauvreté, mais ce phénomène ne semble pas affecter les grandes métropoles. "Les Asiatiques ont plusieurs longueurs d'avance sur les pays de notre région. Chaque citoyen est conscient de la bataille à mener pour la mondialisation et, à la différence de nos pays, il agit en conséquence", précise M. Lasry.

    Efficience économique


    Après l'aéroport, la rue et les commerces. Tout est ordonné et les prix sont le reflet de cette efficience économique. Un kimono chinois arrive à l'équivalent de 14 DH en plein centre de Hong-Kong. Est-ce le coût du tissu? de la machine? des heures de travail? ou de la main-d'oeuvre? D'ailleurs, l'Asie est-elle encore un continent de main -d'uvre? "Non. C'est un continent de technologie", précise M. Lasry. Tout le discours officiel des ministres de Malaysie est là. La Malaysie a déjà préparé une zone industrielle spécifique aux technologies d'une superficie deux fois plus grande que toute la ville de Singapour. L'Asie passe à l'action là ou le Maroc est encore au stade des discussions.
    Dans leur périple, les responsables ont visité les usines de production de leur groupe en Chine (Shenzen, de l'autre côté de Hong-Kong), en Malaysie et à Singapour. Shenzen est passée en 15 ans de 2.500 habitants à 6 millions, qui vivent jour et nuit. Le Smig est l'équivalent de 500 DH et il y a sept jours de congés payés. Ces usines sont concurrentes de celle de Casablanca: il y en a une à Aïn Sebaâ et une autre en construction à Bouskoura. Celle de Chine a trois ans et semble, selon M. Lasry, avoir "vingt années d'existence. Quand vous observez les opératrices, vous avez l'impression qu'elles ont toujours fait ce travail". C'est en fait une culture qui leur est propre. "Leurs ingénieurs ne sont pas cloîtrés derrière leur bureau mais ils sont sur la ligne. Et au bout de dix ou quinze ans au même poste, ils vous disent qu'ils apprennent encore", affirme M. Hader. Beaucoup d'observateurs de l'industrie regrettent que les ingénieurs marocains s'épanouissent peu dans les lignes de production et préfèrent le bureau ou le "management". Parfois, ils fuient même l'industrie vers les services.
    Dans les usines d'Asie, dans un même poste de travail, il y a 50 fois moins de jours d'accident de travail de type grave qu'au Maroc, relèvent les industriels. Ici, la législation et la pratique permettent d'abuser. Là-bas non, et les règles de sécurité quand elles sont établies sont respectées. Que l'on soit cadre ou ouvrier, la norme est pour tout le monde, ce qui facilite le respect des normes d'hygiène, de sécurité, mais aussi de toute l'organisation. STMicroelectronics est le neuvième fabricant mondial de composants électroniques et se bat dans un marché difficile avec Intel, Motorola, Samsung et d'autres encore. A travers le monde, la multinationale, ce sont 30 000 employés et 4,2 milliards de Dollars de chiffre d'affaires pour l'année 98. Elle a investi 800.000 Dollars en développement.

    Ilham BERRADA

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