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    L’assainissement à marche forcée
    Entretien avec Zahir Lamrani, président de l’Umett

    Par L'Economiste | Edition N°:2865 Le 22/09/2008 | Partager

    . La caution se généralise via les donneurs d’ordre. Reste à gagner la bataille de l’image dans l’opinionLa campagne de l’Union marocaine des entreprises du travail temporaire (Umett) sur la caution commence à porter ses fruits. L’OCP, un des plus gros pourvoyeurs de commandes exige, désormais, une preuve de paiement de cette garantie auprès de ses prestataires. Zahir Lamrani, président de l’Umett, se frotte les mains. Entretien.- L’Economiste: Pourquoi l’intérim traîne-t-il une si mauvaise image?- Zahir Lamrani : En Europe aussi, c’était le cas au début. Aux Etats-Unis, c’est encore pire. Il a fallu beaucoup de temps pour que le travail intérimaire s’impose et se modernise. Au Maroc, on est en train de vivre les mêmes étapes. Sauf qu’ici l’intérim est toujours perçu comme un travail précaire, et que les entreprises travaillent dans le secteur comme des exploitants de la main-d’œuvre. Cependant, la mondialisation change petit à petit notre perception des choses, même les travailleurs avec des contrats à durée indéterminée peuvent se retrouver du jour au lendemain sans emploi. Donc, le débat de la précarité est dépassé. Maintenant, il faut se focaliser sur les droits de ces travailleurs. Les intérimaires bénéficient de tous les droits que possèdent les autres permanents: déclaration CNSS, assurance maladie, accidents de travail…- Pourtant le secteur est réputé être un foyer du travail au noir…- Je pense que dans tous les secteurs il existe des personnes qui respectent la loi et d’autres qui ne le font pas. Dans le travail intérimaire, nous sommes dans la même logique. Le climat qui règne dans le secteur complique davantage les choses. Il y a eu des dénigrements de certains confrères par d’autres. J’estime que la bataille était surtout commerciale. Il a fallu tirer sur les concurrents pour se repositionner. La première victime dans tout ça reste le secteur en général. Les clients se perdent entre les sérieux et les non sérieux, entre ceux qui payent les droits sociaux et ceux qui ne le font pas. Résultat: détoriation de l’image auprès des utilisateurs. - Vous faites pourtant la même chose dans votre campagne sur la garantie financière…- Nous voulons l’imposer pour limiter les dégâts. Nous voulons aussi que cette caution soit une condition d’accès pour exercer dans l’intérim. Cela nous permettra de rétablir la confiance et de donner une assurance supplémentaire aux travailleurs. D’autres associations ne partagent pas cet avis, en avançant des prétextes démagogiques du genre: «la PME n’a pas les moyens de payer 1,2 million de dirhams» (ndlr: la caution est passée de 1 million de dirhams à 1,2 après la dernière augmentation du Smig). A mon avis, ceci est un discours politique, car une PME qui n’est pas capable de payer, même en faisant appel à un crédit bancaire, n’a pas le droit d’exister et doit disparaître. - Et quels sont les premiers résultats de votre campagne?- Nous avons reçu de très bons échos. Selon nos sources à la CDG, elles sont 9 sociétés à avoir payé cette caution. Il y en a même qui sont membres de l’autre association qui l’ont fait, preuve qu’on est sur le bon chemin.- Que devient le programme conjoint avec la CNSS pour lutter contre la fraude?- Nous avons beaucoup travaillé avec la CNSS et nous sommes fiers de le dire. Nous tenons régulièrement des réunions avec ses responsables. Nous avons exprimé à plusieurs reprises notre volonté d’aider la Caisse dans son travail. Quitte à recourir à la délation, et l’on n’a pas peur de le dire. On a pu établir une liste des entreprises qui ne payent pas les droits des travailleurs (que nous avons établie en étudiant les appels d’offres ouverts). Elle a été transmise à la CNSS. Nous leur avons aussi montré des méthodes plus faciles pour pouvoir contrôler une société d’intérim dans un temps record.


    La plupart des sociétés sont hors la loi
    . Seule une poignée d’opérateurs s’est acquittée de la garantie à la CDGSelon l’article 482 du Code de travail, les entreprises de travail temporaire sont tenues de déposer une caution à la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) d’un montant équivalent à 50 fois la valeur globale annuelle du salaire minimum légal. Cette caution (1,103 million de dirhams) sert de garantie de droits sociaux en cas de défaillance de l’entreprise. Elle est restituable en cas de changement d’activité de la société. Cette caution commence à être utilisée comme argument marketing dans la compétition que se livrent les opérateurs. Ce sont, il est vrai, des cas rares, où la compétition ne porte pas seulement sur le prix. En principe (et c’est la loi qui le dit), ne peuvent exercer que les entreprises qui se sont acquittées de cette garantie. Or, aujourd’hui, seule une poignée d’opérateurs est en règle par rapport à cette disposition. Et le ministère de l’Emploi, tutelle du secteur, que fait-il? Incapable de faire appliquer la loi, il ferme les yeux, face à une situation plus qu’embarrassante. Même la demande d’autorisation d’exercer doit comporter, normalement, un certificat délivré par la CDG attestant du dépôt de la caution prévue à l’article 482 du Code de travail. Au-delà, le vrai problème reste celui du contrôle. Aucun organisme public n’a les moyens de vérifier si la législation est respectée. Résultat: beaucoup de sociétés d’intérim font travailler des milliers de personnes sans couverture sociale, et en plus avec des rallonges des horaires de travail non rémunérés. Les contrôles ne se déploient que lorsque survient un incident très grave du type de l’incendie de Rosamor à Casablanca. La loi va encore plus loin dans l’article 484. Les entreprises autorisées à exercer sont tenues de transmettre, à la fin de chaque semestre à la délégation régionale de leur circonscription, un état détaillé des prestations fournies, comportant notamment les noms et adresses des employeurs ayant sollicité leur intervention, ainsi que les noms et prénoms, adresses, diplômes et professions des demandeurs d’emploi inscrits et les noms et prénoms des demandeurs d’emploi placés par leurs soins.

    A quoi sert la caution

    En cas d’insolvabilité d’une entreprise de travail temporaire, ou de retrait de son autorisation sans s’acquitter de ses engagements envers ses salariés, la juridiction compétente peut ordonner l’utilisation de la caution déposée auprès de la Caisse de dépôt et de gestion, conformément aux dispositions de l’article 482, pour le paiement des montants dus aux salariés ou à la Caisse nationale de sécurité sociale. Est-ce que la procédure est respectée? Selon toute vraisemblance, non. Dans cette anarchie, même le paiement de la caution par toutes les entreprises ne changera pas grand-chose. Car, au fond, le problème dépasse les conditions d’accès à l’exercice. Les pratiques quotidiennes et l’impunité restent les vrais fléaux qui minent le secteur. A. E. Y.

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