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La fonction logistique manque d’experts

Par L'Economiste | Edition N°:2121 Le 03/10/2005 | Partager

. Le système éducatif tente de répondre à la demande croissante des entreprises . La fonction Achat se professionnalise et réclame plus de reconnaissance Pour le baptême de son master en Achat & Logistique, ESCA Management a réussi un joli coup en réunissant un impressionnant casting de dirigeants et de responsables d’achat et logistique de grandes entreprises -Marjane, Somepi, Accor, Managem, Acima- venus témoigner, vendredi dernier, de leur expérience sur «les enjeux des achats et de la logistique dans la compétitivité des entreprises». Si la fonction achat est relativement ancienne dans l’entreprise marocaine, la logistique elle, émerge tout juste. Et encore, uniquement dans certaines grandes structures, celles dont le management a compris l’enjeu d’investir dans l’optimisation de la logistique et qui ne s’inscrit pas dans une logique patrimoniale, complète Pierre Caruana, associé chez Ihslog, cabinet conseil en logistique. Qu’il s’agisse des achats ou de la logistique, les deux fonctions sont essentielles pour la compétitivité de l’entreprise car elles sont au carrefour de tous les départements. Ce sont, par conséquent, d’importants contributeurs au résultat. «Une entreprise profitable est celle qui garantit la meilleure disponibilité de ses produits à tout moment, le meilleur service à ses clients, une gestion maîtrisée de sa trésorerie avec les coûts de production et d’exploitation les plus bas. Donc, une entreprise dont les achats et la logistique sont performants», précise Saïd El Baghdadi, directeur général de Somepi Carburants. Selon Anass Jabiri, directeur logistique de Managem (120 millions de dirhams de budget), les chaînes logistiques gagnantes permettent, entre autres, la réduction de 35 à 65% du temps de cycle, la baisse de 25 à 55% des stocks, l’augmentation de 5 à 25% des ventes ainsi que la réduction de 20% des coûts logistiques. «Or, au Maroc, la logistique n’est pas encore intégrée comme une fonction à part entière, souvent assimilée d’ailleurs au transport», explique-t-il. Mais la pression de la concurrence via l’ouverture des frontières et l’impératif d’optimiser les coûts commencent à pousser les entreprises à chercher des économies partout où cela est possible. L’environnement suit cette évolution. De grands prestataires spécialisés se sont implantés au Maroc (Exel, Geodis, etc), et des promoteurs investissent dans des plateformes d’éclatement de marchandises lorsqu’ils arrivent à lever l’obstacle du foncier. Mais le foncier n’est pas le seul obstacle au développement de la logistique. La culture du secret fait que, par exemple, peu de fournisseurs acceptent d’échanger des informations avec le client, des données pourtant indispensables pour affiner les prévisions. A cela, il faut ajouter un transport routier qui opère presque dans l’anarchie (surcharge des camions et vétusté du parc), déficits d’infrastructures hors de Casablanca et inaccessibilité des systèmes d’information adéquats. Quant aux entreprises ayant des flux d’échanges avec l’extérieur, le monopole de prestations portuaires enlève toute possibilité de mise en concurrence. Par ailleurs, l’absence de prestataires intégrés dans le maritime les contraint à multiplier les fournisseurs et impacte à la sortie les coûts logistiques. Le manque de spécialistes en la matière est aussi pointé du doigt. «Il y a très peu d’experts d’achat et logistique. Chaque fois qu’on cherche un logisticien, on a du mal à en trouver un bon», explique El Baghdadi.Pour répondre aux attentes des entreprises, l’ESCA vient de lancer un master en Achat et Logistique en partenariat avec Grenoble Ecole de Management. Le programme, qui se fera en double diplômation avec Grenoble, va démarrer le 28 octobre prochain et s’étalera sur 15 mois à raison de 2 soirs par semaine et 2 samedis par mois. La formation a pour objectif de former des cadres en poste qui ont besoin de parfaire et maîtriser les outils d’achat et de logistique. Le programme est destiné aux diplômés des écoles supérieures de commerce ou équivalent ou des diplômes universitaires (bac+4 ou bac+5 en économie, gestion…). La formation en achat et logistique est un programme-vedette de cette rentrée dans l’offre de l’enseignement supérieur. Dans le secteur privé comme le public d’ailleurs, plusieurs établissements ont intégré des masters en Achat et Logistique dans leur portefeuille.


Devenir un bon acheteur

La fonction achat a fortement évolué ces cinq dernières années. «Elle est passée d’une fonction d’exécution à un maillon contribuant de plus en plus à la marge d’entreprise», note Philipe Favier, directeur des achats généraux chez Chanel et directeur du master Achat et Logistique à Grenoble Ecole de Management. Selon cet expert, un bon acheteur doit être un as en communication, doit maîtriser plusieurs langues et un certain nombre d’outils (système d’information, outil informatique), doit être très mobile, curieux, fiable, crédible et, surtout, bon négociateur.Aussi, l’acheteur doit disposer d’un important réseau (besoin d’échanges sur des méthodes avec ses homologues etc). «Certains grands groupes font du passage par la fonction achat un passage obligatoire pour tous les hauts cadres potentiels», explique-t-il. La réalité dans beaucoup d’entreprises au Maroc est tout autre, même s’il ne faut pas généraliser. Les dirigeants ont souvent tendance à confier les achats à leur «homme de confiance» sans prendre en considération ses compétences professionnelles. Le responsable achat est aussi exposé aux tentatives de corruption. Souvent on l’appelle «Monsieur 10%», confie un responsable d’un laboratoire pharmaceutique. Nadia DREF

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