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    Economie

    El Brouj: Des oliviers sur un champ de rocaille

    Par L'Economiste | Edition N°:3330 Le 29/07/2010 | Partager

    . Une prouesse d’Atlas Olive Oils dans une zone désertique. L’entreprise exporte dans les marchés les plus exigeants. Le marché local à partir du 30 juillet FAIRE pousser des oliviers sur un champ de cailloux, le pari est quasiment intenable. Mais une entreprise l’a fait dans la région d’El Brouj, située à mi-parcours entre les villes de Settat et Béni Mellal et à une trentaine de kilomètres des gisements de phosphate de Khouribga. En 2006, c’est une véritable oasis qui est sortie de terre à force de patience et de détermination. Une oasis qui abrite des oliviers de nouvelle génération et où coexistent des variétés performantes d’origine locale et d’importation. Aujourd’hui, il en sort une huile d’olive extra-vierge aux multiples arômes. C’est d’autant plus extraordinaire que la zone est aride, chauffée à blanc, les trois quarts de l’année. En période chaude, le thermomètre ne descend jamais en dessous de 40° et grimpe souvent à 48°. La terre est dominée par la rocaille, le calcaire et le silex. Les rares végétations sauvages ne sont là que pour abriter scorpions et autres reptiles venimeux. Mais le miracle a été possible. «Miracle désert» est d’ailleurs le nom de la marque d’huile issue de cette oliveraie que l’entreprise Atlas Olive Oils a lancé, il y a deux ans. La propriété étant entièrement intégrée. Outre la plantation, elle compte aussi une unité de trituration, une ligne de conditionnement et un ensemble de stockage climatisé pour maintenir la température à moins 20°c. Mais avant d’arriver là, il a fallu mener un travail titanesque d’épierrage et de préparation du terrain pour recevoir les plants. «Pas moins de 480.000 m3 de roches y ont été dégagés et des engins genre Caterpillar s’y sont cassés», se rappelle Othmane Aqallal, directeur général d’Atlas Olive Oils. Pour planter les 150 ha, le recours au marteau piqueur a été souvent nécessaire pour percer le silex. D’où, le grand défi moyennant bien évidemment des investissements colossaux dans une zone où la ressource hydrique se fait également rare. Le montant de l’investissement n’a pas été communiqué. «La fin justifie les moyens», commente Amine Chraïbi responsable de l’amont agricole. Il s’agit de produire une huile d’olive riche en anti-oxydant et autres vitamines mais à faible degré d’acidité. La recette? Imposer à l’arbre les conditions les plus difficiles pour qu’il donne le meilleur de lui-même, en concentrant l’effort sur la fleur, source du fruit et des arômes, au lieu du branchage. Au-delà, «il y a aussi l’engagement pour le développement durable et la création d’emplois dans des régions pauvres et reculées du pays», nuance Aqallal. Sans oublier, le transfert du savoir-faire du groupe aux agriculteurs locaux. Depuis l’arrivée du groupe dans la région, des plantations d’oliviers commencent en effet, à émerger ici et là profitant ainsi de l’expertise de la société Agro-healt, filiale du groupe spécialisée dans la conduite de l’amont agricole. Elle dispose de trois plantations dont deux sont équipées d’unités de trituration. C’est le cas des fermes de Marrakech (250 ha) et de Borouj (150ha). L’unité de Fquih Bensalah où 170 ha ont été plantés sur les 300 que compte l’exploitation aura son usine en 2011. Date qui coïncide avec l’entrée en pleine production des arbres. Bien qu’à cette échéance, la plantation sera à peine âgée de 5 ans. Et pour cause ! Les variétés utilisées se distinguent par des rendements élevés. Pas moins de 8 tonnes/ha ont été récoltées à la 3e année. Et les prévisions tablent sur 15 à 18 tonnes/ha dès la 7e année. Niveau de rendement qu’expliquent la performance des variétés mais aussi la forte densité des plantations: 1.850 arbres/ha. Densité, réduite à 1.200 arbres/ha dans l’oliveraie d’El Borouj. Pour mieux tirer profit de l’ensoleillement et de la clarté naturelle de la région. A noter que l’essentiel des plantations a été réalisé mécaniquement par un partenaire espagnol qui a fourni les plants et en assure encore l’encadrement et le suivi techniques. Deux variétés d’origine espagnole, l’Arbiquina et l’Arbosana coexistent avec la coronake grecque ainsi que des espèces locales comme Dahbia, Menara et la picholine marocaine. Pour permettre la mécanisation de la récolte, la taille pratiquée doit maintenir la hauteur des arbres à 3 mètres maximum. Côté équipements, la plantation de Fkih Ben Salah, située dans une zone également semi désertique, est irriguée par le système goutte à goutte piloté par un programmateur qui assure aussi la fertigation. Le même système est adopté à El Brouj. Mais dans la première plantation, les trois forages réalisés sont reliés à deux bassins de stockage des eaux. Autant dire qu’on est de plain-pied dans le développement durable. Mais le grand défi demeure lié au développement des marchés d’exportation. «Le coût de prospection et de pénétration de ces débouchés est sans commune mesure avec les moyens des opérateurs», avoue Aqallal. Et, le marché intérieur, censé constituer une soupape de sécurité pour l’export ne bénéficie pas non plus d’une promotion ciblant les huiles de meilleure qualité. Autrement dit, les produits emballés répondant aux normes édictées par les organismes qualifiés. Le constat, revêt toute l’importance requise, tant il émane de professionnels aux traditions aussi ancestrales que séculaires dans la production et la commercialisation d’huile d’olives de qualité extra-vierge.


    Savoir-faire
    LA famille d’Othman Aqallal produit de l’huile d’olives depuis 1887, soit plus d’un siècle. Une expérience qui lui a permis de s’attaquer aux marchés les plus exigeants. Environ 60% de la production est exporté sur les Etats-Unis. D’autres débouchés comme le Canada, l’Australie, l’Allemagne, la Grande Bretagne, la Chine et le Japon en absorbent 20% alors que le reste est écoulé sur le marché local. Mais faut-il encore préciser, que le marché domestique n’a été abordé jusqu’à présent qu’à travers des établissements prestigieux. Mamounia, Royal Mansour de Marrakech, Mazagan ainsi qu’un restaurant distingué de 2 étoiles Michelin, figurent parmi les clients exclusifs d’Atlas Olive Oils. Il faut dire que le design, l’emballage et la qualité n’ont rien à envier aux produits les plus prestigieux connus dans le monde. En témoignent d’ailleurs, les multiples distinctions obtenues auprès de grandes foires internationales des Etats unis, du Canada, d’Europe et d’Asie. L’huile titre tout au plus 0,1° d’acidité. Le secret ? «Un système de trituration à deux phases s’insérant dans le développement durable», révèle Aqallal. Procédé appuyé aussi par des bonnes pratiques: le temps entre la cueillette et la trituration ne dépasse guère les 20 minutes, est-il précisé. La prouesse est réalisée dans les deux oliveraies intégrées de Marrakech et d’El Brouj. C’est cette qualité qui sera désormais mise en vente à grande échelle sur le marché local par GTC (Global trading compagnie). Dès le 30 juillet, l’ensemble du marché sera irrigué par toutes les marques du groupe avec les différents contenants (0,5 litre, 1 et 5 litres) en verre, plastique et métal. Et, Aqallal promet un prix très compétitif pour une qualité haut de gamme.Aziz Ghouibi
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