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    Economie

    Du nouveau dans le paysage gazier

    Par L'Economiste | Edition N°:309 Le 18/12/1997 | Partager

    Les décrets devant sécuriser l'approvisionnement en gaz sont en cours de signature. L'ONE doit créer deux filiales: l'une pour l'achat du gaz et l'autre pour mener à bien le projet de la centrale électrique de Tahaddart. Le couplet est astucieux.


    L'OPTION libérale est irréversible en matière d'énergie, et le gaz n'y échappe pas. Le nouvel environnement institutionnel se dessine avec en toile de fond le projet de concession de la centrale Tahaddart.
    Les décrets sont en cours de signature. Ce sont eux qui mettent en place tous les acteurs de ce nouveau paysage gazier. Ils sont trois: les fournisseurs, une centrale d'achat et les clients.
    Concrètement, la centrale d'achat s'occupera de négocier l'approvisionnement du gaz auprès des deux fournisseurs: l'Etat marocain pour la partie gaz de redevance et la Sonatrach (compagnie de distribution de gaz algérienne). Le prix du gaz résultera d'une moyenne des deux contrats. Le gaz en provenance de la Sonatrach sera placé en priorité pour éviter les fluctuations de prix. L'appoint s'effectuera donc avec le gaz de redevance.

    La société d'approvisionnement le livrera directement aux clients. Ces derniers seront constitués d'abord de l'ONE à travers la centrale de Tahaddart. L'objectif ensuite est d'attirer de nouveaux consommateurs. Ainsi, à moyen et long termes, deux nouveaux clients apparaîtront. Il s'agit de grands consommateurs et de distributeurs de gaz. En fait, pour ces derniers, il est prévu qu'une société privée de distribution s'installe pour aborder le marché domestique sur la base d'un cahier des charges.

    Le montage est jugé original puisque les clients deviennent à la fois actionnaires et administrateurs de cette centrale d'achat.
    Finalement, l'option de M. Driss Benhima, ministre de l'Energie, s'éloigne de celle de M. Abdellatif Guerraoui, l'ex-ministre de ce secteur. Ce dernier souhaitait que chaque consommateur s'appro-visionne directement et que l'introduction du gaz se fasse à partir de la construction d'une bretelle reliant le GME (Gazoduc Maghreb Europe) à hauteur d'Ouazzane. Dans ce scénario, ce sont les centrales électriques de Kénitra et Mohammédia qui devaient bénéficier les premières du gaz.
    Les deux ministres sont d'accord néanmoins sur ce point: l'exploitation du gaz doit être effectuée par le privé.

    Participation tripartite


    Autre originalité: le montage du projet de la centrale de Tahaddart. Une société, Tahaddart Energy Company (TEC), sera créée par l'ONE probablement à 51%, et associera le Français EDF et l'Espagnol Endesa. Les négociations sont en cours. TEC se chargera de lancer deux appels d'offres internationaux: l'un pour la construction de la centrale et l'autre pour son exploitation. Quant au volet financement, il sera assuré par l'ONE, EDF et Endesa. Sur les 300 millions de Dollar, le 1/3 serait des «equity» et les 2/3 restants proviendraient du rachat des dettes.
    L'énergie produite par la centrale sera consommée par l'ONE. Le reliquat éventuel devra être cédé aux Espagnols.
    Ainsi, rien que pour le gaz, l'ONE aurait deux filiales, une pour ses achats et l'autre pour sa consommation. La boucle devrait être bouclée.
    La participation espagnole au projet de Tahaddart est intéressante à un double titre. Elle permet d'abord à l'Office de renégocier le contrat de l'interconnexion. L'ONE peut ensuite devenir un intervenant à part entière sur le marché espagnol de l'électricité qui devrait être libre début janvier 1998.


    Tahaddart à la loupe


    L'ONE envisage de réaliser au Sud de Tanger le projet de Tahaddart. Celui-ci porte sur la conception, le financement, la construction et la mise en service d'une centrale électrique. Cette centrale utilisera de la technologie à haut rendement dite «cycle combiné» d'environ 450 mgW. Elle fonctionnera au gaz naturel transporté par le Gazoduc Maghreb Europe, soit un milliard et demi de m3 par an. Les sources d'approvisionnement sont le gaz de redevance transitant par le territoire marocain à destination de l'Espagne et éventuellement du gaz commercial en provenance d'Algérie.
    Le programme de l'ONE comporte deux unités à cycles combinés. La première est destinée à être mise en service en 2002 et la seconde en 2004/2005. Le coût du projet est de 300 millions de Dollars.
    L'objectif est d'en faire une centrale de base fonctionnant 24h/24. L'accès au gaz naturel devrait permettre de produire de l'énergie électrique au moindre coût. Tahaddart fonctionnant avec un rendement optimal, cela éviterait des utilisations à temps partiel et améliorait nettement l'économie du projet et ferait baisser les coûts du kiloWatt/heure produit.

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