×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Attendre Jusqu'à quand?

    Par L'Economiste | Edition N°:309 Le 18/12/1997 | Partager

    Les secteurs privés et publics ont du mal à faire le bond vers le XXIème siècle. Ils sont souvent esclaves de menues décisions qui les empêchent de prendre les grandes décisions. Or, le compte à rebours de l'ouverture ne pardonne aucun retard.


    D'échénace en échéance, de rencontre en colloque, de promesse en projet, le Maroc n'en finit pas d'attendre. L'attentisme est le virus local. Elections, passage d'une loi, négociation syndicale, tous les prétextes sont bons pour reporter les décisions aux calendes grecques. En attendant, le compte à rebours est déclenché et les hommes d'affaires ont raison de s'inquiéter. Seront-ils réellement capables d'affronter les défis du XXIème siècle?
    Pas évident. Beaucoup sont fragilisés par les mauvaises habitudes, les rentes, la léthargie, incapables de rebondir, de foncer, abstraction faite de toutes les échéances.... que tout le monde attend, encore et encore. Pourtant, un seul point focal est à viser: la mondialisation.
    Certains entrepreneurs l'ont bien compris et ne veulent pas rejoindre le rang des pleurnicheurs. Pour ces derniers, c'est un mur des lamentations qu'il faudrait construire plutôt que d'installer les instruments de la mise à niveau. Ce sont des perdants, tout simplement. Le nouveau paysage commercial mondial n'a en effet de place que pour les gagnants et les fonceurs. Il en existe bien au Maroc heureusement, les chiffres macro-économiques le prouvent. Ils exportent, qui des logiciels, qui de la confection haut de gamme. Ces entrepreneurs chevronnés ont bien compris qu'ils doivent tirer profit de cette nouvelle donne économique. La mondialisation n'est pas une menace, c'est une occasion. Les marchés s'ouvrent, ils saisissent l'opportunité. Seuls ceux qui n'attendent pas peuvent en tirer profit.

    Des marchés protégés jusqu'alors sont désormais accessibles, le monde s'engageant en marche forcée du démantèlement douanier. Quant aux hésitants, ils ne peuvent se positionner qu'à contre-courant. A l'heure de l'Internet et de l'internationalisation des marchés financiers, les pensées doivent être globalisées. La réactivité n'attend pas. Chaque place perdue est prise par de plus malins ou de plus rapides.

    Courage de décider


    Le secteur privé n'est pas le seul à devoir être secoué. L'Administration affiche au tableau de bord les mêmes symptômes. La liste des dossiers qui attendent et attendent est longue. Un beau stock de textes sommeille au Secrétariat Général du Gouvernement. C'est bon à savoir en cette période d'inventaire.
    C'est pour avoir des textes bien faits, rétorqueront les partisans du perfectionnisme. Mais l'excès de perfectionnisme des textes tue l'action sur le terrain.

    Rien ne prouve que la qualité du texte dépend de son temps de gestation. La réflexion menée sur le Code de Travail depuis plus de 20 ans n'a toujours pas donné de résultats. Bien au contraire, à peine une réflexion finie et le texte prêt qu'il est déjà dépassé. Alors, il faut le bloquer, le refaire...
    Il en est de même des études où le champion toutes catégories est le Ministère de la Pêche. Les bureaux d'étude se sont plus enrichis que les pêcheurs. Toutes les études ne sont pas pour autant inutiles, elles permettent parfois d'y voir plus clair. En réalité, la critique porte véritablement sur l'usage qui en est fait. Souvent, ces études vont croupir au fond des tiroirs après avoir enfoncé des portes ouvertes. Or, c'est de l'action dont a besoin le pays. Les bulldozers du gouvernement l'ont compris. Ils privilégient l'action à la réflexion. C'est bien perçu, parfois jugé trop brutal. Mais le Maroc a besoin de signaux forts. Les véritables décisions prises par ces locomotives peuvent tirer le train en avant. Pour cela, il faut vaincre les résistances et ne pas se laisser brimer par les échéances. C'est de cette race d'entrepreneurs et de meneurs dont le pays a besoin. C'est ceux-là mêmes qui vont tirer les mentalités vers le haut. Ils seront assis confortablement dans le train. Quant aux hésitants, ils resteront sur le quai, après avoir raté le train. Pour les rassurer, de bonnes expressions populaires sont fin prêtes.On dit: «C'est le train qui est parti, quand on est arrivé en retard».

    Fatima MOSSADEQ

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc