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    Economie

    Asie: Les conglomérats sud-coréens voient rouge

    Par L'Economiste | Edition N°:309 Le 18/12/1997 | Partager

    Les économies asiatiques sont toujours abattues par une très forte fièvre. Les grands conglomérats, en particulier les Coréens, sont sur la liste rouge des agences de notation. Des nuages sur les projets Daewoo?


    Les 57 milliards de Dollars promis par la finance internationale à la Corée du Sud n'ont pas suffi à faire revenir la confiance. Comme pour prouver une fois de plus que le Sud-Est asiatique n'est plus un modèle de référence, la déliquescence du secteur financier s'est poursuivie avec la faillite de Dongsuh, numéro quatre du courtage en Corée du Sud. Un fait qui devient presque banal dans une zone où plusieurs banques et courtiers de renom ont déjà mis la clé sous le paillasson. Standard & Poors a enfoncé le clou en abaissant la notation de plusieurs grandes banques sud-coréennes considérées comme des valeurs spéculatives dont les obligations ne sont que des «junk-bonds» risqués.
    L'alerte rouge est donc maintenue sur toutes les places financières internationales, même si les leaders d'opinion multiplient les déclarations rassurantes. A en croire M. Hans Tietmeyer, président de la Bundes-bank, «une extension mondiale de la crise asiatique est improbable». Et d'expliquer, «les marchés financiers et économiques jouissent globale-ment d'une constitution plus solide dans les autres parties du monde, particulièrement en Europe occidentale».

    Pourtant, au vu de leurs engage-ments en Corée du Sud, en Asie de manière générale, les banques internationales pourraient bien être fragilisées. A fin juin 1997, leur créances sur ce pays s'élevaient à 116,8 milliards de Dollars dont 70% remboursables d'ici un an, selon la BRI (Banque des Règlements Internationaux).

    Ces difficultés du système financier sud-coréen ne sont que le reflet de celles des autres pays de la zone, Japon, principal pourvoyeur de fonds de l'économie mondiale, compris.
    Les avatars de l'Empire du Soleil Levant (dont les banques ont également fait preuve de légèreté) ont fait craindre le pire. Le scénario catastrophe prévu par les milieux financiers est que le Japon, premier détenteur de bons du Trésor américain, se désengage du marché obligataire de New York pour soutenir le marché d'actions de Tokyo, transmettant ainsi le virus de la crise aux Etats-Unis. A ce jour, les fonds de pensions et autres gros institutionnels cherchent encore des points de chute plus sûrs après leur retrait de la fournaise asiatique. Outre les obligations américaines considérées comme très sûres dans ce contexte d'incertitude, certaines places émergentes, les méditer-ranéennes en particulier, affichent, selon les analystes, des capacités, en termes de rendements, pour accueillir une partie des capitaux migrateurs. Il est vrai qu'elles n'ont pas été ébranlées par le typhon asiatique, cependant, leur résistance tient plus à la faible présence de ces fonds étrangers qu'à la solidité de leur économie ou de leur système financier.

    En clair, les mêmes causes peuvent produire les mêmes effets. Pour se prémunir contre les mauvaises surprises et attirer les investissements productifs, «ces pays devront privilégier la construction d'une réelle économie solide, basée sur un secteur financier sain et des entreprises propres», recommande un banquier. Il semble bien que la casse asiatique ait jeté un bémol sur la course à la croissance tous azimuts. Elle a également mis à nu la fragilité du moteur de croissance asiatique, plus particulièrement les grands conglomérats tentaculaires et très peu transparents.

    Sanction de Standard & Poors

    Les investisseurs pourraient désormais se montrer très prudents avec ces grands groupes. Illustration: Standard & Poors vient de déconseiller les prêts aux entreprises sud-coréennes jugées incapables de rembourser à court terme. Sur le long terme, rien n'est encore perdu. Mais à l'évidence le problème
    du financement de leurs investissements se posera avec acuité. D'autant que les ressources nécessaires sont en grande partie levées sur le marché international.
    Naturellement, des questions sur les projets de Daewoo au Maroc, comme dans les autres pays, commencent à être soulevées. Le groupe coréen a promis d'investir sur place quelque 500 millions de Dollars (près de 5 milliards de DH). Ce qui a apporté du baume au cur des décideurs. L'arrivée d'investis-seurs étrangers constitue en effet un indice de la compétitivité d'une économie, même si le Maroc a encore un long chemin à parcourir dans ce domaine.
    Certes, l'achat du Hilton Rabat (ex Hyatt) et la pose de la première pierre de l'usine de Bouskoura prouvent qu'un début de réalisation est en cours. Mais la situation actuelle ne rassure point quant à la réalisation dans les délais des autres investissements. Pour autant, le Ministère des Finances affiche un optimisme sans failles. Selon M. Hassan Bernoussi, directeur des Investissements Extérieurs, «la crise asiatique ne remet pas en cause les investissements de Daewoo». Les Coréens devront cependant présenter des dossiers en béton pour convaincre les bailleurs de fonds, tétanisés par la situation actuelle, à les suivre dans leurs projets.

    Alié Dior NDOUR & Fatima MOSSADEQ

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