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    Droits d'auteur sur un répertoire du médicament : Vidal Maroc attaqué en justice par son ex-associé

    Par L'Economiste | Edition N°:167 Le 16/02/1995 | Partager

    Conséquence du litige opposant OVP et son ex-associé marocain Vidal Maroc, la justice vient de saisir l'édition 94 de celui-ci. Mme Soulaymani réclame ses droits d'auteur sur cette édition dont elle a été "écartée".

    L'ÉDITION 94 de Vidal Maroc vient d'être saisie par la justice chez Audience-Société-Distribution, distributeur de l'édition Maroc du dictionnaire français du médicament.

    Mme Rachida Soulaymani, médecin spécialiste en pharmacologie et responsable d'un centre de pharmacovigilance, ex-associée au projet Vidal Maroc, avait intenté un procès pour atteinte aux droits d'auteur contre OVP Vidal, à la suite de la parution de la 3ème édition de Vidal Maroc, celle de décembre 1994. Mme Soulaymani aurait été "écartée" du projet Al Wassifa Vidal Maroc qu'elle avait co-initié et qui est devenu, après cette "élimination", Vidal Maroc.

    "Lorsque Vidal est arrivé au Maroc en 1991, je travaillais avec un confrère sur le projet d'un dictionnaire marocain du médicament, confie Mme Soulaymani. Ayant été choqués par les erreurs contenues dans le 1er numéro de SEDIM (qui depuis a amélioré ses éditions), nous avions décidé de réaliser un dictionnaire de qualité supérieure". Se rendant à l'évidence qu'ils ne parviendraient pas à rivaliser avec Vidal, fort de sa logistique et de sa notoriété, qui plus est bénéficie du contrôle du ministère français, par le biais de sa commission spécialisée Alexandre (du nom de son créateur), Mme Soulaymani et son collègue déposent les armes.

    Ils proposent donc l'association à OVP, en apportant leur contribution scientifique. L'affaire étant conclue, elle incluait l'accord, selon Mme Soulaymani, que dans un premier temps le dictionnaire, qui sera dénommé Al Wassifa Vidal Maroc, associerait une partie marocaine à la partie française mais que progressivement il serait intégralement consacré au médicament marocain.

    Changement de look

    La 1ère édition de Al Wassifa Vidal Maroc sort donc en 1991, donne une information complète et connaît un succès. De même la 2ème édition en 1993, tapée et corrigée au Maroc, imprimée en France. Toujours selon Mme Soulaymani, OVP revient alors sur les conventions de départ, refusant qu'un jour le dictionnaire soit complètement indépendant et marocain. "Dans ce même esprit OVP s'oppose à ce même esprit OVP s'oppose à ce que la saisie et la correction soient effectuées au Maroc en ce qui concerne les éditions suivantes, précise Mme Soulaymani. J'ai protesté contre ces résolutions, ce qui a créé un conflit entre mes associés et moi". L'enjeu commercial devait être de taille pour OVP puisque selon Mme Soulaymani s'il s'accaparait les bénéfices de la vente du dictionnaire, allouant aux associés marocains une rémunération de 30.000 DH chacun par édition. En septembre 1994, Mme Soulaymani apprend que l'édition 94 de Vidal Maroc est sur le point de paraître sans qu'elle en eût été avertie, sans donc sa contribution et sa correction, sans son nom, évidemment. Le directeur d'OVP lui signifie qu'elle ne fait plus partie des associés. "Mais il se trouve que je suis signataire du livre, j'ai donc entamé une poursuite en justice contre OVP, explique Mme Soulaymani. Afin de se protéger contre le procédure juridique, OVP a complètement changé la forme et le contenu de Vidal Maroc auquel elle a aussi retiré le nom d'Al Wassifa, de sorte que la nouvelle édition ne ressemble en rien aux précédentes et ne justifie point la revendication de mes droits d'auteur". C'est la raison pour laquelle, par exemple la couleur verte de la partie marocaine aurait disparu de l'édition 94.

    L'expertise de l'information sur le médicament

    "Les règles déontologiques d'édition d'un dictionnaire du médicament exigent qu'il comporte des mono-graphies complètes sur l'ensemble des médicaments d'un pays, indique Mme Soulaymani. La dernière édition de Vidal Maroc ne répond pas à ces normes déontologiques". Par ailleurs, explique-t-elle, l'édition d'un dictionnaire sur le médicament ne se limite pas à assembler des textes communiqués par les laboratoires pharmaceutiques, "comme le fait actuellement SEDIM". Un tel métier exige de la part des éditeurs une participation à la fiabilité de l'information. Sur ce point, M. Abdallalh Lahlou Filali, actionnaire de SEDIM, affirme qu'à cette phase de lancement, où SEDIM doit accueillir le maximum de laboratoires, il ne peut s'imposer sur le plan du contrôle de l'information. En revanche, dit-il, l'édition de SEDIM est garantie par le Ministère de la Santé Publique. Mais le MSP, s'il prend sur lui une part de la responsabilité de l'information, n'exerce pas non plus un contrôle sur elle. "Le contrôle de l'information sur le médicament est un des points retenus dans notre politique sur le médicament, mais sa réalisation n'est pas évidente, confie le Pr Abderrahim Harouchi, ministre de la Santé. Il me faudrait un budget beaucoup plus consistant pour pouvoir financer l'expertise de l'information sur le médicament", ajoute-t-il.

    B.L.

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