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Dossier SantéDes mesurettes en attendant une véritable politique

Par L'Economiste | Edition N°:1153 Le 28/11/2001 | Partager

. L'idée d'une charte est lancée. Reste à savoir si elle verra le jour. Réforme hospitalière et des urgences, réadaptation du programme sanitaire... les chantiers. Le Ministère de la Santé deux fois moins nanti que l'Enseignement La Santé va peut-être avoir sa charte, comme l'Education et la PME. A en croire Thami El Khyari, ministre de la Santé, elle sera discutée au Parlement au printemps 2002. Cette charte devra définir l'orientation du secteur pour les vingt prochaines années.C'est en tout cas ce qu'a annoncé le ministre lors d'une réunion à Taza début novembre. Est-ce un argument électoraliste ou un premier pas vers une véritable stratégie du secteur?Jusqu'à présent, hormis quelques actions disparates, la Santé n'a pas bénéficié d'une stratégie globale claire ni d'une mobilisation des ressources humaines et financières adéquate. A titre indicatif, la part du budget général affecté au Ministère de la Santé tourne autour de 5% contre 7% dans les années 60, alors que la norme fixée par l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) est de 10%.Les efforts déployés au niveau du budget profitent essentiellement à la masse salariale, au détriment des crédits d'investissements. Ce qui explique l'aggravation d'une année sur l'autre des problèmes de fonctionnement, d'entretien et de maintenance des structures sanitaires.La Santé est donc restée le parent pauvre de la politique gouvernementale, depuis les années 80 (avec l'instauration du programme d'ajustement structurel). Il ne faudra pas s'attendre à un changement de cap radical dans les années à venir, austérité oblige. Dans l'immédiat, la priorité affichée par le ministère consiste avant tout à optimiser l'emploi des ressources déjà disponibles avant de songer à en réclamer davantage. Deux actions concrètes entreprises vont dans ce sens: la création en novembre 2000 d'une centrale d'achat de médicaments et l'achat groupé de matériel biomédical actuellement en cours. D'aucuns reprochent à Thami El Khyari de sortir des tiroirs de vieux projets... Même si l'idée n'est pas de lui, il aura été le premier à lancer une structure dédiée à «l'achat en gros« de médicaments au profit des hôpitaux, provoquant au passage une réelle levée de boucliers. Cette mesure censée introduire la transparence en a dérangé plus d'un.Résultat de la course: l'Etat a pu acquérir lors de la première opération d'achat groupé cette année, plus de médicaments et de fournitures paramédicales (pansements, seringues...) à des prix négociés. Selon Chakib Bensouda, chef du cabinet du ministre, le budget alloué en 2001 à la centrale s'élève à 190 millions de DH.. Après le préventif, le curatifSi cette mesure présente des avantages incontestables à court terme, elle ne peut s'intégrer dans la politique globale de décentralisation prévue par la réforme hospitalière actuellement en cours. Une fois les jalons posés et la machine rôdée, il faudra, pour préserver une cohérence globale, abandonner la centrale d'achat.L'autre initiative concerne le lancement récent d'un appel d'offres pour l'acquisition de quatre appareils d'Imagerie par Résonance Magnétique (IRM) d'une valeur unitaire de 12 millions de DH environ. «Ce matériel est exempté de la TVA, car il est destiné à la formation«, précise le chef de cabinet. Outre le pouvoir de négociation du prix de la transaction qui se trouve renforcé, c'est le volet maintenance du matériel qui est réglé. «Si la livraison est effectuée par la même entreprise, celle-ci sera prête à former l'effectif nécessaire pour assurer localement la maintenance du parc. D'où l'économie de temps et d'argent«, indique le docteur Larbi Drissi, conseiller du ministre.Sur le plan stratégique, le ministère est toujours en phase d'évaluation des programmes sanitaires qui ont été engagés lors de la dernière décennie. L'objectif est de mettre sur pied un plan adapté aux nouvelles exigences de l'environnement. «Après le préventif, il est temps de s'occuper du curatif«, affirme Bensouda. Jusque-là, l'essentiel des efforts a porté sur de vastes programmes de vaccination. Les résultats sont aujourd'hui palpables puisque plusieurs maladies telles que la poliomyélite, la diphtérie ou la cataracte chez l'enfant ont été éradiquées. D'autres infections continuent de reculer. Entre-temps, face aux mutations de l'environnement, d'autres maladies dites chroniques gagnent du terrain. D'ailleurs, une étude de la Direction de la Planification et des Ressources Financières (DPRF) confirme que 55,8% de la charge totale de morbidité assumée par les hôpitaux publics sont dus à ces maladies chroniques. «C'est donc une transition sanitaire qui est en train de s'opérer«, affirme Abdelali Belghiti Alaoui, responsable de l'Unité de Mise en OEuvre de la Réforme de santé (UMER). Le ministère tente d'élaborer un programme sanitaire en phase avec ces nouvelles donnes. Sont ciblées les maladies transmissibles (telles que le sida) et les maladies liées aux nouvelles conditions de vie telles que le diabète, les maladies cardio-vasculaires, les maladies respiratoires (asthme et allergies)... De toute façon, la bataille devra être désormais menée sur deux fronts: rester vigilant en matière de vaccination et s'attaquer aux «maladies du siècle«. Le ministère en aura-t-il les moyens?Si l'on se réfère au plan quinquennal 2000-2004, ce sont environ 5,2 milliards de DH qui iront à la Santé. La plus grosse partie sera absorbée par les équipements sanitaires publics. Pour comparaison, l'autre secteur jugé stratégique pour le développement socio-économique du pays, en l'occurrence l'Enseignement, se voit attribuer plus du double.


Centrale des médicaments: 190 millions de DH pour démarrer

Comment rationaliser les achats de médicaments des hôpitaux publics et obtenir de meilleurs prix?Sur décision du ministre de la Santé, la centrale des médicaments a vu le jour en novembre 2000. L'occasion pour le ministère de réorganiser tous les circuits relatifs à la passation des commandes et à la distribution des produits (médicaments et fournitures paramédicales). Il a été procédé à la redéfinition des besoins au niveau des provinces. Une nomenclature des médicaments essentiels que les hôpitaux sont tenus d'acquérir via la centrale a ensuite été arrêtée avec l'appui d'experts. C'est cette liste qui sert aujourd'hui de base pour les achats groupés. Parallèlement, des pharmaciens ont été recrutés pour établir la liste des médicaments dans chaque région. Ils seront trente à être affectés sur tout le territoire national pour prendre en charge la procédure de passation et de gestion des commandes. La mise en place de la structure et la réorganisation des circuits auront requis plusieurs mois puisque le premier achat groupé n'a été lancé que cette année. Selon Chakib Bensouda, chef de cabinet du ministre, la Centrale des médicaments s'est vue allouer sur le budget 2001 190 millions de DH pour l'achat de médicaments, fournitures et consommables tels que les seringues, les pansements...Mouna KABLY

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