×
  • L'Editorial
  • Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Affaires

    Diplomate, mais surtout VRP!
    Entretien avec Luc Jacobs, consul général de Belgique

    Par L'Economiste | Edition N°:2697 Le 22/01/2008 | Partager

    Le nouveau consul général de Belgique à Casablanca assure que la globalisation a reconfiguré la pratique diplomatique. «Ma mission consiste aussi à accompagner les entreprises belges à gagner des marchés et à nouer des partenariats avec leurs homologues marocaines», confie Luc Jacobs. Les points de PIB comme les emplois se gagnent sur la capacité de projection des entreprises et la qualité de leur accompagnement à l’international. Les «nouveaux» diplomates ont surtout la casquette des VRP.- L’Economiste: En quoi la mission d’un consul général a-t-elle évolué avec l’irruption de l’économique dans la diplomatie?- Luc Jacobs: Le cahier des charges d’un consul général n’est plus le même qu’il y a vingt ans. Outre les responsabilités classiques liées à la gestion de la communauté installée dans la circonscription ou la délivrance des visas, un des volets les plus importants de ma mission concerne la diplomatie économique. C’est un concept très ancien chez nous en Belgique.Concrètement, cela signifie que je dois veiller aux intérêts économiques de mon pays, accompagner nos entreprises par un travail en profondeur de promotion et de développement des relations économiques et commerciales, des partenariats avec les entreprises marocaines. Je dois avouer que le fait d’être implanté à Casablanca, épicentre de l’économie marocaine, me facilite la tâche. J’essaie d’apporter ma modeste contribution à la consolidation des relations économiques entre nos deux pays, en synergie avec les autres acteurs diplomatiques belges présents au Maroc. - Comment déployez-vous ce concept de diplomatie économique au quotidien?- Je fais partie et m’appuie sur les synergies d’un réseau composé de l’ambassade à Rabat, du consulat général à Casablanca, du consulat de Tanger et de délégations économiques et commerciales des trois régions de Belgique, Flandre, Wallonie et Bruxelles-capitale, présentes au Maroc. Je travaille en étroite collaboration avec leurs équipes qui sont nos experts sur le terrain. En tant que consul général, mon rôle consiste à leur faciliter les contacts avec des décideurs et responsables économiques et politiques dans ma juridiction et faire tout ce qui est en mon pouvoir afin que leur travail soit le plus efficace possible. Prenez l’exemple des missions économiques. Lorsqu’elles font escale à Casablanca, je contribue, le cas échéant, à étoffer leur programme, en créant des occasions de nouveaux contacts avec le monde des affaires marocain par le biais d’une réception ou d’un déjeuner, par exemple. Je suis évidemment à l’écoute de ce qui bouge au niveau des grands projets de développement dans les différents domaines: urbanisation, transports, tourisme, etc. Bref, tout ce qui présente un intérêt pour les entreprises belges est suivi minutieusement. - Quels sont les secteurs que vous ciblez particulièrement?- Nous n’avons pas d’a priori envers tel ou tel autre secteur, car l’économie marocaine connaît un développement rapide ces dernières années. Il existe une multitude de possibilités pour nos entreprises parce que le tissu industriel de notre pays est très varié. Notre démarche consiste à explorer les opportunités qui se présentent. Je ne peux qu’encourager nos entreprises à prospecter des partenariats avec leurs homologues marocaines, les portes du consulat général leur sont ouvertes. Ceci étant, il existe des secteurs qui sont actuellement plus porteurs que d’autres ou qui offrent plus de potentiel du fait de leur dynamisme. Je pense notamment aux infrastructures touristiques dans lesquelles l’implication des sociétés belges est très importante et au secteur ferroviaire où nous sommes également présents. Dans l’agroalimentaire, nous disposons de beaucoup d’excellence et d’atouts. Quant aux services, nous pensons qu’il existe un potentiel important au Maroc en termes de formation. Nos entreprises peuvent apporter des réponses concrètes aux besoins spécifiques de qualification des personnels dans le développement des infrastructures touristiques. Il y a aussi la logistique, un secteur qui regorge de potentiel.D’ailleurs, la Chambre de commerce belgo-luxembourgeoise au Maroc (CCBLM) avait organisé un séminaire sur ce thème en novembre dernier. Dans ce domaine aussi, nos entreprises sont connues pour leur excellence et suivent avec beaucoup d’attention les évolutions de ce secteur au Maroc. Elles sont prêtes à nouer des partenariats avec leurs homologues marocaines. - Les entreprises belges ont une expertise reconnue dans l’assainissement et les transports. On ne les voit pas sur les projets de métro et de tramway annoncés à Casablanca...- Elles sont bien présentes. Naturellement, elles sont déterminées à prendre une part active dans la réalisation de ces programmes d’infrastructures. Il y a quelques semaines, un groupe d’opérateurs belges spécialisés dans le secteur des transports était au Maroc afin de s’informer sur l’état d’avancement de ces projets. Ils ont reçu des explications précises et détaillées de la part des responsables. Croyez-moi, ils travaillent pour mettre toutes les chances de leur côté.En soi, l’étendard belge sur une entreprise n’a qu’une valeur relative dans un contexte d’européanisation. Je peux vous assurer que les intérêts belges sont bien plus présents dans l’économie marocaine qu’il n’y paraît, à travers de grands groupes européens. L’ouverture est une des spécificités et des points forts de l’économie belge. Peu importe la nationalité d’une entreprise, l’essentiel c’est la création des richesses et la consolidation des relations économiques.


    «L’accueil au guichet des visas s’est amélioré. Vérifiez-le!»

    - L’Economiste: Parlons de visa. Le public vous reproche les mauvaises conditions d’accueil au consulat. Que comptez-vous faire pour améliorer les choses?- Luc Jacobs: Les conditions ont beaucoup évolué et se sont substantiellement améliorées, notamment la qualité de l’accueil et la diligence du traitement des demandes. Notre souci constant est de faire en sorte que ce volet, le plus visible du public, se déroule dans les meilleures conditions possibles. Je réunis au moins trois fois par semaine mes collaborateurs pour dresser le bilan quotidien et réfléchir sur la manière d’améliorer nos prestations. Nous échangeons des vues sur les ajustements à apporter à notre modus operandi. Pour nous, c’est un service au public que nous prenons très au sérieux. Je ne suis pas en train de vous raconter des histoires, c’est du vécu et c’est vérifiable.- La centralisation du traitement des demandes de visa à Casablanca entraîne des désagréments aux personnes qui viennent de bassins historiques de l’émigration marocaine en Belgique. Je pense aux villes situées au nord et à l’est du Maroc.- Je vous le concède. Nous sommes bien conscients qu’il n’est pas évident de venir d’Oujda pour introduire une demande de visa à Casablanca, mais le choix de concentrer la délivrance des visas à Casablanca tient du bon sens dans la mesure où la législation qui régit l’accès au territoire belge est très complexe et aborde différents cas de figure: regroupement familial, études... Cela requiert donc une véritable expertise approfondie des textes législatifs et réglementaires. Or, il se fait que cette expertise se trouve à Casablanca où nous disposons d’une équipe très expérimentée.Pour faciliter la tâche aux requérants qui sont loin de Casablanca, une partie de la procédure se fait par écrit. Par ailleurs, nous publions tous les détails sur les critères et les documents de constitution d’un dossier sur notre site web. Cela permet à la personne de bien se préparer. En cas de complément, nous avons une cellule spéciale chargée d’apporter par correspondance elektronicus des clarifications et des réponses à des questions éventuelles. Du moment que le dossier est complet, la personne peut se présenter au guichet. La procédure est conçue de manière à donner le maximum de confort au requérant qui vient de loin.


    Européen dans l’âme

    A 46 ans, le consul général de Belgique à Casablanca a fait toute sa carrière dans la diplomatie. Licencié en droit de la Katholieke Universiteit Leuven et titulaire d’une licence spéciale en droit social de la Vrije Universiteit Brussel, Luc Jacobs a intégré le ministère des Affaires étrangères en 1986. Deux ans après, il est nommé premier secrétaire à l’ambassade de Belgique à Dublin avant de partir à Ottawa en 1991 comme conseiller à l’ambassade. Il restera quatre ans dans la capitale fédérale du Canada avant de rejoindre Prague en 1995 toujours en tant que conseiller. Quatre ans plus tard, il retourne au ministère des Affaires étrangères à Bruxelles où il restera trois années.En 2003, il est promu à l’un des postes les plus prestigieux de la diplomatie belge, la représentation permanente près de l’Union européenne en qualité de ministre-conseiller. Pour un diplomate belge, c’est une consécration, la Belgique étant l’épicentre des institutions de l’Union. C’est le dernier poste qu’il occupait avant d’arriver au Maroc. Européen dans l’âme comme il se définit lui-même, Luc Jacobs se dit fier de son passage à la représentation permanente de son pays à l’Union européenne où «il a beaucoup enrichi ses expériences professionnelles». «Personne ne me les enlèvera», plaisante-t-il.A. S.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc