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Démographie à Casablanca
Habitat: L'attrait pour la périphérie

Par L'Economiste | Edition N°:1725 Le 15/03/2004 | Partager

. La cherté du logement au centre-ville fait fuir les Casablancais… . …et incite à une urbanisation horizontaleLe développement urbanistique de Casablanca et sa région s'est-il fait dans le bon sens? Les avis diffèrent quant à la réponse à donner à cette question. Néanmoins, les observateurs s'accordent à dire que d'importants efforts ont été consentis surtout depuis le lancement du programme des 200.000 logements. Cette opération a fortement permis de maîtriser le déficit en logements. Il est passé à seulement 250.000 en 2002, alors qu'il était de 200.000 en 1982. Le phénomène des appartements vides n'est pas pour arranger les choses. La législation en vigueur n'encourage pas les propriétaires à mettre leurs logements sur le marché du locatif. Ainsi, les habitants de la région optent pour l'achat malgré les faibles revenus. D'où la prolifération de nouveaux quartiers périphériques qui offrent des logements bon marché réalisés dans le cadre de grands projets immobiliers. Ainsi, en 2002, ce sont 5.985 projets immobiliers qui ont été autorisés par l'agence urbaine. Douze lotissements pour 849 lots ont été aménagés sur une superficie de 68 hectares (contre 21 hectares en 2001). Et bien évidemment, 61% de la superficie des lotissements sont concentrés sur le territoire de la préfecture de Moulay Rachid-Sidi Othmane, car ces deux dernières disposent d'une réserve foncière assez importante. Il faut aussi noter que la réalisation de l'ensemble des projets autorisés par l'agence urbaine va offrir quelque 38.480 nouveaux logements, soit une hausse de 45% par rapport à 2001. Cependant, ces efforts vont-ils mettre un terme aux problèmes de logement dans la métropole et sa région? Certainement pas dans l'état actuel de la disproportion entre l'offre et la demande. Les besoins annuels en logements se situent en moyenne autour de 18.000 unités. Ceci s'explique par la présence de bidonvilles dont le nombre de familles y habitant est passé de 55.000 en 1992 à 68.386 en 2001. En 2002, ce chiffre a encore augmenté pour atteindre 72.424 familles habitant 388 bidonvilles. Soit donc 10,4% de l'ensemble des familles résidant dans la région du Grand Casablanca.Ensuite, il y a le phénomène de l'habitat vétuste où logent 63.678 familles. Quoiqu'en sensible diminution, l'habitat vétuste n'en représente pas moins de 11% des familles habitant la région. Enfin, l'habitat anarchique constitue un véritable fléau, qui gangrène non seulement l'espace urbain de la région casablancaise, mais aussi la périphérie et les campagnes environnantes. Le rapport relève, d'ailleurs, l'existence d'une véritable ceinture de quartiers anarchiques qui ont poussé comme des champignons au cours de la dernière décennie. Ce sont ainsi 66 quartiers anarchiques qui ont été recensés en 2002 contre 61 en 2001. L'ensemble des habitants de ces quartiers représente 5% de la population totale de la région de Casablanca. On est dès lors face à une situation que l'on a toujours voulu éviter, mais, il faut le dire, que l'on n'a pas combattu. Les observateurs s'interrogent, d'ailleurs, sur les constructions anarchiques qui poussent du jour au lendemain sans que personne n'ait eu le temps de les remarquer. Le rapport met en cause directement les organismes responsables de la gestion et du contrôle du secteur de l'urbanisme et de la construction. En même temps, les services d'assainissement, liquide ou solide, ne peuvent pas suivre parce que l'ensemble n'a pas été planifié comme il se doit. En tout état de cause, les besoins ne font qu'augmenter, ce qui met la pression sur le secteur. Certaines préfectures, comme El Fida, sont déjà saturées sur le plan urbanistique. En l'absence donc de possibilités d'élargissement horizontal, les autorités compétentes ont permis l'ouverture sur des constructions en hauteur. D'autres arrondissements, tels Aïn Sbaâ, Aïn Chock et Ben M'Sick, disposent encore d'une réserve foncière assez consistance pour leur permettre d'envisager un développement urbanistique intégré. Encore faut-il que les plans structurants soient bien étudiés pour répondre aux besoins. L'expansion doit tenir compte de l'augmentation des besoins en services publics, particulièrement en transport. Les déplacements des Casablancais qui font actuellement l'objet d'une enquête, doivent être aussi canalisés et surtout adaptés aux exigences de temps et d'espace dans une métropole. Ceci permettrait de mieux gérer des prestations essentielles comme l'éducation par exemple. Il est évident que les déplacements interurbains faussent les prévisions en matière d'éducation et handicapent la bonne exécution de la carte scolaire telle qu'elle a été conçue. A-t-on besoin de plus d'écoles, de collèges et de lycées? Sûrement, mais encore faut-il veiller à leur bonne répartition entre les différentes parties de la ville et sa région. Il ne faut pas non plus construire dans un quartier pour la simple raison que le foncier y est disponible. Il faut surtout construire là où le besoin en classes et en écoles se fait sentir. Une meilleure planification de la réalisation des infrastructures scolaires devrait, d'une part, permettre de rationaliser les dépenses en investissements dans ce secteur et, d'autre part, d'optimiser l'effort d'investissements consenti. Une école située entre deux quartiers est certainement mieux adaptée que deux écoles dans deux quartiers différents mais limitrophes, où l'on trouverait, de part et d'autre, des classes déséquilibrées en nombre d'élèves.


Scolarisation

Près de 5% des enfants, en âge de scolarisation, n'ont pas été inscrits alors que ceux âgés entre 12 et 14 ans battent les records de l'échec scolaire: 18% de cette catégorie quittent à un âge précoce l'institution scolaire. Le rapport n'a pas été tendre envers les responsables du secteur de l'éducation et relève que la vétusté des établissements scolaires et des équipements est aussi un handicap pour une bonne scolarité. A part cela, le rapport relève que 285 nouvelles classes ont été construites en 2002 et que 409 autres ont été retapées. Il souligne que 17 nouveaux établissements ont été ainsi créés. Le plus grand nombre de créations a intéressé la préfecture de Zenata-Sidi Bernoussi.


Véhicules pollueurs

Encore une fois, le rapport a établi que le rythme croissant de la démographique influe également et lourdement sur la qualité de l'environnement. Le rapport cite des études qui ont démontré que la pollution de l'air (taux de CO2, de SO2, de PS…) s'accentue sur l'axe de Aïn Sbaâ. «Le taux de SO2 y est 9 fois supérieur à ce qui est toléré mondialement», indique le rapport. Le niveau des autres gaz pollueurs reste d'un niveau relativement admissible. Les échappements des véhicules sont le premier facteur de pollution. Celle-ci est estimée à 152.815 tonnes de CO2, 32.348 d'oxyde d'azote, 19.583 de composé organique volatile et 1.816 de particules. Et le nombre de véhicules continue d'augmenter, à en juger par les 25.872 qui ont été enregistrés en 2002 par les services d'immatriculation de la région de Casablanca (20.457 véhicules légers et 5.316 poids lourds). Jamal Eddine HERRADI & Ali JAFRY

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