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Emploi & Carrière
Recruter des jeunes Marocains en… Europe

Par L'Economiste | Edition N°:1725 Le 15/03/2004 | Partager

. Les entreprises marocaines en force au Forum de Lyon. Les jeunes diplômés comparent froidement les offres. Académia en conférence pour maintenir le contactAVEC 22 stands sur 120, c'est un joli score pour les entreprises marocaines qui sont allées “faire leur marché de grands cadres” au Carrefour maghrébin du Forum Rhône-Alpes, les 3 et 4 mars, à Lyon en France. En fait, le score est meilleur que cela puisque 15 stands étaient pris par des écoles ou des centres de formation français: le “tissu recruteur” marocain tenait en réalité un cinquième du Forum Rhône-Alpes. Celui-ci, avec son espace Carrefour maghrébin (en réalité uniquement marocain), est devenu le premier salon recruteur de France et, apparemment, le second en Europe, derrière celui de Berlin. Cette année, près de 10.000 étudiants ont visité le forum.La fréquentation du Carrefour par les grands recruteurs marocains est devenue une tradition qui ne se dément pas d'une année sur l'autre, depuis le début des années 90. Ils y cherchent des ingénieurs essentiellement mais pas uniquement. L'élargissement de la fréquentation aux étudiants des écoles de commerce les intéresse aussi. Il leur arrive enfin de recevoir des étudiants non marocains. Ces derniers cherchent surtout à étendre leurs compétences au niveau international, mais dans ce domaine, il faut reconnaître que les entreprises marocaines sont assez mal préparées à cette demande. Ce sont les sociétés mères d'Europe qui se chargent de ce brassage, avec néanmoins quelques exceptions: Microsoft Maghreb implantée au Maroc et, à ce titre, présente dans l'espace maghrébin, cherchait aussi des recrutements plus larges, à l'échelle des pays qu'elles couvrent dans la zone. Les responsables de ce stand l'expliquaient bien à leurs visiteurs, mais ils font encore figure d'exception.Est-ce à dire que les entreprises marocaines recrutent exactement comme le font leurs homologues? Oui, à un point près. Leur communication reste pour la grande majorité d'entre elles, la communication institutionnelle, exactement de la même manière que celle-ci est faite pour parler de l'entreprise ou des produits. La communication n'est donc pas spécifiquement axée sur le recrutement. Dans les stands à côté, elle était modulée en fonction de l'objectif de recrutement. Par exemple, Vinci Energies, un des géants européens des infrastructures, avait mis en avant un message pour attirer les étudiants: “Profession: créateur-inventeur-entrepreneur”; Véolia, anciennement Vivendi Environnement, disait: “Jeunes diplômés, une valeur sûre pour votre avenir”; Transdev, une nébuleuse du transport, recommandait: “Ingénieurs, rejoignez un groupe actif”, etc. Si dans ces messages, il n'y a pas matière à faire entrer en transes une agence de publicité, il n'en reste pas moins qu'ils avaient été taillés pour les recrutements. Un point donc sur lequel les entreprises marocaines peuvent faire des progrès. Pour l'occasion et comme dans les années passées, la Fondation Académia avait fait le déplacement pour rencontrer directement les étudiants et étudiantes marocains. Une conférence ad hoc a été organisée: “Le Maroc de demain, avec vous”. La conférence, animée par le président Ahmed Nakkouch et par l'auteur de ces lignes, a fait salle archicomble. Les jeunes se sentent en effet un peu éloignés des réalités de leur pays. Ils cherchent évidemment à savoir comment se fait le recrutement, quelles seront les difficultés qu'ils vont rencontrer, comment ils devront se comporter… et pour tout dire, ces étudiants de haut niveau comparent les opportunités que leur offre leur environnement français ou européen, avec ce que le Maroc et les entreprises marocaines leur proposent. C'est le travail que s'est donné Académia. Outre de prêter l'argent des études aux étudiants qui n'ont pas de moyens, -la mission première de la Fondation-, elle s'est donné une “mission n° 2”: favoriser le retour des étudiants, ceux qu'elle a financés mais aussi les autres.Pour ce faire, deux ou trois de ses membres vont dans les rencontres d'étudiants et expliquent ce qui se passe au Maroc, en montrant aux jeunes comment ils peuvent s'insérer dans le mouvement. Avec les années, on note que les jeunes ont moins d'a-priori négatifs, mais ils savent très bien qu'ils ne trouveront pas chaussure à leur pied partout, dans toutes les entreprises.


L'histoire d'une réussite

LE Forum existe depuis 1985. Les premières années, le gymnase de l'Institut national des sciences appliquées (INSA), école d'ingénieurs de Lyon, était suffisant pour accueillir tout le monde, entreprises et étudiants. Les étudiants marocains de l'école participent activement à la réalisation de l'opération et au tout début des années 90 se demandent s'il n'est pas possible d'ouvrir un espace spécifique pour des entreprises qui viendraient du Maghreb. Ils parlent de leur projet à l'ONA où ils rencontrent Mourad Chérif qui s'occupait à l'époque du secteur minier du groupe. Ce dernier, avec un vaste programme d'investissement, devine tout de suite l'ampleur que peut prendre ce salon, avec un Maroc qui est en train de terminer son programme d'ajustement, qui va s'ouvrir sur le monde et qui aura donc besoin de faire revenir un maximum de ses jeunes partis en formation de haut niveau. L'ONA soutient ces jeunes et leur recommande de s'adjoindre la force de communication de L'Economiste. Aussitôt dit aussitôt fait: pour les jeunes, L'Economiste ouvre son carnet d'adresses et leur accorde un budget conséquent de communication. Et ça marche.En revanche, les étudiants ne parviennent pas à reproduire le modèle marocain en direction de la Tunisie et de l'Algérie. Les jeunes de ces deux pays sont, il faut le dire, nettement moins dynamiques que ceux qui viennent du Maroc et, peut-être, les entreprises tunisiennes et algériennes sont-elles moins à l'aise dans la globalisation, qui ouvre une compétition féroce aux cadres de haut niveau aussi. Toujours est-il que ce sont les entreprises marocaines publiques ou privées qui font une partie conséquente de la réussite du Forum Rhône-Alpes des grandes écoles d'ingénieurs.Le directeur général de l'ONE et président de la Fondation Academia a indiqué qu'il était “fier du travail des étudiants marocains”. Il les a félicités d'avoir su “d'année en année conserver et améliorer leur savoir s'organiser”, par-delà les changements des élus au bureau des élèves.Les entreprises marocaines présentes cette année sont naturellement les fidèles comme les grands groupes privés et offices publics (OCP, ONA, Lafarge, Lydec, Méditel, Microsoft Maghreb, ONE, Procter and Gamble, Royal Air Maroc, STMicro ) ou encore les institutions financières (BMCE Bank, CDVM, Crédit Agricole, Crédit du Maroc, CDG, Société Générale et BCM-Wafabank, qui avaient marié leurs stands). Celles-ci utilisent assez régulièrement les services du Carrefour. Mais il y avait aussi des entreprises qui ont l'ambition de changer de registre (CMCP, Kraft Maroc, Omnidata, Akzo Nobel et Casanet, la filiale de Maroc Telecom). Le cabinet Ernst&Young avait retenu un stand, mais n'a pas pu faire le déplacement.N.S.

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