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    Economie

    Dans les flots de l'informel

    Par L'Economiste | Edition N°:325 Le 09/04/1998 | Partager

    Comment mener la mise à niveau de l'industrie moderne, alors que le secteur informel pénètre toutes les activités économiques. L'effort doit porter sur le comportement des hommes d'affaires, car même les plus importants sont tentés d'y "investir" en cachette.


    Tant qu'il existe des ouvertures qui permettent de s'enrichir vite et en cachette, l'informel continuera d'aiguiser l'appétit des affairistes et d'attirer les capitaux.
    Si le secteur informel se développe, c'est qu'il a toutes les bonnes raisons pour lui. Même la mise à niveau est menacée par ce phénomène qui ne cesse de s'amplifier.
    Certes, la mise à niveau ne concerne que les industriels, l'Administration ou encore les infrastructures d'accueil qu'il faut amener aux standards européens en préparation de la zone de libre-échange. Mais l'informel est partout, il pompe les capitaux et les détourne de l'investissement productif.
    Dans l'immobilier par exemple, ce grand concurrent de l'industrie productive, les détenteurs de fonds trouvent une activité sûre, dont ils peuvent fixer la marge aléatoi-rement. Il leur permet d'échapper aux bonnes règles de concurrence et de fixation de prix. Les promoteurs demandent toujours aux acheteurs de payer une partie du prix au noir, alors qu'il n'existe pas de moyen de contrôle efficace de la part des pouvoirs publics. Ici, l'Administration ne peut prêcher la mise à niveau.

    Coups faciles


    Outre l'immobilier, d'autres secteur sont noyés dans l'informel. Les opérateurs se posent la question en ces termes: "Comment détecter les bonnes affaires qui rapportent dans l'immédiat?". Comme il s'agit de commerces non organisée, il n'y a ni tableau de bord, ni techniques marketing favorisant la bonne gestion. Ils ne sont même pas obligés d'aimer le métier ou le produit qui ne sont que des supports pour gagner de l'argent et "occuper" son capital. Pas besoin de visibilité à court et moyen termes. Il faut savoir vivre au jour le jour. C'est le bon flair qui compte. "Tant que vous n'arriverez pas à toucher le fond de votre poche à chaque fois que vous y mettez la main, c'est que les affaires marchent bien", dit un adage local.
    Il faut chercher des coups faciles qui ne nécessitent pas de savoir-faire. Une téléboutique, une laiterie ou encore un taxi font l'affaire. La compétence-clef, c'est la débrouil-lardise pour avoir un agrément ici, une autorisation là. Voilà la mise à niveau des comportements.
    En se lançant dans divers types de commerce, l'as de l'informel croit pratiquer "la diversification" du bon management. Il vend des voitures d'occasion un jour, des vaches le lendemain, des pièces de ferraille le surlendemain, du blé ou encore des moutons à l'occasion de l'Aïd Al Adha.

    Dérapages


    La grande victime de l'informel reste le consommateur. Lui aussi devrait se mettre à niveau. Comme il s'approvisionne dans le secteur "illégal", il prend une part du risque quant à la qualité ou au fonction-nement même du produit. Dès qu'il a payé, il subit. Tant pis pour lui. Il n'avait qu'à faire attention avant de s'engager. Il ne cherche que le "bon prix", alors tant pis pour la qualité et le service après-vente.
    C'est ainsi que l'entreprise au noir prolifère. Personne n'arrive à contrôler les ateliers informels qui au fond des caves deviennent de grandes usines non déclarées. Pas de contrôle non plus sur les produits de contrebande. Après tout, la population trouve son intérêt vu son faible pouvoir d'achat, rétorquent certains. A propos, la mise à niveau a-t-elle prévu l'amélioration des salaires? Même les sociétés de crédits ont jugé nécessaire d'accorder directement des crédits à la consommation sans exiger de facture d'achat.
    "Ne me demandez pas comment j'ai gagné mon premier million. Pour le reste de ma fortune je veux bien être transparent", a dit un jour un grand homme d'affaires américain. Les défenseurs de l'informel vont chercher leurs exemples jusqu'aux Etats-Unis.

    Hicham RAIQ

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