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Crédit à la consommation
Prêts aux particuliers: Le rythme de production se tasse

Par L'Economiste | Edition N°:1693 Le 28/01/2004 | Partager

. La demande est toujours là selon l'APSF. Mais la sélection des risques est meilleure. Les Marocains préfèrent le crédit personnelL'endettement des ménages marocains s'alourdit-il? A combien sont estimés aujourd'hui les «accros» des petites ardoises? Combien sont-ils à vivre en permanence avec «un découvert»? Difficile à dire notamment en l'absence d'un observatoire spécialisé. Une chose est cependant sûre: le crédit à la consommation fait de plus en plus d'adeptes et le recours aux sociétés de crédit est devenu pratique courante. Et pas seulement pour faire face à un imprévu ou à une augmentation de dépenses. Mais aussi pour arrondir les fins de mois difficiles, ou tout simplement pour se faire plaisir. D'ailleurs, les occasions pour emprunter se font en effet de plus en plus nombreuses (Aïd- al-Adha, Ramadan, vacances, rentrée scolaire…) et les tentations de plus en plus grandes. D'autant que les sociétés de crédit à la consommation rivalisent d'ingéniosité pour «nous faciliter la vie». Montants de crédits étudiés en fonction des budgets, coût de crédits de plus en plus bas, offres assorties de tombolas avec des lots variés, souplesse dans les délais de remboursement… tous les arguments sont bons pour drainer davantage de clients. Et ça marche. Pour preuve, les prêts accordés aux particuliers par les sociétés de crédit à la consommation ne cessent de grossir d'année en année. De 3,1 milliards en 1995, leur montant a pratiquement triplé en 2002 avec 8,8 milliards. L'encours de ces mêmes crédits est passé, lui, de 4,2 à 18,3 milliards de DH sur la même période. Le nombre de dossiers tourne autour de 1,2 million en 2002 contre moins de 400.000 en 1995. A l'intérieur des crédits accordés aux particuliers par les sociétés de financement, la part de plus en plus importante des prêts non affectés (prêts dits personnels et cartes) observée au cours des dernières années se confirme. A noter toutefois que le rythme de production des crédits à la consommation, particulièrement soutenu entre 1995 et 1998, a commencé à se tasser à partir de 1999. A en croire les responsables de l'APSF (Association professionnelle des sociétés de financement), cette décélération ne s'explique pas par une régression de la demande. A quoi est-elle donc due? «Les sociétés de crédit deviennent plus vigilantes et le laxisme d'antan dans l'octroi de crédits n'est plus de mise», affirme Mostafa Melsa, délégué général de l'ASPF. Et d'expliquer: «Elles doivent s'assurer qu'elles récupéreront leur argent et veiller à ne pas provoquer des situations de surendettement». Sur ce registre, des avancées considérables ont été réalisées, souligne le responsable de l'ASPF. «Le surendettement est derrière nous et le risque est aujourd'hui mieux maîtrisé», assure Mostafa Melsa. C'est notamment le cas pour les fonctionnaires. Pour cette frange de la population, principale clientèle des sociétés de crédit (environ 60%), une batterie de mesures a été mise en place par la Paierie principale de rémunération (PPR) et l'APSF. Il s'agit en particulier du maintien d'un minimum vital pour le fonctionnaire (60 à 70% du salaire) et la mise en place d'une base de données conjointe (procédure de réservation-confirmation). Le risque est également mieux maîtrisé pour les autres catégories de consommateurs, affirme l'association. Grâce à la mise en place, en juillet 2002, du système d'aide à l'appréciation du risque (SAAR), les sociétés de crédit ont une visibilité plus grande quant à la situation sur le marché des demandeurs et à leur solvabilité. «C'est un véritable outil de prise de décision pour l'octroi d'un prêt», indique Melsa. Le SAAR qui renseigne pour le moment sur les clients qui ont des incidents de remboursement, sera amené à l'avenir à fournir des informations sur la situation des demandeurs de crédit (âge, catégorie socioprofessionnelle, situation familiale…) et permettra aussi le suivi de ceux présentant des incidents de remboursement.


Financement des ménages: L'observatoire attendra encore

L'observatoire du financement des ménages, annoncé lors des premières assises nationales du crédit à la consommation (www.leconomiste.com), tarde à voir le jour. Et pour cause, un travail de fourmi est requis en interne pour la collecte des informations. «La réussite de ce projet dépend en grande partie des informations que pourraient transmettre les sociétés membres de l'APSF sur les catégories socioprofessionnelles des clients qui s'adressent à elles (âge, situation familiale, usage fait des crédits...)», explique Mustapha Melsa. Actuellement en cours, ce travail doit permettre de dresser des typologies qui seront transmises ensuite aux chercheurs universitaires pour un travail sociologique plus qualitatif. Pour rappel, ce projet qui doit associer des organismes publics et privés et des chercheurs universitaires, a pour objectif d'établir un baromètre permettant de mieux cerner le recours au crédit et l'usage qui en est fait, dégager les tendances du secteur et identifier et anticiper les problèmes éventuels (surendettement, insolvabilité des clients...).


Hausse des créances en souffrance

L'encours des créances en souffrance est en hausse et s'explique, selon l'APSF, par les déclassements opérés par les sociétés de crédit à la consommation. Cette hausse est également liée au fait que, depuis 2002, les sociétés de crédit à la consommation procèdent au déclassement de la totalité de la créance en souffrance (impayés et capital restant dû) et non seulement le montant impayé. En 2002, les chiffres de l'APSF font état de 2,87 milliards de DH de créances en souffrance sur les particuliers (1,31 milliard pour les prêts affectés et 1,56 milliard pour les prêts non affectés).Pour rappel, en vertu des dispositions de la circulaire du gouverneur de Bank Al-Maghrib n°19/G/2002 du 23 décembre 2002, les sociétés de financement sont tenues, en tant qu'établissements de crédit, de procéder au déclassement de leurs créances en souffrance et de les couvrir par un niveau de provisions approprié. Les créances en souffrance sont, compte tenu de leur degré de risque de perte, réparties en trois catégories: créances prédouteuses, créances douteuses et créances compromises. Les créances en souffrance ainsi détaillées doivent donner lieu à la constitution de provisions égales respectivement au moins à 20, 50 et 100% de leur montant, déduction faite des agios réservés et des garanties. Khadija EL HASSANI

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