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    Economie

    Coopératives ouvrières et de production : Proposition d'une union nationale

    Par L'Economiste | Edition N°:231 Le 23/05/1996 | Partager


    Le secteur coopératif marocain souffre d'un manque de ressources financières et d'une organisation peu efficace. L'Office de Développement de la Coopération (ODCO) ouvre aux coopératives les portes de la coopération internationale.

    Selon l'Alliance Coopérative Internationale (ACI), le nombre des adhérents des coopératives ouvrières et de production dépasse 100 millions de personnes à travers le monde.
    Le nombre des coopérateurs au Maroc s'élève à 540.000 réparties sur 5.029 unités et représentant 4% de la population active. Si du point de vue démographique le taux de pénétration demeure faible, d'autres indicateurs montrent, en revanche, que le mouvement coopératif acquiert de plus en plus d'importance selon les secteurs.
    Les coopératives participent annuellement à la collecte d'environ 70% du lait traité au Maroc. Dans le secteur céréalier, leur capacité de stockage représente environ 60% de la capacité totale avec 6,5 millions de quintaux.
    Les coopératives ouvrières et de production exercent dans les secteurs de l'agriculture, l'artisanat et la formation professionnelle. Leur nombre est passé de 35 en 1986 à 305 en 1995 avec des capitaux totalisant 85.556.797 DH. Le nombre des coopérateurs ouvriers a atteint 11.639, toutes activités confondues.
    Néanmoins, ces chiffres restent modestes eu égard aux potentialités offertes par le secteur coopératif dont le développement est entravé par de nombreux problèmes qui, selon l'ODCO, résultent d'un environnement mal adapté et de relations mal agencées. La dépendance vis-à-vis de l'Etat ne permet pas aux coopératives de se développer en tirant profit de leurs propres initiatives. Elles se cantonnent alors dans un rôle d'assistées. A l'ODCO on déplore le manque de motivation, principal responsable de la léthargie ou de la cessation définitive des activités des coopératives. En outre, la plupart des coopératives sont monofonctionnelles, mal gérées et restent limitées à des secteurs régionaux et peu rentables, est-il observé. Sur le plan financier, le secteur coopératif souffre de l'insuffisance de capitaux et de la faiblesse des excédents réalisés. A ces deux facteurs s'ajoute la méfiance des banques, qui considèrent que les coopératives ne sont pas des clients intéressants, car ne disposant pas de garanties suffisantes pour accéder aux crédits. De ce fait, elles exigent des cautions personnelles. Or, le mode coopératif est principalement conçu comme une solution au problème de financement. Dans la majorité des cas, les coopérateurs se regroupent parce que l'individu ne peut entreprendre seul.

    Fonds de soutien et assistance aux coopératives


    C'est dans ce contexte de crise que l'ODCO a organisé, en collaboration avec les chambres de commerce et d'industrie de Rabat-Salé (8 mai), de Marrakech (9 mai) et d'Agadir (10 mai), des conférences sur le thème "Les coopératives ouvrières de production artisanale et industrielle dans le monde et les domaines de leurs activités". Ce cycle de conférences a été animé par M. Yves Régis, président du Comité International des Coopératives Ouvrières de Production Artisanales et Industrielles (CICOPA), un organisme spécialisé de l'Alliance Coopérative Internationale. Ces manifestations font suite au Med-Coop qui a eu lieu les 7 et 8 mai à Rabat sous le thème "Le développement des coopératives, le réseau d'agences locales et l'accès au financement". Les représentants des coopératives ouvrières d'Egypte, de Belgique, d'Espagne, de Malte, de Turquie, de Slovaquie, de la Commission Européenne et du Maroc ont participé à ces rencontres.
    A l'issue des travaux, une déclaration de volonté commune a été élaborée. Elle associe l'ODCO, le Comité International des Coopératives (CICOPA) et le Comité Européen des Coopératives Ouvrières de Production (CECOP). Les trois parties ont relevé 5 problèmes entravant le développement des coopératives au Maroc: l'image des coopératives devant le public, la presse et la banque; l'accès au financement; la formation en gestion et aux principes coopératifs; la commercialisation et le contrôle de la qualité et l'approvisionnement en matières premières. Pour apporter des solutions à ces problèmes, la déclaration a proposé la création d'une union nationale des coopératives suivie d'unions régionales et de fédérations par secteurs professionnels. Le financement de l'union proviendra directement des coopératives industrielles, artisanales et de services sur la base d'un pourcentage minimum du chiffre d'affaires de 3%. Avec ces moyens, l'union pourra ensuite "envisager la création d'un Fonds commun de soutien au financement des coopératives". Elle devrait, en outre, créer un service d'appui et de conseil aux coopératives. La déclaration propose que le financement de ce service se fasse à hauteur de 1/3 par l'ODCO (en espèces ou en nature) et 1/3 par une ligne de budget expérimentale Med-Coop.

    Hakim ARIF

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