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    Céréales: Des prix d'intervention sont arrêtés : Le blé tendre à 230 DH, l'orge à 120 DH

    Par L'Economiste | Edition N°:231 Le 23/05/1996 | Partager


    Alertés par l'entrée en vigueur de la libéralisation, les producteurs ont assisté en masse à l'assemblée générale du 15 mai. La plupart des interventions se sont appesanties sur la nécessité d'un report. L'annonce, ces derniers jours, de prix d'intervention pour le blé tendre et l'orge a cependant détendu l'atmosphère.

    Ambiance inhabituelle Mardi 14 mai au Hyatt Regency de Rabat. Quelque 600 agriculteurs, regroupés dans l'Association Marocaine des Producteurs de Céréales et Légumineuses et venus de toutes les régions du pays, avaient pris possession de ce palace, pendant une journée, le temps de tenir leur assemblée générale. A l'origine de cette mobilisation "exceptionnelle" : s'enquérir des modalités de la libéralisation entrée en application le 1er mai. Même s'il ont, au cours des assises, vivement demandé le recul de la libéralisation de deux, voire cinq ans, leur crainte de ces derniers jours s'est légèrement calmée après l'annonce par M. Hassan Abouyoub, ministre de l'Agriculture et de la Mise en Valeur Agricole, devant le Parlement, de l'instauration d'un prix d'intervention de 230 Dirhams par quintal de blé tendre. Autre élément rassurant: un prix garanti de 120 DH/q a été retenu pour l'orge suite à l'audience du 20 mai accordée par le Premier ministre, M. Abdellatif Filali, aux représentants des producteurs. Les Scam devraient ainsi acheter à ces prix plancher pour soutenir les cours si ceux du marché arrivaient à s'effondrer. Il est prévu un concours bancaire de 2 milliards de Dirhams garanti par l'Etat pour permettre à ces organismes de faire face aux besoins de la collecte. Cette disposition est présentée comme une importante mesure d'accompagnement. En réalité, les Scam ne devraient plus bénéficier de cette garantie pour assurer leurs besoins de financement. Les agriculteurs sont soulagés mais souhaitent que les financements soient débloqués expressément pour permettre aux coopératives de réagir dès le début des moissons.

    Prudence


    Pour cette année, il existe un grand risque de voir le marché inondé de céréales. Quelque 5,5 millions d'ha avaient été emblavés (2,2 millions d'orge, 3 millions de blé dur et tendre et 300.000 de maïs). Certains prévisonnistes annoncent une récolte record de 100 millions de quintaux pour ces quatre principales céréales d'automne. M. Ahmed Mansour Nejaï, président de l'UMA, Union Marocaine de l'Agriculture, se montre pour sa part prudent et s'aligne sur la position du MAMVA qui parle laconiquement "de bonne récolte". Il estime qu'il est actuellement "hasardeux d'avancer des chiffres". Pour cause, l'abondance des pluies a provoqué des maladies comme la rouille, un phénomène connu, et les mauvaises herbes qui ont poussé à la faveur des dernières pluies et vont entraîner le retard des moissons dans certaines régions. Quelques producteurs de l'Oriental ont toutefois annoncé que la moisson de l'orge est déjà entamée dans leur région et indiqué que le cours se situait à 80 DH/q. La décision d'instaurer un prix d'intervention pour ce produit devrait donc amortir les cours et leur permettre d'assurer une rentrée plus intéressante de fonds.
    De l'avis des agriculteurs, la préparation de cette saison n'a pas été aisée, en particulier pour les petits exploitants. La campagne précédente avait en effet été catastrophique. Par conséquent, a rappelé M. M'barek Zemrag, président des céréaliers, les semences ont été insuffisantes de même que l'engrais azoté et les produits chimiques. Certains agriculteurs ont ainsi annoncé une flambée des prix sur le marché parallèle, précisant que le quintal de semence de blé tendre s'est négocié à 350 DH et celui d'orge à 200 DH. A en croire leurs témoignages, leurs maigres ressources y sont passées. La principale préoccupation est maintenant de sauvegarder les revenus. Le niveau important des récoltes prévues le permet. Cependant, confrontés à la loi du marché après une quarantaine d'années d'encadrement, la plupart des producteurs pourraient ne pas bénéficier des retombées. D'où le tollé provoqué par l'annonce de la libéralisation.

    Modernisation ou exode


    M. Nejaï fait remarquer que le secteur refuse un désengagement brutal de l'Etat à l'égard de l'agriculture mais précise que la profession demande tout simplement le report pour pouvoir participer à l'élaboration de la nouvelle politique. La finalité n'est donc pas contestée. Il ne pourrait en être autrement. Contraintes budgétaires et engagements internationaux obligent. C'est simplement la procédure qui est en cause. Il est souligné qu'après le refus de détaxer le gasoil et la suppression de la subvention sur les engrais et le matériel agricole perfectionné -des éléments encourageant l'augmentation de la production et l'amélioration des rendements et de la qualité- le découragement pourrait s'installer à plus ou moins brève échéance si les agriculteurs sont laissés à eux-mêmes. Le président de l'UMA souligne que les aspects politiques et sociaux doivent être pris en considération autant que les données économiques. Le secteur est en effet composé d'une masse importante de petits agriculteurs. M. Nejaï précise qu'il est "du devoir de l'Etat de leur donner les moyens pour moderniser leurs méthodes de travail". A défaut, ils finiraient par prendre le chemin de l'exode, redoute-t-il. Cette modernisation devrait aussi toucher les chambres d'agriculture, les associations et les coopératives. Selon M. Nejaï, toutes ces structures disposent du potentiel humain adéquat. Reste les moyens financiers. L'Etat est toujours sollicité. Pour les Scam, un des maillons essentiels de la commercialisation des céréales, les producteurs souhaitent le maintien de la prime de stockage de façon à leur permettre de couvrir une partie des frais généraux. Dans le même sens, la gestion du stock de sécurité est réclamée en faveur de ces organismes. L'AG a par ailleurs insisté sur l'activation de la mise en application des réformes programmées en vue de relancer le secteur coopératif.

    Alié Dior NDOUR

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