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M Lamine Benomar, ministre de la Population : "Un indice du coût de la vie pour le monde rural"

Par L'Economiste | Edition N°:231 Le 23/05/1996 | Partager


La politique sociale est menée par à-coups et en fonction des urgences. Principale raison: le manque de moyens et de planification. La population vivant en dessous du seuil de pauvreté est estimée à 13%.

L'Economiste: Le social est une priorité dans le cadre du Projet de Loi de Finances. A quel niveau le retrouve-t-on?
M. Lamine Benomar
: La nouveauté de ce projet de Loi de Finances est qu'il tient compte du social, notamment en introduisant le BAJ 1 (programme de priorités sociales) dans les crédits d'investissement. Le choix s'était posé de savoir si ce programme devait bénéficier d'un poste budgétaire à part ou s'intégrer dans les crédits d'investissement alloués aux ministères concernés. Pour des raisons de rigueur budgétaire, on a opté pour la seconde solution.

- Est-ce un début de planification?
-
C'est un début de cohérence et de cohésion dans l'action gouvernementale vis-à-vis d'un problème donné, en l'occurrence actuellement la lutte contre la pauvreté. Trois ministères au moins sont concernés par ce programme. Il s'agit des ministères de la Santé publique, de l'Education nationale, de l'Intérieur pour la partie promotion nationale de l'emploi, des Affaires sociales pour le côté alphabétisation. Pour notre part, nous assurons le secrétariat du programme et nous intervenons par la création d'un observatoire des conditions de vie des populations. Il permettra de suivre l'évolution des actions, leurs conséquences et les rectifier et les étendre le cas échéant.
Par ailleurs, le ministère de la Population a, il y a près d'un an, installé au niveau de certaines provinces des observatoires régionaux. Le premier est celui de Meknès; nous envisageons d'étendre l'expérience à Casablanca, Agadir et aux autres provinces. Il s'agit dans ces cas beaucoup plus d'observatoire économique que social.

- Est-il judicieux d'attendre d'être dans une année de rigueur pour se lancer dans les programmes sociaux?
- C'est une question de priorité.

- Existe-t-il réellement une politique sociale ou fait-on du social par à-coups?
-
Il existe un programme social. Le fait qu'il soit réalisé par à-coups résulte principalement du manque de moyens et de planification à moyen terme. Une fois que cette dernière sera mise en place, on y verra plus clair. En effet, actuellement, c'est au moment de l'établissement de la Loi de Finances que les urgences sont déterminées.

- A t-on fait suffisamment de preuve d'imagination dans le cadre de l'élaboration de ces programmes sociaux? Je pense par exemple à l'idée d'adapter l'enseignement pour les ruraux aux contraintes agricoles.
- C'est pour cela que je pense qu'une régionalisation des programmes répondrait mieux à certaines contraintes locales et serait plus efficace. Cette idée me rappelle également les programmes économiques et sociaux intégrés qui tiennent compte aussi bien du social que de l'économique ainsi que des spécificités locales ou régionales.

Le pauvre du XXème siècle


- Comment définissez-vous la pauvreté?
- C'est un concept assez difficile à définir dans la mesure où il est relatif. On est pauvre par rapport à quelque chose. Le pauvre est celui qui ne peut assurer un minimum vital alimentaire et non alimentaire. La pauvreté est aussi un concept évolutif. Le pauvre du XXème siècle n'est pas celui du XIXème siècle. Les besoins ne sont pas les mêmes, ils sont historiques et sociaux et la population est devenue plus exigeante.
Avec ses 1.200 Dollars de revenu par habitant, dont il faut tenir compte au niveau du pouvoir d'achat, le Maroc garde une position assez correcte. Mais ce revenu reste très mal réparti à travers le territoire. La population de pauvres, c'est-à-dire celle dépensant moins de 300 Dollars (seuil de pauvreté) par an et par tête est estimée à 13%. Le Maroc n'est pas un pays miséreux, mais nous avons une population de pauvres assez importante par rapport aux pays du Nord où ce taux n'excède pas 6 à 7% aux Etats-Unis et 1% en Europe.

- Quels sont les points noirs pour le Maroc?
- Si l'on ne tient pas compte de sa répartition, le PIB de 1.200 Dollars par habitant est satisfaisant. En revanche, la scolarisation, l'indice de fécondité, surtout en milieu rural, demeurent de grands problèmes.
Le fait est que le Maroc ne peut pas se développer à deux vitesses en traînant une partie de la population en dessous du seuil de pauvreté, les conséquences seraient très graves. Car cela se traduit par une population faible en termes de consommation et de rendement. Autant commencer dès maintenant à réduire ce taux et à relever le niveau de vie général.

- Prévoit-on la mise en place d'indices plus significatifs tenant compte du milieu rural?
- Effectivement, jusqu'à présent nous avons travaillé exclusivement sur le milieu urbain. La différence entre les milieux urbain et rural est si importante que nous devons d'effectuer des études séparées. En effet, nous allons commencer à mettre en place un indice du coût de la vie en milieu rural. Ce dernier devrait être prêt en juillet avec une rétrospective sur la période allant de janvier à juin 1996.

Propos recueillis par Fatima MOSSADEQ

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