×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    Confection : Les uniformes des armées européennes fabriqués au Maroc

    Par L'Economiste | Edition N°:154 Le 17/11/1994 | Partager

    Maghreb Uniformes Industries, qui exposait au dernier VETMA, sort des sentiers battus de la chemise et du pantalon. Entreprise spécialisée dans le vêtement militaire et le vêtement administratif, elle a pour ancêtre une société française du Protectorat. C'est la première entreprise de textile du pays avec la SAFT de Rabat.

    MAGHREB Uniformes Industries(MUI), entreprise de textile opérant à Meknès, est spécialisée dans la confection d'uniformes militaires et d'uniformes administratifs de la sécurité: sapeurs-pompiers, gendarmerie, agents de la circulation... "Nous avons choisi ce créneau pour sortir des sentiers battus. C'est un domaine qui fait apparaître une grande technologie au niveau de la fabrication et une grande vigilance au niveau de la qualité. De plus, il permet de s'ouvrir sur le marché européen, dont nous sommes l'un des rares fournisseurs dans le monde", déclare M. Taher Mouzouri, DG de la société. MUI fabrique les uniformes des armées (de l'air et de terre) française, britannique et belge. MUI a même couvert les marchés de certains pays du Moyen-Orient, dont l'Arabie Saoudite.

    MUI a pour ancêtre une société d'origine française qui existait avant l'Indépendance et dont la principale fonction était d'habiller les troupes françaises en Afrique du Nord. en 1959 est née une branche à l'intention de la nouvelle armée marocaine: Les Galeries Tazi.

    Société appartenant au groupe Alami-Tazi (SIOM, SIBOS, SICOSET...), MUI a été créée en 1989 pour prendre la relève des Galeries Tazi et continuer sa vocation militaire avec de nouvelles exigences, essentiellement l'industrialisation de la fabrication. Par exemple, auparavant, une équipe de tailleurs faisait le tour des régiments pour prendre les mesures de chaque militaire ou pour ajuster leurs vestes.

    LECTRA à la place du tailleur

    Aujourd'hui, MUI rationalise la coupe et fabrique la grande série, sur la base de 3 ou 4 tailles standardisées. Par ailleurs, la fabrication s'accompagne aujourd'hui d'un souci majeur de la qualité. "La reproduction d'un vêtement par des moyens techniques et industriels se traduit aussi par l'amélioration de la qualité du produit", justifie M. Mouzouri. La coupe du vêtement s'en trouve simplifiée mais sans pour autant en sacrifier l'esthétique. MUI utilise la matière première locale ou importée, polyester-laine ou coton. L'entreprise est dotée du système LECTRA de coupe assistée par ordinateur. Au niveau du Maroc, elle reçoit les prototypes envoyés par le bureau d'étude spécialisé dans la création du vêtement militaire et administratif. La clientèle étrangère dépêche des stylistes militaires porteurs de prototypes. MUI procède alors à l'étude du modèle, à sa saisie sur l'ordinateur du système LECTRA qui effectue également sa graduation par taille, la loi de graduation étant définie de la taille 36 à la taille 50. Il va de soi que la taille 36 correspond à certains jeunes élèves de l'école militaire. Un contrôle qualité est effectué à toutes les phases de la production: coupe, pause, assemblage final. L'entreprise, employant à la fabrication un effectif de 400 personnes, a une capacité de production de 3.500 uniformes par jour. Son investissement en immobilisation est aujourd'hui évalué à 12 millions de DH. Elle a réalisé en 1993 un chiffre d'affaires de 21 millions de DH, contre 16 millions en 1992. "Une croissance continue alimentée par une meilleure organisation de la fabrication et un accroissement de la productivité", se réjouit M. Mouzouri. En situation de monopole au Maroc, ses concurrents se trouvent dans les pays clients. Dans ce type de produit, la concurrence asiatique ne se pose pas, ou du moins encore. Le prix de la façon à MUI, variant de 20 à 45 FF, reste assez compétitif. Le vêtement militaire ainsi que l'administratif ont aussi leur mode: à partir de janvier prochain, nous aurons des agents de circulation vêtus de bleu.

    Les prix des équipements textiles

    Conscients des impératifs de la compétition que sont les délais de livraison (la productivité, la qualité et les prix) que connaît l'industrie textile-habillement à l'échelle mondiale, la profession marocaine a réalisé d'importants investissements en équipements modernes, dont certains à la pointe de la technologie. Aucun matériel de l'industrie textile n'étant fabriqué au Maroc, il est entièrement importé, pour une centaine de marques, de pays d'Europe et d'Asie. Dans ce créneau également les prix asiatiques restent les plus compétitifs. Le parc existant dans la confection se caractérise par une grande diversité et on trouve sur le marché tous les types de machines. La machine à coudre, qui coûte entre 7.000 et 12.000 DH, se décline en piqueuses, colleteuses, boutonnières, ourleuses, ceintureuses, etc. Les équipements nécessaires à la coupe comportent la scie à ruban (110 à 150 DH), les chariots matelasseurs, etc. Le matériel de repassage comprend les générateurs à vapeur (environ 85.000 DH les plus simples), les presses (23.000 DH les thermocollantes). Les prix de ces machines sont variables selon qu'elles sont destinées à telle ou telle branche du secteur, explique M. Albert Tordjman, directeur commercial de Machinex. L'industrie du jeans exige le matériel le plus cher, le plus puissant car le tissu est plus lourd : par exemple, une Reece pour boutonnières coûte jusqu'à 160.000 DH; un bras déporté, pour le montage du jeans, coûte autour de 100.000 DH, la cein-tureuse 60.000 DH, l'ourleuse entre 40.000 et 450.000 DH. La branche de la chemise utilise le matériel le moins cher: machines de tricotage, piqueuses, surjeteuses, pose-boutons et boutonnière. D'après M. Tordjman, l'investissement dans un petit atelier de confection coûterait entre 600.000 et 700.000 DH. Dans la branche de la bonneterie le prix d'une surjeteuse se situe entre 19.000 et 21.000 DH, une triple-aiguille coûte dans les 45.000 DH et une recouvreuse dans les 40.000 DH. L'industrie du cuir utilise des machines appelées triple-entraînement, environ 50.000 DH ou double-entraînement au prix de 17.000 DH. Quant au système LECTRA qui reste le matériel le plus sophistiqué, il coûte entre 150.000 et 200.000 DH.

    B.L.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc