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    La stratégie de l'ABN AMRO pour l'ABM Bank

    Par L'Economiste | Edition N°:154 Le 17/11/1994 | Partager

    L'ABN AMRO pourra porter sa part dans l'ABM Bank jusqu'à 67% et compte développer sa filiale. Mais le repartage des parts au capital n'est pas aisé.

    L'ABN AMRO continue de se tenir ferment au côté de sa filiale marocaine: elle l'avait fait durant le redressement de 1988 à 1993 et puis encore à propos de l'affaire qui oppose ABM Bank et Goodyear Maroc; L'ABN AMRO presse sa filiale de procéder à une augmentation de capital de nature à faire changer l'ABM Bank de dimension. Cette augmentation débouche, de fait, sur une profonde restructuration du capital de la banque. "Nous avions toujours un problème avec notre filiale marocaine: nous y avions une responsabilité de 100% et c'était toujours vers l'ABN AMRO que se tournaient les autorités monétaires en cas de difficulté, mais notre pouvoir n'était en réalité que de 50%", fait remarquer M. Michael Drabbe, directeur de l'international de l'ABN AMRO.

    Il se félicite donc de ce que les autorités monétaires marocaines aient admis la possibilité de porter la part de l'ABN AMRO dans l'ABM Bank jusqu'à 67%, ce qui donne un réel pouvoir de décision.

    "Nous devons parvenir à une situation où nous serons responsables en ayant le pouvoir réel de décision", précise M. Drabbe, mais il récuse l'idée selon laquelle l'ABN AMRO voudrait éliminer ses partenaires marocains: "nous voulons que cette banque soit consolidée et nous voulons la faire fructifier, cela ne peut se faire qu'avec le concours des actionnaires marocains". Et il ajoute, sibyllin: "les actionnaires actuels et ceux qui nous feront confiance dans l'avenir".

    M. Drabbe admet néanmoins que le repartage des parts "n'est pas une chose aisée". Un conseil d'administration devait se tenir au moment de la Conférence de Casablanca sur le Développement du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, début novembre. "Les choses n'étaient pas encore suffisamment mûres", explique M. Azzeddine Mâach, directeur général de l'ABM Bank. Il s'est tenu le lundi 14 novembre 1994, à Amsterdam. Il a entériné la prise de participation à hauteur de 67% par l'ABN AMRO, confirmé le principe de l'augmentation de capital, mais sans fixer ce montant ni le partage des 33% restant aux mains des actionnaires marocains. En fait, la décision d'augmenter le capital est prise depuis dix huit mois, depuis que le redressement confié à M. Azzeddine Mâach s'est terminé. Auprès de la banque mère, la stratégie est nette: "nous sommes prêts à prendre l'intégralité des 67% maintenant permis par les autorités monétaires, et nous sommes même prêts à aller au-delà si cela devient possible", annonce M. Drabbe. "Ceci montre bien que nous sommes engagés auprès de notre filiale et partant auprès du Maroc", commente-t-il. L'ABN AMRO, qui est la 6ème banque européenne et la 17ème banque mondiale, voudrait "aller au-delà du simple apport financier" à sa filiale marocaine. La stratégie proposée est double et se place sur le long terme.

    D'abord, l'ABM Bank Maroc devra devenir une plaque tournante sur le continent africain, pour l'ABN AMRO. C'est ainsi que la banque hollandaise compte développer une présence autour de trois points d'appui: le Kenya et le Maroc où elle a deux filiales et l'Afrique du Sud où, l'embargo étant levé, la banque va s'implanter. "Avec ces trois points nous pouvons couvrir les besoins", explique M. Drabbe, "l'idée de tremplin marocain en direction de l'Afrique est tout à fait envisageable". Il compare avec la situation de sa banque au Moyen-Orient où l'implantation est plus forte et devra se développer avec l'instauration de la paix. Néanmoins, compte tenu des difficultés africaines, il ne s'agit pas d'une stratégie à court terme, concède-t-il.

    Au niveau proprement marocain, la communauté bancaire s'attend à ce que l'augmentation de capital de l'ABM Bank facilite la solution du conflit né entre elle et Goodyear, dont les audiences se poursuivent. Pour l'ABN AMRO, "il ne s'agit que d'une affaire maroco-marocaine, dans laquelle il n'est pas question d'intervenir". M. Drabbe ajoute qu'il revient "aux deux partenaires de trouver une solution adéquate"... "amiable ou judiciaire", laisse-t-il tomber. Il s'empresse d'indiquer qu'au niveau international les relations entre ABN AMRO et Goodyear Acron sont importantes et qu'ils ont décidé d'un commun accord de laisser l'affaire aux mains des entreprises de droit marocain. En revanche, l'ABN AMRO se montre plus entreprenante lorsqu'il s'agit de la stratégie locale de sa filiale. L'ABM Bank devra se développer sur plusieurs axes: l'ingénierie financière, les privatisations, le corporate et le consumer banking. Sur ce dernier point, M. Drabbe annonce qu'une étude est déjà en cours: "Nous voudrions lancer au Maroc ce produit comme nous l'avons déjà fait sur d'autres marchés, avec succès". Pour les privatisations, l'ABN AMRO considère qu'elle peut apporter des compétences, puisqu'elle a été souvent chef de file ou banque conseil, dans le monde: "nous avons déjà envoyé des experts auprès de l'ABM Bank" pour qu'elle devienne plus active sur ce marché.

    N.S.

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