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Affaires

Comment une société s’est fait arnaquer par son client

Par L'Economiste | Edition N°:1818 Le 23/07/2004 | Partager

. Falsification, détournement et intimidation, l’escroc ne recule devant rien. Il s’est même servi du compte d’un détenu pour duper son fournisseurMetales Mircas, groupe de sociétés spécialisé dans l’importation et la distribution de profilés aluminium (Metales Mercas, Socal et Africa Maroc), filiale du groupe espagnol Metales Extreuidos, a été victime d’une grosse arnaque. Le groupe vient de se faire gruger par un de ses clients d’un montant dépassant les 3 millions de DH. Selon les gérants de la société, l’affaire remonte à 2001. Cette année-là, Rachid B, gérant d’une société de carrelage et sanitaire à Meknès, propose une représentation au groupe à Meknès. La filiale du groupe espagnol refuse pour des «considérations de stratégie et d’image de marque», précise Véronique de Freitas, gérante. Quelques mois plus tard, le même client se représente pour une commande de 400.000 DH. Ce dernier a présenté 4 effets pour les mois de juin, juillet, août et septembre 2001, à raison de 100.000 DH par mois. Seulement, les effets ont été libellés au nom d’une autre personne, un certain Anas B. «Chose que nous avons refusée catégoriquement», tiennent à souligner les gérants de la filiale espagnole. Cependant, avec l’intermédiation d’un autre client, dénommé Hadj Toto, «ayant déjà fait preuve de sérieux» et qui s’est porté garant, l’entreprise a fini par accepter. Et s’est fait payer intégralement. Un an plus tard, le même garant propose une autre affaire: livraison de grandes quantités de profilés économiques pour des logements sociaux à Meknès. Il demande ainsi à la société de lui formuler une proposition de prix sur cette base. Quelques mois plus tard, un certain Anas B, celui dont le nom figurait sur les premiers effets, entre en jeu et demande à Mircas une nouvelle proposition de prix pour le même marché. Dubitatifs, les responsables du groupe Metales Mircas se sont rendus sur les lieux pour s’enquérir de l’importance du marché. «Nous avons même visité un dépôt sur place où la marchandise allait être réceptionnée et stockée», ajoute la gérante. Rassuré, le fournisseur livre la marchandise, par étape, contre des bons de livraison et des effets à 120 jours à partir d’octobre 2002. Le montant global est de 3 millions de DH contre une dizaine de tonnes de profilés et accessoires (charnières, joints, pommelles…). La première échéance, datant de juillet 2003, a été payée. «Il en a été de même pour la seconde», ajoutent les gérants. Mais juste après, le client a fait pression pour être livré intégralement afin de respecter les délais. Metales Mircas n’avait à ce moment aucune raison de douter de l’honnêteté de son client. Aussi, le groupe s’est-il exécuté et a livré la totalité en mars 2003. Et ce, contre des effets de Anas B, qui s’est présenté en tant qu’entrepreneur et associé de Rachid B, le premier larron. Toutefois, tenant à s’entourer de toutes les garanties, la société a tout de même mené des investigations sur la solvabilité de son client auprès de son agence bancaire à Meknès. «Mon client peut payer jusqu’à 500.000 DH par échéance», lui a confié le chef d’agence à Meknès. «Notre directeur d’agence, qui est de la même banque à Casablanca, nous a confirmé la même chose», ajoutent les responsables de Mircas. Mais là, coup de théâtre: à partir du moment où le tout a été livré sur chantier, les effets ont commencé à revenir impayés. Juste après, le fournisseur s’est rendu sur les lieux et a demandé à voir sa marchandise impayée. Pas de marchandise. Après enquête, il s’est avéré que le client l’avait déplacée dans une ferme située à Boufekrane, dans la région de Meknès. Des commerciaux de la société se sont rendus sur les lieux et ont découvert la marchandise, poursuit la gérante de Mircas. Aussitôt, la procédure pénale a été entamée avec un recours au tribunal de première instance (TPI) pour la saisie de la marchandise. L’entreprise a également tenté d’établir des contacts avec Rachid Boujemaâ, qui avait garanti que les traites de son associé allaient être payées, en vain. Un autre problème surgit: le groupe Mircas reçoit un courrier contenant des documents de Anas B, précisant qu’il était en prison en 2001, et qu’il n’avait signé aucune traite. Le bulletin de sortie de prison mentionne que l’intéresse a passé un an à la prison de Tétouan, entre février 2001 et février 2002. Chose qui confirme que le détenu et son compte bancaire ont servi de façade et d’homme de paille à un promoteur, R. B. «Ce dernier a loué un compte bancaire et le nom d’une personne pour faire ses transactions commerciales», ont déduit les plaignants. Pour l’heure, la marchandise est saisie auprès de la ferme appartenant à R. B. à Boufekrane et toute tentative de la récupérer, même en présence des forces de l’ordre, est écartée. Le fournisseur en revient bredouille. Tout simplement parce que R. B. ayant le bras long dans la région se fait accompagner d’une milice munie de gourdins.


Provision insuffisante

Même les relevés bancaires du détenu ont fait état de mouvements importants durant la période de détention. Le comble, c’est que la banque débitait les montants arrivés à échéance (100.000 DH par effet) avant le versement qui se faisait au nom du détenu. Or, l’intéressé n’a aucune ressource. Parfois, «certaines traites n’ont été débitées que 7 ou 8 jours plus tard, le temps que l’on procède à des versements», ajoutent les plaignants. Ce qui laisse déduire une connivence entre toutes les parties. Car, ajoute-t-on, les 4 effets ont été débités d’abord et payés ensuite. Une pratique peu orthodoxe bannie dans les milieux bancaires. Peu de temps après, aucun mouvement dans le compte et tous les effets envoyés sont revenus impayés. Motif: provision insuffisante, puis clôture du compte. J. R.

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