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    Comment l'ADER-Fès va se redresser

    Par L'Economiste | Edition N°:809 Le 13/07/2000 | Partager

    Une expérience de huit ans à optimiser. L'ADER-Fès (Agence de Dédensification et de Réaménagement) est la seule entreprise publique spécialisée dans la réhabilitation du patrimoine historique. Cependant, son parcours n'est pas sans embûche. Des égarements l'ont noyée dans une crise financière aiguë. Son directeur général par intérim, M. Fouad Serrhini, nous livre son plan de redressement.• Les difficultés financières empêchent la réalisation du projet de dédensification de la Médina• L'Agence doit se spécialiser dans la prestation de services- L'Economiste: Etes-vous satisfait des réalisations de l'ADER-Fès?- M. Fouad Serrhini: Oui, mais pas jusqu'à l'euphorie. Nous avons réalisé des actions importantes qui ont touché l'essentiel de la sauvegarde. Mais malheureusement, nous avons été contraints de laisser inachevés des projets que nous avions commencés alors que d'autres ont été totalement abandonnés.Il n'en demeure pas moins que depuis notre intervention en 1993, nous n'assistons plus à la mort de 10 à 20 personnes chaque année à cause des écroulements de constructions. Les 200 opérations que nous avons effectuées depuis ont bénéficié à plusieurs familles.De plus, l'infrastructure était très délabrée à l'intérieur de la Médina. Nous avions un réseau de près de 70 km à restaurer pour éviter que l'eau usée ne pénètre dans les habitations. Ce projet a été réalisé avec la participation du Fonds Arabe pour le Développement Economique et Social. C'est un programme en complémentarité avec les travaux actuels de la Régie de Distribution d'Eau et d'Electricité de Fès.- Quel est le bilan de la mission de dédensification de la Médina?- Rien. Depuis la création de cet organisme, nous n'avons disposé que du capital de la société. Tous les programmes que nous avons présentés n'ont pas trouvé de répondant. Donc nous nous sommes attaqués à la dédensification des activités. Nous avons achevé le projet, mais nous n'avons pas encore transféré les métiers. Or lorsqu'on crée une agence, il faut lui donner les moyens pour exécuter ses programmes.- On reproche à l'Agence ses opérations immobilières à l'extérieur de la Médina au point d'oublier sa mission principale.- L'Agence est autorisée à réaliser des lotissements pour générer des bénéfices et soutenir l'effort de sauvegarde de la Médina. Nous n'avons effectué que deux opérations jusqu'à maintenant et qui ne sont pas encore achevées. Nous sommes obligés de les terminer, il n'y a rien d'autre de prévu.- Comment se présente la situation financière de l'Agence et qu'envisagez-vous pour la faire redresser?- Nos pertes comptables se chiffrent à 43 millions de DH. L'auditeur parle de 77 millions de DH de pertes cumulées jusqu'à 1997. Ce faisant, il intègre les avances que nous avons encaissées comme pertes pour la simple raison que les contrats de vente n'ont pas encore été signés avec les clients. Dès que nous aurons concrétisé ceux relatif aux lotissements Aïn Chkef et Ryad, les écritures seront régularisées. Dans tous les cas, une subvention est nécessaire pour permettre à l'Agence de redémarrer. Mais nous ne savons pas encore quelle forme elle prendra peut-être une recapitalisation ou tout simplement une subvention. Du point de vue comptable, si la recapitalisation se fait en nature, par terrain, il serait difficile d'exploiter l'augmentation du capital. Le mieux est d'obtenir une subvention pour répondre aux besoins de trésorerie. Un plan de redressement a été préparé et approuvé par le comité directeur et la Banque Mondiale.- Quels sont les axes de ce plan de redressement?- En résumé, il y a des projets structuraux qu'il faut achever: l'assainissement de la situation avec l'ANHI concernant le projet de Aïn Noqbi et la Municipalité de Saiss pour le projet Ain Baraka.Le redressement financierdoit passer par une subvention de l'Etat dont nous avons déjà reçu 3,16 millions de DH par le biais du Ministère de l'Intérieur. Le plan envisage également le redéploiement du personnel. Nous étions 92 personnes, nous devons nous maintenir à un effectif de 50 à 60 employés. Un nouveau statut du personnel est en finalisation en vue d'une restructuration des compétences. De même, le plan prévoit une redéfinition de la mission de l'Agence qui devrait se spécialiser davantage dans la prestation de services. L'ADER doit commercialiser son produit. Nous avons des gens formés en matière de réhabilitation et qui attestent d'une expérience de terrain. Des villes du Royaume ont manifesté leur souhait de recourir à notre prestation. De cette manière nous pouvons dans l'avenir disposer de ressources nécessaires à notre pérennité financière. Nous avons déjà commencé avec Meknès et prochainement nous passerons à d'autres sites comme celui de Ouazzane. Ainsi, l'ADER retrouvera son chemin à partir de ses compétences. Propos recueillis par Khalid TRITKI et Anis MAGHRI


    Carte de visiteL'AGENCE pour la Dé-densification et la Réhabilitation de la Médina de Fès a été créée en 1989 sous la forme juridique d'une société anonyme, Son Capital est de 5 millions de DH, Son Conseil d'administration est présidé par le ministre de l'Intérieur et se compose des ministres de l'Habitat, de la Culture, des Habous, des présidents des conseils des collectivités locales et du wali. Si mission se résume dans la sauvegarde de la Médina de Fès Elle est habilitée à restaurer le patrimoine de la cité et de la dé-densifier. L'Agence permet de «réagir de manière très souple et rapide pour sauvegarder la Médina et son patrimoine historique«, précisent ses responsables. K.T.& A.M.
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