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    Code de la famille: Cap vers le rural

    Par L'Economiste | Edition N°:1724 Le 12/03/2004 | Partager

    . Les associations féminines entament de vastes programmes destinés aux femmes analphabètes . Leur apprendre leurs nouveaux droits en est le principal objectifVéritable mobilisation au sein des structures centrales et régionales de la quasi-totalité des associations féminines. Depuis la promulgation officielle en février dernier des nouvelles dispositions de la Moudawana, et même quelque peu auparavant, ces dernières travaillent d'arrache-pied à l'élaboration des programmes de sensibilisation et de communication autour du nouveau texte. Qu'elles soient partisanes ou indépendantes, ces associations se fixent pour objectif la vulgarisation du code de la famille, dont le Souverain a annoncé, à l'occasion du discours d'ouverture de la session parlementaire d'octobre, les grandes lignes réformatrices. De ce fait, ce 8 mars 2004 n'aura pas été tout à fait comme les autres. . Informer l'opinion publiqueProbablement à cause des événements d'El Hoceïma mais aussi et surtout parce que le laborieux travail fourni des décennies durant est parvenu ce 10 octobre 2003 à son couronnement. Plusieurs associations ont préféré annuler les événements prévus à cause du drame provoqué par le séisme. D'autres ont maintenu leurs activités. C'est le cas de la section de Rabat de l'Union nationale marocaine des femmes qui organisait mercredi 10 mars une table ronde autour du thème de la Moudawana. Destinée essentiellement aux femmes issues de milieux défavorisés et analphabètes, cette manifestation pointait du doigt un problème de fond posé par le nouveau code depuis sa promulgation: celui de la vulgarisation et la sensibilisation de toutes les classes sociales. En effet, au lendemain de la promulgation du texte, voire dès l'annonce des réformes, il s'agissait d'informer l'opinion publique sur les nouvelles dispositions. Plus que cela, il s'agissait d'analyser les méthodes de vulgarisation adéquates à même de permettre une application des textes en conformité avec leur esprit. «L'ampleur d'une loi ou réforme ne se mesure que par rapport à son acceptation au sein de la société», explique une avocate rompue aux affaires familiales. C'est certainement la raison pour laquelle il a semblé indispensable de former des juges en matière de droit de la famille matérialisé par le nouveau texte. «Le pouvoir légué au juge dans ce nouveau cadre peut, si ce dernier n'est pas suffisamment sensibilisé et formé, entraîner certains dérapages», explique un juriste, «notamment en matière de divorce ou de partage de la fortune acquise au cours du mariage». La formation des juges, maillon capital dans la réussite de la nouvelle vision sociétale, n'est pas seule en cause. La vulgarisation des nouvelles dispositions est également primordiale. «Le problème se pose particulièrement pour les femmes analphabètes et celles vivant en milieu rural qui, faute de moyens de communication, ne sont pas suffisamment, voire pas du tout au fait des changements qui s'opèrent dans la société», explique une militante de l'association. C'est essentiellement le travail de proximité qui compte. Le rôle des structures régionales est capital. . MentalitésCes dernières, au contact direct des populations éloignées des villes, ont dans leur majorité établi, en concertation avec les structures centrales, des programmes destinés aux femmes analphabètes. Lesquelles ne possèdent pas en effet les connaissances nécessaires pour comprendre ces dispositions. Le nouveau code de la famille est, bien plus qu'un texte législatif, un projet de société. «A travers le texte, nous cherchons à moderniser les modes de pensée et donc les mentalités», explique une militante pour qui «c'est là la tâche la plus difficile et la plus longue à réaliser». Dans les campagnes marocaines, les femmes, hormis l'analphabétisme, sont dépendantes économiquement. Cette situation rend encore plus difficile l'application des nouveaux textes dont le fondement essentiel repose sur l'égalité entre les conjoints. «Comment concevoir qu'une femme puisse demander à son mari de partager la fortune acquise durant leur vie conjugale alors qu'il a subvenu à ses besoins tout au long de leur union?» Cette question n'est qu'un exemple parmi tant d'autres qui pourraient être cités. C'est de mentalité dont il s'agit. Et son changement nécessitera de longues années. L'essentiel est surtout d'avoir entamé ce qui a semblé irréalisable depuis longtemps: réformer le code du statut personnel tout en préservant les fondements de la religion musulmane. Au sein des associations, le plus important est aujourd'hui non plus de militer pour un changement législatif mais d'assister les femmes en quête de droits pour prendre connaissance de ceux en application depuis le mois dernier.


    Le rôle capital des médias

    Au lendemain de l'annonce des réformes, plusieurs femmes représentatives de la société civile et des médias étaient conviées à participer au chantier de la sensibilisation. Le rôle des médias est particulièrement important. A côté du travail associatif de proximité, la télévision, média grand public, a pour tâche de vulgariser l'information relative aux nouvelles dispositions. Des spots ont été conçus et diffusés sur les deux chaînes nationales. Principal message: équité au sein du foyer et protection des droits des enfants. C'est d'ailleurs suite à ces spots que de nombreuses femmes se rendent dans les diverses associations pour demander de plus amples informations. Amale DAOUD

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