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    Clinique Al Hakim : 80 millions de DH d'investissements

    Par L'Economiste | Edition N°:85 Le 24/06/1993 | Partager

    Avec ses investissements de l'ordre de 80 millions de DH, la clinique Al Hakim est le plus gros engagement médical de ces dernières années, alors que sur Casablanca, l'offre médicale privée s'est fortement accrue depuis 18 mois.

    L'idée de construire une clinique avait été lancée par les Drs Joundi et Filali. Elle remonte à 1985-86, et l'établissement a commencé à fonctionner l'année dernière. La clinique compte aujourd'hui 81 lits, dont 10 pour la réanimation, plus 4 chambres de soins intensifs, cinq salles de chirurgie... Elle est construite sur six niveaux et 4.500m2. Elle a une particularité, l'urgence 24H/24, qui commande donc l'existence de spécialités lourdes, voire très lourdes. Un malade sur trois est admis à titre d'urgence.

    Bâtiment aux normes internationales

    L'établissement emploie 50 personnes à titre permanent et environ 150 autres à titre de vacation, non compris le corps médical proprement dit.

    Le bâtiment a été conçu par deux architectes, MM. Saïd Lahlou et Chakir Jaïdi, selon les normes internationales en matière hospitalière. C' est ainsi que les zones de circulation sont disposées en fonction des circuits dits propres-sales... et pour la petite histoire, le système de climatisation conditionnement de l'air a fait l'objet d'une thèse d'ingénieur à l'Ecole Mohammédia. Des concessions ont été faites au confort personnel du malade, peut-être au détriment de l'ergonomie du travail: il n'y a pas de salle vitrée. En revanche, il y a 4 suites (avec petit salon) et des chambres individuelles, y compris pour les soins intensifs.

    Juridiquement, la clinique Al Hakim comprend deux sociétés, une S.C.I. détenant le foncier et I 'immobilier, Promoclinique, et une société d'exploitation, Al Hakim propriétaire du matériel d'exploitation.

    La S.C.I. Promoclinique a un capital de 11 millions de DH et Al Hakim 200.000DH. Le capital des deux sociétés est détenu par les 26 médecins spécialistes qui exercent dans l'établissement, avec des parts qui ne dépassent pas 7%. Cinq autres médecins sont en cours d'intégration.

    L'endettement est très fort par rapport au capital, puisqu'il arrive à 80 millions de DH, prêtés intégralement par le Crédit Immobilier et Hôtelier. M. Bennani, directeur administratif, qui vient du Crédit du Maroc, indique que les "ratios d'éligibilité normaux pour le crédit n'étaient pas remplis", mais il se félicite de ce que le CIH "ait bien vu le Côté pilote du projet pour le soutenir".

    M. Bennani tient à être parfaitement transparent dans la gestion et annonce le niveau des remboursements: 12 millions de DH par an sur 7 ans. "Pendant des années, nous aurons forcément un compte d 'exploitation déficitaire", indique-t-il. "Nous ne pouvons pas répercuter sur nos malades l'intégralité des coûts dans les règles normales d'amortissements, et c 'est pour cela que nous avons besoin du soutien de notre banque", commente les Drs Joundi et Miko. La répercussion intégrale des frais financiers les porterait à 20% des charges d'exploitation.

    Dans ces conditions il est compréhensible que même s'ils ne maîtrisent pas toujours très bien le vocabulaire financier, les médecins promoteurs disent que "le projet leur fait un peu peur".

    Ils appellent de leurs voeux (mais "sans vouloir donner l 'impression de revendiquer") la remise en ordre de leur environnement réglementaire pour l'ensemble du secteur médical: généralisation des mécanismes d'assurance-maladie, tarification, vérification de la réalité des prestations et de la qualité des plateaux techniques...

    La dizaine de médecins qui font visiter l'établissement savent néanmoins par coeur le niveau du point 0: un taux de remplissage en phase de croisière, de 40% pour couvrir les frais de fonctionnement. Un lit vide coûte dans les 600 à 800DH/jour en moyenne, en raison de son plateau technique.

    Actuellement, la clinique qui se considère en phase de lancement, atteint un taux d'occupation de 28%, avec une plus forte concentration sur les spécialités de l'établissement, qui sont des spécialités lourdes: réanimation, soins intensifs, chirurgie...

    Taxes fortes

    Compte tenu des choix techniques d'investissements, la clinique n'a pas intérêt à pousser à l'occupation des lits pour les soins légers: la durée moyenne de séjour est de 3 jours avec un développement du système de soins ambulatoires. Ce niveau est bas par rapport aux moyennes constatées au Maroc.

    Les médecins connaissent aussi parfaitement les handicaps financiers: le tiers du financement par crédit sert à payer des taxes (droits de douane, PFI et TVA sur le matériel importé). En fait, en lançant le projet, les promoteurs pensaient qu'un code des investissements médicaux serait mis en place, ce qui n'a pas été le cas.

    La Clinique a aujourd'hui l'agrément de la Caisse des français de l'Etranger (1): "une preuve du niveau international dans les prestations et l'organisation", font remarquer M. Bennani et le Dr Fillali. Chacun de son côté, les médecins associés soulignent que les prix obtenus dans la clinique Al Hakim sont "très inférieurs à ceux obtenus en France, pour des actes comparables en résultats et en mobilisation du plateau technique". Ils ajoutent que "pourtant, les prix du matériel sont supérieurs". Le prix Al Hakim, hôtellerie comprise, se situe entre le tiers et la moitié, suivant l'intensité capitalistique des soins, du prix des hôpitaux publics français, tandis que le coût de l'équipement technique est supérieur de 20 à 80% suivant le taux de droit de douane, ou plus exactement suivant la catégorie dans laquelle se trouve placé l'équipement (2). 

    N.S.

    (1) Il s'agit d'un organisme de couverture financière des soins de santé, rattaché à la Caisse de Sécurité Sociale Française. Dans le système français l'agrément est donné selon plusieurs critères conjoints, dont la qualité des soins, l'organisation des services, le niveau d'équipement... mais aussi en fonction du coût des prestations et donc du prix de sortie du service.

    (2) Les médecins associés de la clinique citent deux cas qui les révoltent. Les lampes spéciales des salles d'opérations, les Scialytiques, sont taxées au taux maximum parce qu'elles sont classées dans la catégorie lustrerie. De même les lits spéciaux pour hôpitaux sont rangés dans la catégorie des meubles et sont à ce titre taxés au maximum.

    Forte motivation

    La clinique Al Hakim définit son produit (les médecins n'aiment pas du tout rencontrer ce mot à propos de leurs prestations) selon deux axes: les urgences et les spécialités. Les services qui ne sont pas disponibles sur place, comme les analyses biologiques réalisées par les laboratoires, sont acquis à la clinique par convention. Un petit test, effectué de nuit et un jour férié, a montré, avec le laboratoire Coudon, que 20mn après un appel téléphonique, le laborantin est arrivé avec son matériel. La culture d'entreprise développée autour de la clinique s'appuie l'organisation, la disponibilité d'un matériel très sophistiqué, I' alignement avec les normes internationales et pour le corps des spécialistes, la communautarisation des intérêts professionnels.

    C'est ainsi que, phénomène rare dans ce corps, il s'est créé des réflexes d'enchaînement des prestations entre les spécialités, lesquelles sont rendues possibles par la disponibilité du matériel et l'organisation du travail et de l'espace.

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