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    Nouvelle unité industrielle dans la pharmacie : Cooper s'allie à l'espanol Prodesfarma

    Par L'Economiste | Edition N°:85 Le 24/06/1993 | Partager

    Le 3ème groupe pharmaceutique espagnol s'implante au Maroc, en alliance avec un des plus gros fabricants et répartiteurs.

    Une nouvelle unité industrielle pour la production de médicaments sera créée par Cooper-Maroc et Prodesfarma, 3ème groupe pharmaceutique espagnol basé à Barcelone. Prodesfarma réalise un chiffre d'affaires de 2 millions de Dollars, emploie près de 1.000 personnes.

    Près de 60 personnes s'y consacrent à la recherche qui absorbe 14% de son chiffre d'affaires. Sa croissance est le fruit de deux stratégies:

    - absorption des petits laboratoires dans le mouvement de concentration qui caractérise le secteur en Europe;

    - réinvestissement des bénéfices réalisés: les 3 pharmaciens propriétaires (qui contrôlent d'autres activités) ne perçoivent aucun dividende.

    La nouvelle unité Prodescooper-Santé sera installée dans la zone industrielle de Tit Mellil sur un terrain de 2.000m2, dont 50% couverts. La conception est classique, répondra aux normes BPF (bonnes pratiques de fabrications, spécifiques à l'industrie pharmaceutique). Le bâtiment est divisé en 3 zones distinctes:

    - des aires de stockage, matières premières, articles de conditionnement et produits finis;

    - des ateliers de production de formes simples, dans un premier stade, sirops, comprimés, gélules,

    - des services administratifs et sociaux.

    Le montant global de l'investissement doit atteindre 10 millions de Dirhams, partagé entre les constructions et les machineries à parts égales.

    C'est une nouvelle avancée de l'industrie ibérique, à la recherche de nouveaux créneaux, après la saturation du marché intérieur. Habituée à de forts taux de croissance, après l'entrée dans la CEE, cette industrie cherche des "sorties", surtout qu'elle est touchée de récession mondiale. Dans l'industrie pharmaceutique marocaine, où jusque là ils étaient peu présents, les Espagnols confirment leur volonté de pénétration dans un secteur jusque là dominé par les multinationales de chimie françaises, allemandes, suisses et américaines. Prodescooper-Santé pourrait devenir une tête de pont pour d'autres laboratoires espagnoles. Jusqu'alors, Prodesfarma était représentée par Cooper-Maroc, avec une dizaine de produits fabriqués, et 200.000 à 250.000 boîtes vendues chaque année. "Satisfaits de ce 1er partenariat, nous avons décidé d'aller plus loin avec une joint-venture", explique M. Toorrens Iglesias, directeur général de Prodesfarma. Ils ont été encouragés par une structure d'accueil, c'est-à-dire, des entreprises qui tournent et des dirigeants qualifiés. Par ailleurs, le marché marocain devrait être porteur avec la généralisation progressive de l'assurance-maladie. La nouvelle unité pourrait également servir à l'export vers le Maghreb et l'Afrique. Prodesfarma exporte déjà vers prés de 60 pays et Cooper-Maroc vers la Mauritanie, l'Algérie et la Libye pour près de 15 millions de Dirhams (perspectives 1993). Un autre facteur qui a favorisé l'implication industrielle de Prodesfarma est la mise au point d'un produit leader, qui s'est déjà imposé en Europe. Il s'agit d'un anti-inflammatoire (médicament contre la douleur, et donc de large application) non-stéroïdien. Les grandes multinationales, habituées à distribuer leur science, à travers le monde, ont acquis une licence de chez Prodesfarma. Bayer l'a fait pour la première fois de son histoire, de même que Bristol Myer Squibb (le plus gros dans le monde), et Sanofi-Winthrop. Ce succès technique et commercial a convaincu Cooper-Maroc de ce projet commun. "Un de nos axes stratégiques est de nous lier aux laboratoires internationaux les plus performants en matière de recherche , affirme M. Jaouad Cheikh Lahlou, directeur général de Cooper-Maroc qui, dans ce sens, distribue l'AZT unique médicament anti-Sida de Wellcome.

    Un autre axe stratégique est de coller aux normes internationales en matière de qualité. Pour cela, Cooper investit près de 18 millions de Dirhams dans son usine de Tit Mellil, l'objectif étant la certification ISO 9000. Par ailleurs, le dirigeant de Cooper aime rappeler qu'il a choisi d'investir dans la formation. Le budget alloué est de I million de Dirhams pour un effectif de 465 personnes et une masse salariale de 32 millions de Dirhams.

    La nouvelle unité affirme donc une vocation industrielle de Cooper. L'entreprise s'éloigne ainsi de son ancienne identité de répartiteur. Cooper-France s'était installé à Casablanca dès 1933 pour une activité de répartition. "La maison du pharmacien" est devenue Cooper-Maroc en 1965. Depuis, elle fabrique quelque 160 spécialités sous licence d'une quinzaine de laboratoires et continue de distribuer pour l'ensemble du secteur ses confrères industriels.

    Ce nouveau projet Prodescooper-Santé infirme les craintes de voir les laboratoires étrangers abandonner l'industrialisation au Maroc et se contenter d'y vendre, ce qu'ils auraient fabriqué dans une Europe avide d'emplois. La "déprotection" négociée par l'AMIP (Association Marocaine de I' Industrie Pharmaceutique) a abouti à un compromis incitant à la production locale. Ainsi les droits de douane:

    - ont été baissés sur certaines matières premières de 2,5et 17,5%à 0%;

    - ont été baissés de 40à25% sur les articles de conditionnaient spécifiques au médicament, mais "réajustés" de 22,5% à 25% pour ceux utilisés par d'autres activités;

    - réduits de 12,5% à 0% pour les produits finis non fabricables au Maroc (anti-cancéreux, vaccins, insulines humaines). Aucune protection n'est nécessaire. Les répercussions sur les prix sont attendues;

    - relevés de 12,5% à 30% pour les produits fabricables, ce qui devrait encourager à leur industrialisation

    K.B.

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