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    Entreprises

    Journée AMTE sur le financement des entreprises : Taux d'intérêt: Baisse économique ou mécanique?

    Par L'Economiste | Edition N°:85 Le 24/06/1993 | Partager

    La réforme du système financier ouvre de nouvelles perspectives de financement à l'entreprise par un marché plus concurrentiel et plus dynamique. L'AMTE a organisé un séminaire pour réfléchir sur les sources nouvelles pour le financement des entreprises.

    QUELLES ressources nouvelles pour l'entreprise? Dans cette phase de morosité, les problèmes de financement restent assurément l'une des questions brûlantes de ce premier semestre. Ce sujet est d'autant plus actuel que les contours d'un nouvel environnement financier sont en train de se dessiner. En attendant la mise en application de la loi bancaire et du projet de réforme de la bourse, les autorités monétaires mettent progressivement en place les jalons de ce système financier. Celui-ci devrait être notamment caractérisé par l'apparition de nouveaux instruments financiers et par une concurrence plus accrue.

    Open market

    Face à cette nouvelle donne, M. Mohamed Sagou, directeur de cabinet du ministre des Finances, a ainsi souligné que les pouvoirs publics sont en train d'installer le système bancaire dans la confiance et l'ouverture. Cette démarche avait été amorcée depuis le milieux des années 80 avec le démantèlement des frontières entre les OFS (Organisme Financier Spécialisé) et les banques commerciales, la libération progressive et prudente des taux d'intérêt. La réforme a franchi un pas supplémentaire en 1991 avec le désencadrement du crédit. Cette situation a rendu nécessaire la mise en pratique des moyens indirects de contrôle de la masse monétaire avec la possibilité de développer l'open market (Intervention de la Banque Centrale sur le marché monétaire par l'achat ou la vente d'obligations à chaque instant de la journée avec l'idée de faire descendre ou monter les taux d'intérêt).

    La maîtrise de l'inflation

    Parallèlement a ces réformes, l'Etat avait entrepris une gestion plus rigoureuse des finances publiques. L'objectif était clair: assainir les comptes de l'Etat et maîtriser l'inflation.

    La maîtrise de l'inflation entraîne de facto des rendements élevés et par conséquent, ouvre le terrain aux capitaux étrangers. M. Sagou a souligné que "les conditions de l'ouverture sur les finances extérieurs sont maintenant réunies".

    Il a auparavant précisé qu'il fallait faire en sorte que la panoplie de réformes entraîne l'amélioration des conditions de financement de l'entreprise.

    En substance, il a ajouté qu'il était nécessaire d'aller plus loin dans l'amélioration du financement de l'entreprise par l'utilisation des instruments financiers extérieurs. Cette politique est d'autant plus favorable que le Maroc est considéré comme un marché émergent (pays où les placements ont un rendement financier très élevé).

    Dans ce cadre , M. Sagou a insisté sur le fait que les entreprises doivent cesser d'axer leur source de financement sur les ressources bancaires internes. L'ouverture doit en effet être exploitée: un clin d'oeil aux opérateurs économiques pour les inviter à rechercher des financements extérieurs.

    Il a par ailleurs souligné que le rapport banque-entreprise doit maintenant évoluer et qu'il est nécessaire de sortir du cadre traditionnel. Pour lui, une concertation est toutefois nécessaire pour suivre l'ensemble de la réforme tant au niveau de son application que de son amélioration.

    Marché interbancaire

    L'exposé de M. Sagou a suscité quelques réactions, d'autant que cette rencontre était l'une des premières occasions après la publication de la circulaire sur la libéralisation des financements extérieurs. L'absence de M. Sagou, lors des débats, n'a pas permis d'apporter des réponses à un certain nombre de questions. Cependant, les avis ont convergé sur la nécessité de prévoir des produits de couverture.

    M. Maktouf, président de la banque Edmond de Rothschild à Monaco a dans ce cadre précisé que le cadre institutionnel est fondamental, en plus du respect des règles du jeu.

    En ce qui concerne les sources de financement internes, M. de Maynadier, consultant dans un cabinet américain (il travaille actuellement sur la dynamisation de la bourse), a souligné que la restructuration du marché financier n'est pas facile. Pour lui, ce marché n'est pas encore structuré. La tendance est à la sectorialisation, alors que le marché financier est unique, a-t-il précisé. De son analyse, il ressort que le marché monétaire reste important pour l'économie. C'est le préalable à l'open market.

    A cet effet, il a précisé que la création d'un marché interbancaire réel et transparent s'impose avec la possibilité pour les entreprises d'y accéder.

    Coût du crédit

    Ce marché interbancaire devrait leur permettre une plus grande facilité de gestion. Ainsi, a-t-il souligné, elles passeront de la "trésorerie de gestion" (opération courante) à la "gestion de trésorerie" avec la création d'un véritable centre de profits. En effet, les entreprises pourraient, dans le scénario envisagé par M. de Maynadier, placer librement, à court terme, leurs excédents de trésorerie en fonction des taux déterminés par le marché.

    Pour l'instant, les financiers restent préoccupés par le coût du crédit avec cependant l'espoir de voir les taux baisser d'ici peu.

    Toutefois, il est noté que le fléchissement annoncé pourrait être mécanique mais non économique. En effet, pour ce qui est des crédits de trésorerie, les taux plafonds sont déterminés sur la base du taux de référence mensuel (coût moyen pondéré des dépôts à 6 mois collectés par le système bancaire durant le mois précédent) augmenté d'un tiers. La baisse devrait provenir de la baisse de la majoration d'un tiers "imposée" par la autorités monétaires, ce qui risque d'entraîner davantage la sélectivité du crédit, annoncent quelques banquiers.

    A.D.N.

    De nouveaux métiers pour la banque

    L'existence d'un marché financier devrait rééquilibrer le système de financement des entreprises par une allocation optimale des ressources avec en toile de fond une meilleure collecte de l'épargne.

    Il constitue un avantage pour l'Etat, l'épargnant et l'entreprise. Pour M. Douiri de Casablanca Finance Group, l'absence d'un marché financier entraîne plusieurs distorsions:

    les banques supportent le financement des entreprises,

    la croissance des entreprises est liée à celle des disponibilités,

    la concurrence est inexistante au niveau des taux,

    l'éventail de placement est faible pour l'épargnant,

    l'Etat n'est pas soumis à la concurrence.

    Un marché financier génère toutefois des défis pour la banque. Il peut notamment entraîner la hausse du coût des ressources et la perte des clients les moins risqués ainsi que le développement d'une concurrence plus accrue. Cependant, la banque pourrait évoluer vers de nouveaux métiers, entre autres le conseil en haut de bilan, en privatisation ou en ingénierie patrimoniale, le courtage, le capital risque, la gestion d'actif pour le compte de tiers et la gestion de participations industrielles.

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