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    Chaouia-Ouardigha
    Reportage à Sidi Rahal
    Trop beau et toujours pas trop cher

    Par L'Economiste | Edition N°:2569 Le 13/07/2007 | Partager

    . Simple campagne à l’origine, la station balnéaire s’est métamorphosée. Les complexes touristiques y fleurissentDes villas, une plage qui monte et quelques cafés: Sidi Rahal. Une belle ville. Une très belle ville.Quand j’y ai campé la première (et la dernière) fois, il y a plus de 20 ans, c’était encore une campagne. Souvenirs d’enfance. Le sable était peuplé par des espèces d’épines étranges: elles ne piquaient, étrangement, pas. Quant à l’infrastructure, il n’y avait pas grand-chose: juste un café qui se transformait en boîte (le mot est bien trop grand) le soir pour danser chaâbi. Normal, on est dans la Chaouia. Sinon, on pouvait y regarder l’inévitable TVM. Je ne sais pas pourquoi les images me reviennent aujourd’hui en noir et blanc. Est-ce parce que c’est trop vieux ou est-ce parce que les programmes étaient, ce qu’on en sait tous, monotones?D’ailleurs, pourquoi fallait-il aller au café pour regarder la télé? Bonne question. La réponse est que les tentes (camper c’était, forcément, dans des tentes) ne disposaient pas de source d’électricité. Je plains les pauvres femmes qui ne pouvaient pas squatter l’unique café du coin. Je me demande comment faisaient-elles pour passer leurs soirées sans télé? Mystère.Il y avait aussi le four du quartier. Amener le pain à ce four était une course que je détestais tout particulièrement. Il était trop loin et il fallait marcher longtemps avant d’y arriver. Mais, ce n’était pas là le problème. Le problème était qu’il faisait tous les jours trop chaud. Marcher le soleil au-dessus de la tête n’était pas ce qu’il y a de plus cool. Heureusement, la plage offrait beaucoup de fraîcheur. Pour moi, c’est incontestablement l’une des plus belles plages. Aujourd’hui, elle l’est de plus en plus. Beaucoup de monde veut y avoir une deuxième résidence ou une habitation principale tout court. Elle est à peine 30 Km de la métropole économique. Les entrepreneurs y ont flairé un potentiel sûr et certain. Chaâbi, le patron de Ynna Holding, va y investir 300 millions de DH pour la construction d’un complexe touristique et résidentiel (www.leconomiste.com).Un certain Basaadoun est passé par là avant lui. La rumeur locale dit qu’il est député. Google ne le reconnaît pas. Ce n’est pas pour autant que le personnage n’existe pas. Il est le président de SCI Hamria 2, le promoteur du complexe Garden Beach. Un petit bijou à quelques encablures de la mer. «Le projet a été consacré au Smap Immo 2006», déclare fièrement un employé de l’entreprise. Le ton est un brin moins enthousiaste quand on lui demande s’il possède un appartement dans cette belle résidence balnéaire. Pour lui, «c’est trop cher»: 13.000 dirhams le m2. Au début, ce prix était de 10.000, rien que ça! N.B: Les appartements avec vue sur mer sont tous vendus. Il ne reste que les appartements à l’intérieur du complexe. Mais, il ne faut pas plus de 5 minutes pour embrasser la belle côte.Les maisons partent comme des petits pains. Sur place, on raconte que l’on a offert à un propriétaire 600.000 dirhams de plus que le montant qu’il a déboursé au moment de l’achat. Mais il refuse toujours de vendre. Comparés aux prix casablancais, les 13.000 dirhams le mettre carré, restent attrayants.Fort de son succès, le Garden Beach va bientôt avoir sa réplique: 3 hectares et 189 appartements livrables l’été prochain. Bassaadoun possède aussi des terrains aménagés qu’il vend en petits lots pour villa à 3.000 Dh le m2. Les terrains sont juste derrière le Garden Beach. Les villas constituent l’essentiel des constructions de la petite station balnéaire. Si vous vous y rendez un jour, il vous serait difficile de ne pas remarquer, aux coins des rues verdoyantes, la profusion des tableaux indiquant: «vente, location…» avec un numéro de téléphone, généralement un portable. Ce sont les agences immobilières maison. Il y a de tout: villa avec vue sur mer ou plus à l’intérieur, avec jardin et piscine. Si ces critères déterminent fortement le prix, l’élément décisif est le statut de la propriété. Un peu compliqué. En fait, tous les terrains ne sont pas titrés. Pour être plus exact, la majorité ne l’est pas. Quand le terrain est titré son prix ou celui de la villa qui est construite dessus varie du simple au double. Exemple: un terrain de 220 m2 est vendu, sans titre, à 340.000 de DH. Le prix grimpe à 650.000 quand il est titré. Une villa sur mer d’une superficie de 450 m2 coûte 2,4 millions de Dh. A superficie et emplacement égaux mais avec titre en plus, le prix flambe à 6 millions de Dh. Une différence énorme. C’est le spread lié au risque.Quand on cherche une explication à cet écart spectaculaire des prix, les agents immobiliers informels disent qu’il n’y a aucune différence en terme de propriété effective entre un bien acheté avec titre et un autre qui fait l’objet d’un contrat de vente seulement. La différence réside, selon eux, dans le fait que le titre donne la possibilité de contracter un crédit immobilier pour financer son achat. La fameuse hypothèque. Ce n’est pas le cas pour l’autre formule. Une nuance de taille.Mais, après avoir creusé davantage, il s’est avéré que les terrains font l’objet de titres collectifs. «Leur divisibilité se heurte à un blocage de la part du ministère des Habous», confie un promoteur. Les terres initialement propriété d’une famille de chorafa faisaient partie des Habous. Le département aurait levé la restriction pour permettre leur aménagement, mais la levée n’a pas été totale.Toutefois, «il ne faut pas que ce soit une source de méfiance pour les gens», commente un employé de la commune de la plage. Argument de choc: «Même le terrain sur lequel est construite cette administration n’est pas titré», assure-t-il. Une chose est sûre, «Bassaadoune, lui, il vend avec titre», selon ses employés. L’Etat ne peut pas être partout le plus fort.Sidi Rahal, ce n’est pas que la plage, c’est aussi douar Attanmia (le développement!). La route d’Azemmour sépare les deux mondes. L’expression monde n’est en rien exagérée. Quelques mètres séparent la ville superchic de la campagne. Odeurs de mechoui et de thé à la menthe vous annoncent la couleur. Une ambiance festive qui cache un quotidien pas forcément aussi joyeux. Habitat insalubre et poussière à volonté: le Sidi Rahal de mon enfance? Peut-être. Mais ce ne sera pas le cas pour longtemps. Bassaadoune a déjà investi les lieux pour y installer son Riad. Plus loin, une nouvelle ville verra le jour. Elle sera faite de logements économiques. Mais, attention à ce que économique ne rime pas avec défavorisé.La frustration de ne pas habiter dans l’une des villas d’en face risquerait d’être désastreuse.Nabil TAOUFIK

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