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    Economie

    Ces Japonais qui investissent le Maroc
    Votre fermeture à glissière est...YKK

    Par L'Economiste | Edition N°:2405 Le 21/11/2006 | Partager

    . Le site de production est basé dans la ZI d’Aïn Sebaa. Zara, Mango, Nike, Décathlon, Alain Manoukian, Levi’s… . Informatisation et encadrement importantsSi vous portez du Zara, Mango, Nike, Decathlon, Alain Manoukian, Levi’s… votre fermeture à glissière est sûrement signée YKK. Le fabricant des fermetures éclair de ces marques est basé à la ZI d’Aïn Sebaa. A l’international, le groupe est leader mondial sur le marché des produits et accessoires d’attache. Les produits YKK sont présents aux quatre coins du monde: des combinaisons de plongeurs sous-marins aux défilés de mode, des cartables scolaires aux vêtements techniques de plaisanciers et des astronautes.Filiale de YKK Fastenning Japan, l’unité casablancaise est le fruit d’un investissement direct à 100% japonais. L’investissement initial était de 3 millions d’euros (environ 33 millions de dirhams). Compte tenu de l’évolution de son marché, YKK projette une deuxième phase d’investissement. Le management envisage de passer à la vitesse supérieure via un plan d’investissement de 7 millions d’euros entre 2007 et 2010. Autre investissement dans le pipe: l’acquisition d’un terrain de 40.000 m2 et l’importation de machines YKK de dernière génération. Et c’est la politique maison: «La démarche YKK est de commencer petit et d’assurer une extension exponentielle dans un second temps», explique Nadir El Alami, responsable administrative et financière. Dans l’usine, le cadre est très sobre. La segmentation des tâches est développée à l’extrême, et les cadences sont trop élevées. Un suivi pointu est effectué via des PC. Des logiciels dédiés gèrent l’ensemble des étapes de la production. L’avantage de l’informatisation du process est qu’en cas de défaillance, l’incident est détecté de manière instantanée. Autre atout: un progiciel gère l’ensemble des tâches (achats, stocks, comptabilité, facturation…)Encore une fois, le management chez YKK privilégie la discipline, un respect quasi religieux de la hiérarchie. Le top management accorde beaucoup d’importance au respect des horaires. C’est sacré. Le souci réglementaire est aussi poussé à l’extrême. «Les législations du travail des pays où sont implantés nos sites de production sont respectées à la lettre», signale un cadre. D’ailleurs, dès l’entrée de l’usine, les textes réglementaires, législation de travail et notices de sécurité, sont placardés.Là aussi, un code couleur est adopté dans la répartition des tâches: les opérateurs en blouse bleue, les opératrices en tabliers blancs. A posteriori, le contrôle et l’emballage ont eux aussi leurs coloris. Les couleurs déclinent également le statut et les tâches de chacun. Pour sa part, l’espace bureaux et encadrement est très sobre. Un silence religieux y règne. Répartis en open spaces, les bureaux favorisent la synergie et la cohésion entre les différents services: transit, production, achats, commercial, administratif, DG… Le tout dans un même espace de 200 m2 décloisonné et communiquant. Le schéma de production de cette unité de production basée à Aïn Sebaa repose sur le nombre important de machines. Des appareils faits maison, développées par YKK Japan, qui a sa propre branche ingénierie et machines. Le groupe est intégré à 100%. Sa particularité est qu’il fabrique lui-même ses propres machines YKK au Japon. Le mot d’ordre: pas d’outsourcing, encore moins la dépendance en machinerie. «Si le groupe tient à fabriquer lui-même l’ensemble de ses machines, c’est dans un souci de maintenir les standards de production maison», explique El Alami. Le principe chez YKK est de mettre 1 personne sur 8 machines.Ce qui explique le nombre réduit de membres du personnel (37 seulement et qui passera à 50 fin 2006. L’objectif est de recruter 100 personnes en trois ans). En revanche, le taux d’encadrement est assez élevé, comparé à la production. «C’est une technologie extrêmement pointue qui ne demande pas beaucoup de main-d’œuvre, mais une précision millimétrique est de mise», poursuit le responsable. L’informatisation très poussée du process et l’un des facteurs de réussite à YKK. Mais la sécurisation des machines est tout autant importante. «Toutes nos machines sont dotées d’un système de sécurité. Le moindre incident est non seulement détecté à temps mais relayé en temps réel au groupe. C’est très interactif», précise Saïd Bellouki, responsable production.Autre particularité: tous les intrants sont développés par le groupe, sauf quelques rares matières premières. Le management de l’unité casablancaise est assuré par un patron japonais.Dans tous les départements YKK, on ne jure que par la formation. Des modules croisés intergroupe (encadrement et productions) sont régulièrement tenus. Des stages sont également effectués en Europe et au Japon. La R&D est impérative. «C’est un management évolutif, et les techniques ne sont pas figées non plus», précise le responsable production.Les arguments de la filiale marocaine sont de taille: «Design, large gamme de coloris, finitions, texture et qualité de fabrication sont autant d’éléments qui font notre valeur ajoutée», précise El Alami. D’autant plus que «nous assistons nos clients dans le développement de nouvelles collections et des tendances à venir». La marque YKK est aujourd’hui déposée, selon les marchés, sous les labels Tape Craft, Stocko ou encore BDM. L’estampille la plus connue reste YKK. Le groupe adopte une stratégie de communication interfiliale en temps réel via un logiciel (IBM Global Network Service). Ce qui permet de gérer les commandes dans le monde, les délais de production et l’approvisionnement en matières premières. «Notre démarche de communication permet de donner des réponses assez rapides à nos fournisseurs et des délais fixes. La notion du temps est capitale dans le secteur de la confection», tient à souligner le chef de la production.L’avantage de YKK Maroc, elle le puise aussi de la forte tendance récente de délocalisation de sociétés de prêt-à-porter espagnoles, françaises, italiennes… vers le Maroc «L’Europe se repositionne. En délocalisant la production, elle fait le choix de se spécialiser dans des technologies de pointe. Et c’est plus avantageux d’externaliser le textile». Le Maroc se doit de saisir cette opportunité. Pour l’heure, la Tunisie est plus attractive, mais l’avantage proximité est plutôt en notre faveur, tient à souligner El Alami. Les ALE avec les USA, la Turquie sont aussi un atout de taille.


    2 millions de km de fermeture éclair

    YKK signifie Yoshida Kogyo Kabushikikaisha (Yoshida SA). La société a été fondée au Japon le 1er janvier 1934 par Tadao Yoshida. YKK Maroc produit les fermetures à glissière, les rubans, les boutons pression, les boucles en plastique pour le compte de grands groupes étrangers de prêt-à-porter. L’équipe est coachée par 2 managers japonais, un DG et un business planner. Le QG de YKK est basé à Tokyo. Ce dernier gère aussi des filiales en Chine, à Hong Kong, en Corée du Sud, à Taiwan… Aujourd’hui, la production totale annuelle des fermetures à glissière des usines YKK dans le monde est supérieure à 2 millions de kilomètres. YKK Maroc relève plutôt du groupement Emea avec la Tunisie, l’Egypte, l’Afrique du Sud… A l’origine, YKK Maroc était présent via un bureau de liaison au Maroc. Ensuite, l’unité est devenue une succursale de YKK France. A partir de février 2005, elle s’est transformée en société de droit marocain. En 2003, la société produisait 8.000 pièces par mois. Aujourd’hui, elle en est à 1 million d’unités. En 2006, le management prévoit de réaliser un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros contre 3,6 millions d’euros de chiffre d’affaires un an auparavant. A. R.

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