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    Economie

    Ces Japonais qui investissent le Maroc
    Sews Cabind: Le câbleur d’Alfa Romeo et Fiat

    Par L'Economiste | Edition N°:2405 Le 21/11/2006 | Partager

    . L’usine est implantée dans la ZI de My Rachid à Casablanca. La qualité avant la productivité. Un tapis vert antistress pour les opératrices SEWS Cabind Maroc, le spécialiste japonnais des faisceaux de câbles, fait des émules. A peine installée en 1999 à Casablanca, la société passe à la vitesse supérieure. Elle vient de lancer une deuxième unité à Berrechid (août 2006) et emploie quelque 4.000 personnes. La filiale du Japonais Sumitomo Electric Wiring System a réalisé un chiffre d’affaires de 600 millions de DH en 2005. L’ensemble de la production de ce spécialiste japonais des faisceaux de câbles est destiné à l’industrie automobile, et 100% à l’export. Ses donneurs d’ordre sont Fiat Turin, Alpha Romeo et Iveco. La production est destinée à Fiat Turin, laquelle la réexporte vers ses usines de Madrid, Milan ou encore en Allemagne. Evaluée en termes d’heures, la capacité de production chez Cabind, est l’une des sources de fierté de l’entreprise. «Entre les deux unités, nous réalisons plus de 300.000 heures par mois», s’enorgueillit Adil Chaloune, directeur adjoint. Les clés du succès de cette manufacture, le management l’attribue essentiellement au mode de travail et au process japonais. Un cadre nuancer: le management japonais n’a rien d’exceptionnel, c’est plutôt son degré d’implication, la rigueur et le sens de responsabilité qui payent à la fin. Le respect des horaires et la régularité dans le rendement y sont pour beaucoup, poursuit-il.Ce qui est plus important à retenir, selon ce cadre qui a passé plusieurs stages au Japon, «c’est que les Japonais n’ont pas le complexe des peuples colonisés». Chez Cabind, l’ensemble de l’environnement du travail s’articule autour de la règle des 6 S: Seiso (nettoyer), Seiketsu (maintenir propre), Seiri (ranger), Seiton (maintenir le bon rangement), Shitsuke (discipline), Shukan (habitude).Chaque étape est suivie par une action qui corrobore la précédente. Le principe est de faire de l’environnement du travail la base de la sécurité à l’instar des méthodes de production au pays du Soleil levant: un opérateur par poste, le sens de l’organisation, l’ordre, la simplicité et l’efficacité du premier coup. Une machine bien huilée. «L’objectif de cette démarche n’est pas simplement d’entretenir le site du travail mais de rendre cet environnement favorable à la production, d’une manière rapide, efficace, facile, agréable et sécurisée», résume Adil Chaloune. C’est dire que la maison mère est catégorique et fait de la qualité son cheval de bataille. Pour bien ficeler le dispositif bien ficelé, des stages sont régulièrement organisés au Japon pour le compte de l’encadrement marocain. Cinq cadres du comité de direction en ont déjà bénéficié. L’intérêt, selon un bénéficiaire, étant s’enquérir de la culture maison, des méthodes et process utilisés sur les sites de production… «Des tournées de groupes relevant des différentes filiales dans le monde se tiennent à Tokyo pour s’imprégner des techniques de reporting, des benchmarks inter-pays et filiales», souligne le directeur financier.A Casablanca, les opérateurs disent maîtriser la règle des 5 W. Comme dans le journalisme, les ouvriers se posent 5 questions (pourquoi, quand, comment, où et qui ?) à Cabind. Une pratique assez courante dans cette usine qui permet de détecter la source du problème en cas de défaillance technique. Des reportings se font en temps réel à la maison mère pour signaler les incidents et en tirer des enseignements. Chez Sews Cabind, «la qualité vient en tête de liste des objectifs de l’entreprise, elle est située bien avant la productivité», fait-on valoir au sein de l’usine. Aussi, toutes les mesures sont-elles prises pour que la sécurité du personnel soit intégrée tout au long du processus de production. Des visuels, pancartes et notices illustrées le rappellent à chaque étape de la production.Les ouvriers marchent sur un tapis spécial. Vert écolo, ce tapis «antifatigue», qui ressemble au gazon artificiel, amortit le stresse et repose les pieds. Autre procédé propre à la culture nipponne: le système d’évaluation. Pika Pika, c’est son nom. Une appellation qui s’inspire du registre des dessins animés japonais, connus sous l’appellation Manga. Mais là, il ne s’agit pas de distraire mais de procéder à une évaluation, des audits qui suivent l’entreprise comme l’individu tout au long de sa carrière. Une notation standardisée au niveau de l’ensemble des unités du groupe et partout dans le monde. La particularité du système de management chez Cabind, c’est que «l’ensemble des décisions stratégiques du comité de direction se prennent à l’unanimité», précise Chaloune. Dans la culture japonaise, poursuit-il, rien n’est imposé. C’est plutôt donner la vision pour trouver le consensus. «Partager les mêmes objectifs suppose de partager les mêmes valeurs». Et ce, à l’encontre du management occidental, où le top management tranche lors des conflits fréquents entre la production et le commercial. Une approche qui se heurte souvent à la culture locale à Cabind. A Casablanca par exemple, ce n’est pas toujours facile de trouver l’unanimité, reconnaît un directeur. Il arrive que des résistances et divergences d’ordre culturel surgissent, et c’est tout à fait normal. De plus, l’attitude ou encore l’humeur des managers japonais n’est, parfois, pas facile à décrypter. «Contrairement aux Méditerranéens, l’attitude et physionomie des Japonais renseignent très peu sur leur humeur. On ne sait jamais s’ils sont contents ou nerveux!», raconte un haut cadre à Cabind, le sourire en coin.


    Les 6 S de Cabind

    LE système de valeurs de Sews Cabind est principalement basé sur la formule classique des 6S: Seiso (nettoyer), Seiketsu (maintenir propre), Seiri (ranger), Seiton (maintenir le bon rangement), Shitsuke (discipline), Shukan (habitude). Le principe est de faire de l’environnement de travail la base de la sécurité, à l’instar des méthodes de production en Extrême-Orient. Chaque étape est illustrée dans le détail. A titre d’exemple, au terme de son shift, l’opérateur doit procéder à «Seiso». Une opération qui consiste nettoyer son poste, éliminer les rebus. A Cabind, nettoyer sous-entend de tout vérifier. Vient après «Seiketsu»: maintenir propre. Ici, la redondance n’est pas fortuite. C’est un procédé de conditionnement qui permet de changer les habitudes, s’assurer de l’efficacité de son action et observer instinctivement des règles élémentaires. L’intérêt est que l’exception devient la norme. Pour ce faire, Sews Cabind investit dans des programmes de formation pour le personnel. Une bonne partie des opérateurs et agents de maîtrise suivent des cours de japonais dans une faculté proche de l’usine. En plus des contrats spéciaux de formation, l’entreprise tire aussi profit des avantages de l’article 17 de la Charte des investissements pour une prise en charge partielle, par l’Etat, de coûts liés à la formation professionnelle de son personnel.Amin RBOUB

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