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    Economie

    Ces Japonais qui investissent le Maroc
    A Yazaki, le Toyotisme n’est pas mort

    Par L'Economiste | Edition N°:2405 Le 21/11/2006 | Partager

    . Installée à TFZ, cette unité de câblage est sous-traitant Nissan. Optimisation, simplification et élimination des redondances… . Une logique qui se base sur l’élimination des temps morts Derrière chaque succès, il y a une histoire. Et c’est la raison pour laquelle les grandes firmes japonaises s’inspirent du modèle Toyota. Yazaki ne fait pas l’exception. Pour cette entreprise japonaise, installée à Tanger et dont le lancement a été piloté depuis le Portugal, quelques spécificités subsistent. Le Toyotisme n’est pas mort à Tanger: optimisation, simplification et élimination des redondances. Ce sont les axes qui guident la gestion de la production au sein de cette entreprise (voir encadré). La clé de voûte du système de gestion que Yazaki adopte se trouve largement inspiré du management visuel, explique Rachid Bettioui, responsable de la production au sein de Yazaki Morocco. Ce qui peut paraître anecdotique, relève ici de la plus grande importance. La couleur des blouses des opérateurs par exemple renseigne amplement sur ce mode. Pour les opérateurs encore en période de stage, avec moins de trois mois au sein de l’entreprise, la couleur orange est de rigueur. Ainsi, sur un simple coup d’oeil, le responsable de la chaîne peut savoir qui fait quoi au sein de sa chaîne. C’est le cas aussi pour l’auditeur qui peut auditer une chaîne de fabrication sans pour autant perturber son fonctionnement. En dehors du département de production, chaque service porte une couleur différente: gris, vert et enfin vert foncé pour l’administration. Chaque employé est tenu de porter sa blouse au sein de l’entreprise, du simple opérateur au top-management. Le management visuel est porté dans sa logique jusque dans les schémas de fabrication. Des tableaux qui schématisent la chaîne et l’emplacement de chacun des postes de travail. Ce schéma est partout affiché et chaque employé se doit d’apposer son badge sur son emplacement. Le badge renseigne sur le statut et porte plusieurs informations utiles telles que la date d’embauche, mais aussi et surtout, le type de travail et de machine pour laquelle l’employé est «certifié». Ce même schéma sert aussi pour déterminer le nombre d’absences, de retards et dysfonctionnements. La certification des employés se base sur un autre procédé classique dans le système japonais: la formation. Un département y est dédié. Ce service, sorte d’incubatoire, assure une formation aux nouvelles recrues et les prépare à devenir opérationnelles en un temps record. Les recrues se voient donc formées aux procédures et techniques de manipulation des machines. Pour chaque opération particulière et sa machine associée, l’opérateur se voit attribuer une «certification» qui le suit tout au long de sa carrière. Elle est inscrite sur son badge, de poste en poste et de chaîne en chaîne. La logique chez Yazaki se base sur l’élimination des temps morts et des sources de distraction. La disposition pratique des différents bureaux au sein d’un même département en dit long sur cette logique. L’aménagement des bureaux obéit d’abord à des règles d’efficience, même au sein de l’administration. La production est régie par la loi du «juste nécessaire», en fonction des commandes, c’est le système pull. Toute consommation des stocks induit une commande pour retrouver un niveau de stock optimal.


    Fiche technique

    Yazaki a été installé à Tanger Free Zone en 2001. Elle était au départ une succursale de la branche portugaise. Ce n’est qu’en mai 2003 qu’elle acquiert son indépendance et devient Yazaki Morocco. Avec un capital de 8 millions d’euros (88 millions de DH), elle a accumulé un investissement de plus de 23 millions d’euros, soit près de 253 millions de DH. Ses ventes annuelles pour 2005 se sont élevées à près de 28 millions d’euros, dont les trois quarts pour le compte du groupe Nissan en Europe. L’entreprise emploie actuellement près de 2.100 personnes.


    Quid du Toyotisme?

    Le Toyotisme a encore de beaux jours devant lui. Cette organisation du travail d’origine asiatique s’est imposée en Extrême-Orient comme étant une amélioration du Taylorisme ou encore du Fordisme (système de production relatif à Ford). Le Toyotisme repose essentiellement sur le principe des flux tendus. C’est l’aval de la production qui commande l’amont. L’entreprsie a les stocks nécessaires et assure sa production selon les commandes. Ce qui permet d’éviter les dépenses inutiles. Autre valeur du Toyotisme, l’auto-activation de la production, ce qui a pour conséquence de rendre les machines et les travailleurs plus qualifiés et plus polyvalents. Le principe des cinq 0 (zéro défaut, 0 panne, 0 papier, 0 stock, 0 délai ou «just in time») caractérise également la production en fonction de la demande.A. A. & A. R.

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