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Casablanca: Lincoln, un patrimoine devenu danger public....

Par L'Economiste | Edition N°:1746 Le 13/04/2004 | Partager

. L'effondrement d'une autre partie de l'hôtel a fait un mort IL était 6h30 du matin hier lundi 12 avril. Les commerçants du célèbre Marché central de Casablanca apportaient les dernières retouches à leurs étals. Leurs efforts furent brusquement interrompus par le bruit d'un effondrement. Sur l'autre trottoir, un pan de dalle d'un monument aussi célèbre que le marché d'en face, venait de s'effondrer. Les groupes de badauds se forment devant l'Hôtel Lincoln. Les premiers bruits stridents des sirènes des engins de la Protection civile transpercent le silence matinal. Sur les lieux du drame, les éléments de la Protection civile arrivent à sauver in extrémis un jeune SDF. Un autre n'a pas eu cette chance. “Il était déjà mort quand nous sommes arrivés”, affirme un élément de la Protection civile. Ils étaient une vingtaine sur les lieux, dont trois ont été légèrement blessés. Le corps de la victime a été transféré à l'Institut médico-légal. Une autopsie déterminera les causes excates du décès. “Le bilan aurait pu être plus lourd puisque de nombreux SDF ont pris l'habitude de passer leurs nuits dans cet édifice”, souligne un agent de police. Pourtant, toutes les issues de l'immeuble avaient été murées. “Les délinquants et les SDF creusent des trous dans les murs et il est impossible de vérifier chaque jour, chaque soir, si des gens se trouvent à l'intérieur”, indique-t-il. Devenu un véritable coupe-gorge, le lieu est aussi un repaire pour la petite délinquance qui règne sur les alentours. “Il y a quelques mois, une femme a été violée par une dizaine de malfrats à l'intérieur de ce bâtiment. Il y a 22 jours, une autre a failli subir le même sort si ce n'est l'intervention courageuse de quelques passants alertés par ses cris”, rapporte un élément de la Protection civile. Ce tragique événement remet au-devant de la scène la problématique de la démolition ou non de cet édifice. On se rappelle la polémique qui a été suscitée par la question. Les uns, considérant que le bâtiment doit être classé patrimoine urbanistique de la ville de Casablanca, se sont opposés à sa démolition. D'autres estiment que l'édifice constitue un danger permanent non seulement pour les riverains mais aussi pour les piétons qui passent à côté. Les premiers, dont les chefs de file sont des architectes, ont eu gain de cause. Actuellement, l'édifice est classé. Mais ce n'est pas pour autant qu'il présente moins de risque. Loin de là.“La solution serait de procéder à l'expropriation du propriétaire, puisque de toute façon il ne peut plus toucher à l'édifice”, explique Rachid Andaloussi, de l'association Casa-mémoire”. Cette entité milite depuis des années pour la sauvegarde de l'Hôtel Lincoln. “Mais pas dans cet état”, souligne-t-il. “Le drame d'hier doit inciter les autrorités compétentes à s'activer et à prendre au plus vite les mesures qui s'imposent”, ajoute Al Andaloussi. Le propriétaire avait déjà reçu des propositions alléchantes pour le céder (50 millions de DH) à des investissdeurs américains qui voulaient construire à la place un hôtel de haut standing. “Sans toucher les façades qui sont une véritable école d'architecture”, indique le responsable de “Casa-mémoire”. Cette réalisation aurait pu tirer tout le quartier vers le haut. D'autant plus que non loin de là un autre édifice d'une importance majeure est en train d'être construit. Il s'agit du Casablanca City Center. L'ensemble s'intégrerait fort bien dans la “Vision 2012” pour le développement touristique de la ville. En attendant, des mesures urgentes doivent être prises pour éviter le risque d'effondrement. “En premier lieu, on peut étayer le bâtiment ou au moins la façade”, affirme Al Andaloussi. Si l'édifice s'écroule, il sera automatiquement transformé en espace vert. Ce qui, en soi, ne serait pas une aussi mauvaise affaire pour le quartier. Il est à rappeler que de nombreux édifices à travers le Maroc sont dans le même cas. Cependant, sauvegarder ne peut se faire sans qu'il n'y ait des mesures d'accompagnement, notamment de protection contre les risques d'effondrement.Jamal Eddine HERRADI

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