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    Café: Les torréfacteurs poussent à la refonte des textes

    Par L'Economiste | Edition N°:166 Le 09/02/1995 | Partager

    Les torréfacteurs marocains mènent campagne pour l'aménagement des textes régissant la profession. Des rencontres ont eu lieu avec les pouvoirs publics. De plus, contre le vrac et les mélanges, d'autres textes sont en préparation.

    La profession des torréfacteurs se mobilise. Un projet de refonte des textes datant de 1951 régissant la profession est en cours. Des contacts réguliers ont lieu entre les pouvoirs publics et les torréfacteurs, dont un séminaire qui s'est tenu en novembre 1994 à Casablanca.

    L'une des principales recommandations de cet atelier est la création d'un comité entre le Ministère de l'Agriculture et de la Mise en Valeur Agricole (MAMVA) et la profession afin de présenter un projet de décret définitif.

    Chute du Mur et gellées en Brésil

    Outre la refonte totale des textes qualifiés de dépassés, un projet de décret relatif à l'interdiction pure et simple des mélanges du café et des succédanés de café (figues, pois chiches, raisin secs...) pratiqués jusque-là est actuellement au Secrétariat Général du Gouvernement. "Notre objectif est d'aboutir à une meilleure transparence et une modernisation du secteur ainsi qu'à la défense du consommateur", souligne M. Omar Berrada, président des Cafés Ennasr et de l'Association Marocaine d'Importateurs et Torréfacteurs de Café.

    Par ailleurs, outre ces différents projets de textes, le secteur du café a connu en 1994 de véritables flambées de prix. En effet à fin juillet-début août, le prix du kilogramme de certains cafés a doublé, allant de 25 à 30% d'un seul coup, alors que les augmentations du début de l'année avaient été effectuées progressivement et n'ont guère dépassé les 10%.

    Situation jugée normale par les torréfacteurs qui expliquent que les stocks qui leur permettaient de procéder par moyenne pondérée aux diverses hausses étaient épuisés ou en voie de l'être.

    Ainsi, la flambée des prix ne pouvait plus être tempérée sur le "petit noir" servi au consommateur marocain.

    Afin de justifier l'augmentation des prix de vente de leur produit, les torréfacteurs ont avancé trois raisons.

    La première date de la fin des années 80 et du début 90. Les prix pratiqués sur les marchés internationaux ne permettaient pas aux caféiculteurs brésiliens notamment de couvrir leurs charges. Ces derniers se sont pas conséquent détournés de leurs plantations de caféiers. Phénomène qui avait déjà entraîné une baisse de la production du Brésil, premier producteur mondial de café (l'arabica en particulier).

    La seconde raison a trait à la chute du Mur de Berlin et l'ouverture de nouveaux marchés, représentés par les pays de l'Est.

    La conjugaison de ces deux facteurs a provoqué une baisse de l'offre et une augmentation de la demande.

    Troisième raison avancée, la vague de froid qui s'est abattue sur les régions productrices de café au Brésil et les gelées consécutives auraient entraîné des dégâts importants. Aussi, en l'espace d'un an, la hausse avoisine les 400%.

    Essentiellement produits en Afrique, les robustas suivent la même logique de hausse. Ils sont demandés en remplacement des arabicas.

    Aujourd'hui, les cours du café se sont stabilisés. Toutefois, relèvent les torréfacteurs marocains, "cette crise a entraîné une baisse appréciable de la consommation du café au profit du thé, notamment au niveau des couches sociales modestes".

    Prendre goût à la publicité

    Par ailleurs, à l'instar des pâtes alimentaires, la bataille du café, depuis l'ouverture des frontières, se porte sur le haut de gamme. L'apparition de nouvelles marques étrangères a permis de rehausser la qualité du produit, des emballages et du processus de fabrication. Les plus dynamiques ont même pris goût à la publicité, concurrence oblige. Mais le plus grand problème du secteur du café réside au niveau de l'importance du vrac. Au Maroc, la qualité du produit est victime de certains tabous. De plus, ajoutent les professionnels, "l'ignorance et certaines idées reçues faussent le jugement des consommateurs crédules". Pour eux, le vrac est un non-sens comme il l'est pour tous les autres produits alimentaires. Ces derniers sont exposés à toutes sortes de pollution; à l'air (donc s'oxydent au contact de l'oxygène), au soleil, à la poussière, aux gaz d'échappement et même aux mains qui les manipulent.

    Pour le café, les acheteurs le portent à hauteur du nez, le rejettent ou l'achètent après s'être assurés par cet examen "dénué de toute valeur, de sa soi-disant qualité". Il faut savoir qu'un café torréfié perd très vite de son arôme s'il n'est pas conditionné dans un emballage adéquat qui permette de le protéger pendant une période déterminée.

    C'est pour cela que la majorité des torréfacteurs marocains, pour lutter contre "ce fléau du vrac", investissent au niveau des emballages. Les nouveaux conditionnements utilisés, notamment le sous-vide, évitent tout risque d'oxydation pendant une assez longue période.

    Le succès d'un excitant

    SA valeur alimentaire est nulle.... mais on l'aime! Le café doit ses vertus à un alcaloïde, la caféine, isolée en 1820. Le café, dit-on, tarit certaines sécrétions et il serait impossible de pleurer une heure au moins après avoir bu une tasse de café fort.

    La récolte mondiale de café se situe entre 90 et 100 millions de sacs de 60 kg. Un peu plus de 70 pays producteurs sont localisés dans la ceinture tropicale, du Mexique à la Colombie, de l'Angola au Kenya, de l'Ouganda à la Côte d'Ivoire, de Ceylan à l'Indonésie.

    La consommation est estimée à plus d'un milliard et demi de tasses de café par jour.

    Le café est d'un des tout premiers marchés mondiaux de produits agricoles avec le sucre, le blé, la viande et le coton. Il occupe le second rang des matières premières du commerce international, juste après le pétrole et avant le blé. Marché fluctuant, il est passé de 10 milliards de Dollars début des années 80 à 15 milliards en 1986, année de forte hausse, avant de retomber à 7 milliards environ en 1990, année qui a connu un véritable effondrement des cotations.

    Les caféiers sont des arbustes tropicaux dont le fruit appelé cerise contient des graines: les grains de café. On les subdivise en deux grandes espèces botaniques: l'arabica et le robusta.

    L'arabica, le plus ancien et le plus parfumé est aussi le plus fragile, alors que le robusta est plus résistant, mais d'un arôme et d'un goût moins subtiles malgré un taux plus élevé de caféine.

    On demande à un robusta de la neutralité car trop typé, il cacherait totalement les qualités d'autres composants plus fins mais plus discrets que sont les bons arabicas.

    On demande à un arabica d'avoir du goût et de la saveur. Le goût peut être fruité, suave, acide ou acidulé suivant le terroir. Le parfum peut être fleuri.

    Pour ce qui est de la consommation, le café est la seconde boisson mondiale après le thé. L'Europe, et à sa tête la Scandinavie, détient le record de la consommation. Au Maroc, la consommation est estimée à moins de 700 g.

    Enfin, selon les spécialistes, l'excès de café conduit à une véritable toxicomanie. Il est plus fréquent chez les femmes, et l'on dit parfois que "le caféisme est l'alcoolisme des femmes". Il rend hypernerveux, parfois jusqu'aux tremblements, altère le caractère, entraîne des troubles digestifs, la perte de l'appétit, du sommeil, avec des cauchemars effrayants et des troubles circulatoires. Finalement, le café est une boisson à boire... avec modération.

    M.O.

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