×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Dossiers

    Pâtes alimentaires : Producteurs et importateurs lancent des offensives

    Par L'Economiste | Edition N°:166 Le 09/02/1995 | Partager

    L'ouverture du marché marocain aux importations a permis une véritable "explosion" de la qualité des pâtes alimentaires produites localement et la percée de nouvelles entreprises. Révolutionnant le secteur, les marques étrangères lancent des offensives et les produits locaux répliquent.

    Depuis l'ouverture des frontières aux produit étrangers, plus particulièrement depuis le début des années 90, les pâtes alimentaires dites haut de gamme, telles que "Gallo", "Panzani", "Barilla", et tout récemment "Monte Regale" importée par Makro, ont fait officiellement leur apparition sur le marché.

    Auparavant, ces pâtes étaient vendues en contrebande à Derb Ghallef ou dans le Nord du pays. A côté de ces marques, des produits nationaux se voulant haut de gamme ont également fait leur apparition, notamment la toute jeune marque "Tria" qui, outre le marché local, vient de se tourner vers l'extérieur. Les Etats-Unis représentent 80% des exportations de l'entreprise. Selon les professionnels, l'importation du produit fini s'explique par une identification sur le marché marocain d'un manque en termes de qualité. Celle-ci, additionnée à la sécurité et à la gestion du temps, complète les trois arguments destinés au consommateur. Celui-ci semble voter pour ce cocktail. Le consommateur marocain étant devenu de plus en plus exigeant au niveau de la qualité, les importateurs ont donc saisi l'opportunité.

    L'importation est jugée par certains fabricants comme un "véritable goulot d'étranglement", et par d'autres, au contraire, comme une "stimulation" et une dynamisation du marché.

    Il s'agit dans ce cas d'une concurrence qui se situe dans le segment du haut de gamme et dans lequel "nous essayons de nous placer et de cohabiter avec les produits importés avec notre qualité et nos prix; et dans tous les cas le dernier choix revient au consommateur", indique M. Mostafa Ben El Ghali, directeur commercial de la société Tria. Contrairement à la contrebande ou encore à l'importation ponctuelle, ajoute-t-il, "nous nous battons avec cette concurrence bien établie sur le marché à armes égales avec une stratégie et une communication structurées". Actuellement, le marché des pâtes importées est, selon les professionnels, "cerné par les marques étrangères". Les produits d'importation à bon marché, notamment de Turquie, de Grèce et même de Taiwan, ont tenté il y a environ deux ans une percée mais sans succès. "La disparition de ces petits importateurs a montré la fidélisation du consommateur pour les marques déjà existantes", souligne un importateur.

    Quatre ou cinq marques se partagent aujourd'hui le marché d'importation, lançant chacune de son côté des offensives et tenant compte des nouvelles orientations de la consommation. Selon M. Mohammed Raihani, administrateur délégué de la société GTC, importatrice de la marque "Gallo", la différence se joue au niveau de la stratégie marketing de chaque société. Pour préparer une stratégie marketing efficace, une entreprise doit tenir compte tout autant de sa concurrence que de sa clientèle actuelle et potentielle. Au même titre que le produit, le prix ou la distribution, la communication, à ce niveau, constitue l'un des éléments fondamentaux de cette stratégie.

    Le marché des pâtes importées, selon les estimations des professionnels, est d'environ 3.000 tonnes par an. Le marché marocain est aujourd'hui considéré comme porteur et concurrentiel. IL se divise en trois segments. Celui du vrac destiné aux couches sociales modestes, le segment "intermédiaire" où les pâtes sont de qualité moyenne et où persistent encore les "petits artisans de pâtes". S'y ajoute le segment des libres-services et des supermarchés, segment de haut de gamme.

    Dans certains pays, on mange autant de pâtes alimentaires que de pain. Les Italiens consomment plus de 30 kg par an et par tête, 11 à 12 kg en Suisse, 9 à10 kg en France, 6 à 7 kg aux Etats-Unis. Ne disposant pas de statistiques précises, les professionnels estiment la consommation au Maroc à environ 2 kg (pâtes alimentaires et couscous confondus) par habitant et par an, ce qui reste très faible comparativement aux pays du Bassin méditerranéen. Cependant, il semble que l'arrivée de pâtes de qualité soit en train de modifier les habitudes alimentaires des familles marocaines: pâtes plus souvent et sous des formes variées.

    Les pâtes importées ou locales se subdivisent en deux catégories: les pâtes longues et les pâtes courtes. Chaque catégorie regroupe environ une dizaine de formes. Les pâtes longues, les spaghettis, connaissent énormément de succès auprès du public. La société GTC réalise environ 40% de son chiffre d'affaires au niveau des pâtes longues. Les pâtes courtes, de leur côté, connaissent un franc succès durant le mois de Ramadan. En effet, durant cette période et pour la harira, le riz cède le pas aux pâtes courtes, plus particulièrement les vermicelles.

    M.O.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc