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    Préservation, conservation des aliments : L'irradiation: Une unité-pilote installée à Tanger

    Par L'Economiste | Edition N°:166 Le 09/02/1995 | Partager

    L'irradiation des produits alimentaires fait ses premiers pas au Maroc. Un programme de recherche est en cours de réalisation avec la mise en place d'une unité-pilote à Tanger. Toutefois, cette technique inspire encore la crainte des industriels chez qui la confusion avec la radioactivité demeure. Des experts canadiens exposent les avantages du procédé pour un pays agricole tel que le Maroc.

    L'irradiation des denrées alimentaires n'est certes pas un nouveau procédé dans les pays d'Amérique du Nord ou d'Europe, mais il l'est au Maroc. Il s'agit plutôt d'une technique en phase d'essai, puisqu'une unité-pilote vient d'être créée à Tanger, à l'initiative de l'AIEA (Agence Internationale de l'Energie Atomique) française et du Ministère de l'Agriculture et de la Mise en Valeur Agricole (MAMVA), pour l'irradiation des produits alimentaires. Cet irradiateur-pilote utilisera le cobalt 60(1) fourni par les partenaires français. Cette unité devrait démarrer à la fin du premier semestre de 1995. Des essais sur des variétés locales ont débuté. L'échéance de commercialisation effective des produits ionisé au Maroc est fixée à l'an 2000, "dans les cas les plus optimistes", annoncent les experts du CNESTEN, lors du séminaire "l'irradiation au service de l'alimentation", organisé par l'Ambassade du Canada en collaboration avec la Chambre de Commerce Maroc-Canada, le 30 janvier dernier.

    Pour l'heure, les différentes étapes d'introduction de l'ionisation ou l'irradiation au Maroc doivent obéir à certaines conditions.

    Ainsi, une étude de faisabilité, menée par l'INRA (Institut National de Recherches Agronomiques) et l'AIEA, est en cours. Cette étude comprend la collecte de données dont le but est notamment de considérer les pertes après récoltes (causes et importance), de détecter les porteurs d'éléments pathogènes....La seconde étape de l'étude de faisabilité concerne le coût du traitement par kg qui doit tenir compte de l'équipement de l'unité, de la construction, du fonctionnement, du transport, des taxes et des assurances éventuelles.

    Parmi les conditions figure également la polyvalence de l'irradiateur qui devra, outre les produits alimentaires, comprendre aussi le radio-traitement des câbles électriques ou encore des produits médicaux, "l'objectif étant de diminuer les coûts de fonctionnement". S'ajoute à cela l'information du public qui, jusqu'à présent, associe encore l'irradiation à la radioactivité.

    L'information comprendrait un large aperçu sur les risques associés aux éléments pathogènes, les avantages de la technique dont bénéficieraient les consommateurs, la terminologie. Concernant ce point, certains experts plaident pour le remplacement du terme irradiation par celui d'ionisation. Cette campagne, estiment les professionnels, doit être menée sous l'égide d'une commission nationale.

    Enfin, s'agissant de la réglementation nationale, celle-ci devra tenir compte des conditions de commercialisation des produits ionisés, des procédures d'agréments et d'autorisation pour l'installation d'autres unités, la conformité aux normes internationales, ainsi que la création d'un organisme de contrôle adapté.

    Inspire la crainte

    Au Maroc, "les industriels, mais aussi les agriculteurs et les producteurs, s'interrogent sur l'intérêt de l'ionisation des aliments", souligne le conférencier des Domaines Agricoles. Ils s'y intéressent d'autant plus que cette technique permet de diminuer les risques pathogènes et d'augmenter le processus de conservation des produits. Mais la technique "inspire la crainte que les aliments traités soient radioactifs et nocifs pour la santé".

    Cependant, explique-t-il, selon les experts, il y danger si le rayonnement est d'une intensité 4 à 5 fois supérieure à celle que peut émettre le cobalt 60.

    l'irradiation de denrées alimentaires, répond M. Yves Doyle, directeur du Centre d'Irradiation du Canada, lorsqu'elle est bien contrôlée, détruit les microbes nuisibles tels que la salmonelle dans la volaille et le poisson, et élimine les insectes dans les céréales, les fruits et les épices. Ce procédé peut également prolonger la période de conservation de nombreux fruits et légumes et autres denrées périssables, "puisqu'il retarde la pourriture et la croissance de moisissures, empêche la germination et ralentit le processus de mûrissement".

    Pour les pays en voie de développement, comme le Maroc, dont le souci est de réduire les pertes de produits agricoles entre les récoltes et la consommation et d'améliorer la santé publique, l'application de l'irradiation serait une solution souhaitable. De plus, pour avoir accès à de nouveaux marchés internationaux, tels que les pays qui n'autorisent pas l'importation de fruits traités chimiquement ou à certains pays comme les USA et le Japon où l'usage des fumigants comme traitement de quarantaine contre les insectes a été banni, "il sera nécessaire dans l'avenir d'opter pour cette technique, seule ou en combinaison avec d'autres traitements", concluent les experts canadiens.

    (1) Le cobalt 60 est le radio-isotope le plus couramment utilisé en tant que source d'énergie pour le radio-traitement à l'échelle commerciale et le traitement du cancer.

    La technique de l'ionisation

    L'IRRADIATION ou l'ionisation, technique physique de conservation, consiste à soumettre les aliments à des rayonnements ionisants, émis par du cobalt ou du césium, de même nature que la lumière mais de fréquence, donc d'énergie, beaucoup plus grande; trop faible cependant pour induire la radioactivité.

    Certains aliments, tels que la pomme de terre, les fruits et légumes frais, ne se prêtent pas, ou mal, aux autres techniques de conservation.

    Durant le stockage, le transport, la période de commercialisation, les micro-organismes et parasites qui se développent risquent de les altérer. L'irradiation tue ces agents, inactive les enzymes, ralentit la maturation des fruits et la germination des tubercules.

    L'irradiation des denrées alimentaires, soulignent les experts, est donc une méthode non chimique de traitement des aliments qui consiste à exposer les denrées préemballées ou en vrac aux rayons gamma, aux rayons X ou à des électrons, dans une enceinte spéciale et pour une durée déterminée. "Ceci sans modification notable du goût et de la valeur nutritive des aliments".

    Ainsi, les avantages de l'irradiation sont:

    - préserver les aliments en détruisant les micro-organismes qui entraînent normalement leur détérioration;

    - permettre leur consommation sans danger par destruction des parasites et micro-organismes qui causent l'intoxication par trichinose, salmonellose....;

    - prolonger la durée de vie des aliments en ralentissant le processus de maturation et en empêchant la germination des tubercules comme les pommes de terre et les oignons.

    Selon la réglementation internationale, le symbole "RADURA" est obligatoire sur les emballages de détail et les produits en vrac. L'étiquetage doit également porter la mention "traité par l'irradiation" ou "irradié".

    M.O.

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