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    Aviculture : Les fermes artisanales perturbent le marché du poulet

    Par L'Economiste | Edition N°:166 Le 09/02/1995 | Partager

    Les éleveurs industriels sont dans la tourmente. Outre la forte baisse des prix du poulet, imputée aux exploitants "occasionnels", ils doivent faire face aux maladies qui provoquent une importante mortalité dans les fermes.

    Alors que le prix de la viande rouge reste très élevé, le marché du poulet n'a pas quitté le fond pendant près de deux mois. Au vif le kilogramme est même tombé à 16 Dirhams sur certains marchés contre 22 à 23 auparavant: une aubaine pour le consommateur. Pourtant, ce comportement des cours est jugé paradoxal. "En pratique, la même tendance devrait être observée, d'autant qu'une grande partie de la demande est répercutée sur la viande blanche", expliquent des éleveurs. Ils poursuivent que cette perturbation est due pour l'essentiel à l'exploitation massive de fermes artisanales par des éleveurs occasionnels attirés par la facilité du gain et le niveau intéressant des prix constatés avant la crise. Ceux-ci ont ainsi importé une grande quantité de poussins de 60 jours. "Serres, magasins, garages et même sous -sol d'immeubles sont aménagés nonobstant les risques de maladies", se plaint un professionnel. Satisfaction éphémère pour l'instant, une petite reprise est amorcée grâce au Ramadan qui a coïncidé avec la fin du mois, note un éleveur professionnel. Et de préciser qu'une "cassure interviendra au terme des dix premiers jours du mois suite à l'effritement des budgets familiaux".

    Surtaxation de l'alimentation

    La maîtrise de l'offre du secteur industriel constitue toutefois l'un des problèmes majeurs avec comme corollaire une fluctuation incontrôlable des prix. Il est souligné que l'utilisation d'abattoirs modernes et la mise en place d'une véritable chaîne de froid pourraient permettre d'ajuster l'offre à la demande et par delà limiter les amplitudes de fluctuation. Outre la question des prix, les maladies s'installent à nouveau dans les fermes, entraînant un taux de mortalité très élevé. Les poulets sont attaqués entre autres par la peste (qui revient), le gomboro, la grosse tête, la Salmonelle, la coccidiose et la bronchite. Selon un éleveur, "le problème sanitaire est aggravé par le fait que les cadavres sont parfois jetés dans la nature avec pour conséquence la contamination d'autres fermes encore épargnées". Par ailleurs, l'éternel problème du coût de production reste posé. Les éleveurs estiment que l'alimentation qui représente 70% dans le prix de revient est toujours surtaxée. Ils expliquent que le prix du maïs, un élément entrant pour 60% dans la composition de l'aliment, est fortement relevé par les prélèvements à l'importation. Ce qui se répercute directement sur le coût de production de l'aliment. En plus de l'impact des prélèvements, le prix d'achat de l'aliment est affecté d'une TVA non récupérable de 7%.

    L'imbroglio résulte en fait de l'important déficit d'organisation dont souffre le secteur. La direction de l'élevage annonçait à ce titre que "le problème essentiel n'est que le résultat de la non-intégration du circuit de production de la viande blanche". Du coup, les crises persisteront tant que la filière ne sera pas bien gérée. Il s'agit pour les accouveurs, éleveurs, grossistes, les provendiers et les abattoirs de se regrouper dans une association interprofessionnelle, une idée en voie de concrétisation. D'après un professionnel, les différentes associations mènent des consultations pour former un "Conseil National Avicole".

    En dépit de l'intervention épisodique des éleveurs occasionnels, le marché est essentiellement alimenté par le secteur industriel installé sur l'axe Kénitra-El Jadida. Il réalise environ 70% de la production locale de viande blanche. L'élevage traditionnel (poulet beldi) fournit le reste. Ce secteur moderne accuse pourtant une réelle difficulté à maintenir une croissance régulière depuis 1977, année marquée par une nouvelle donne dans la répartition de l'offre de viande blanche. Durant cette période, la production industrielle de viande blanche est montée à 56.000 tonnes contre 31.000 en 1976. Celle du secteur traditionnel est passé à 34.000 tonnes au lieu de 33.000 un an plus tôt. C'est ce qui ressort des statistiques du MAMVA (Ministère de l'Agriculture et de la Mise en Valeur Agricole).

    La part de la production industrielle a ainsi évolué de 48 à 62%. Elle a cependant culminé à 101.000 tonnes en 1986. Des fluctuations importantes ont été observées avec un plancher de production de 55.000 tonnes en 1981. La production a du mal à dépasser les 100.000 tonnes. En revanche, celle du secteur traditionnel suit une trajectoire toujours ascendante même si la productivité est faible. Elle a atteint 50.000 tonnes en 1992. La production totale a suivi la même tendance, progressant de 4% entre 1991 et 1992, année au cours de laquelle elle s'est fixée à 150.000 tonnes.

    A.D.N.

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