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    Economie

    Brevetez vos inventions, ça rapporte

    Par L'Economiste | Edition N°:2423 Le 15/12/2006 | Partager

    . En 2005, 139 brevets déposés à l’Ompic contre 2 millions à l’étranger. 5 millions son téléchargeables en ligneInnover est la seule façon «légale» d’être compétitif. Conscients de la nécessité d’encourager la recherche et l’innovation nationales, l’Université Hassan II et l’Ompic(1), ont organisé les 12 et 13 décembre, en partenariat avec l’Ompi(2), un séminaire autour du thème «Université et propriété industrielle». Depuis leur premier séminaire commun, organisé en 1999, les deux partenaires ont parcouru bien du chemin et s’en trouvent «renforcés», se félicite Aziz Bouazzaoui, directeur de l’Ompic. En revanche, il constate que les indicateurs d’innovation marocaine restent timides. En effet, on recense quelque 15.000 chercheurs à travers le Royaume. Pourtant, en 2005, n’ont été déposées que 139 demandes de brevets seulement. Comparées aux 2 millions déposées dans le monde, l’écart est alarmant. Le système marocain de brevet, dit «à enregistrement», présente une autre carence. En effet, pour être brevetable, l’invention doit satisfaire trois critères: la nouveauté, l’applicabilité industrielle et la non-évidence(3). Or, au Maroc, elles ne sont pas systématiquement vérifiées au préalable. La vérification n’est engagée que lorsqu’il y a contestation de la part d’un autre inventeur. Toutefois, il est à souligner que dans ce domaine, le Maroc fait mieux que certains pays arabes. En effet, il était le premier à adhérer au traité de coopération en matière de brevet (PCT) en 1999. Géré par l’Ompi, il permet de s’assurer que d’autres brevets similaires n’existent pas déjà à travers le monde. Pour autant, cela ne dispense pas l’entreprise de procéder à des dépôts nationaux ou régionaux.De l’autre côté de la Méditerranée, l’inventeur profite pleinement des retombées de son innovation brevetée. Pour preuve, l’histoire de cette physicienne anglaise, inventrice du «biberon imperméable». A l’origine, son bébé et un biberon plein de jus qu’il renverse sur le canapé. Mandy Heberman, qui a dépensé toutes ses économies pour développer un prototype qu’elle s’est bien gardée de breveter, part à la recherche du financement pour sa commercialisation. Aux grandes entreprises londoniennes du secteur, elle envoie un colis contenant le biberon avec le message suivant: «Si ce biberon vous parvient plein, alors on peut faire du business ensemble». Après un an d’attente, elle s’aperçoit qu’on lui a copié son innovation et qu’on l’a mise en vente. Brevet à la main, elle engage une procédure judiciaire contre les contrefacteurs. Avec les dommages et intérêts qu’elle a perçus, elle monte sa propre entreprise. Son chiffre d’affaires annuel est de 2 millions de livres, soit 32 millions de DH environ. Shumpeter, le père de l’économie de l’innovation, l’avait bien dit: «A l’origine du profit se trouve l’innovation».


    Carte bleue

    Lors de ce séminaire, ont été présentés les sites Espacenet, de l’office européen des brevets, et le français Plutarque de l’Inpi (Institut national pour la propriété industrielle). Ainsi, sur l’Espacenet, on trouve 5 millions de brevets consultables et téléchargeables gratuitement. Quant à Plutarque, il propose un mode de visite guidée pour les «novices». En revanche, pour télécharger un brevet, il faut sortir sa carte bleue. ----------------------------------------------------------------------------------------------------(1) Office marocain de la propriété industrielle et commerciale(2) Organisation mondiale de la propriété industrielle (3) La non-évidence signifie que, pour des chercheurs spécialistes de la discipline à laquelle appartient l’invention, celle-ci ne doit pas paraître évidente.Nabil TAOUFIK

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