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    Courrier des Lecteurs

    Bourse: Visite au temple silencieux

    Par L'Economiste | Edition N°:585 Le 01/09/1999 | Partager

    · Du hall à la présidence, neuf étages structurés selon la hiérarchie
    · Sous la bénédiction de la cloche, vestige du passé, les négociateurs guettent les bonnes opportunités


    Evoquez la bourse et l'image qui vient à l'esprit est celle d'un espace où se regroupent des jeunes assoiffés d'argent, qui crient et gesticulent dans tous les sens. C'est la télévision qui nous a inculqué cette représentation du marché financier. Qui d'entre nous n'a pas ricané en regardant les agités de la Bourse de Tokyo ou de New York sauter et faire des signes de leurs doigts. Des images dignes d'une comédie du cinéma muet.
    De passage à proximité de la tour de verre de l'Avenue des Far à Casablanca, un curieux serait tenté de vivre ce spectral en direct. La réalité peut s'avérer décevante pour celui qui cherche le spectacle.
    Dans les neuf étages qui concrétisent la modernisation et l'émergence du marché national, l'atmosphère est calme en cette journée d'été. D'entrée, le visiteur est attiré par une petite foule qui s'amasse face à deux téléviseurs. Les chiffres et les raisons sociales y défilent sans arrêt, accaparant l'attention par leur mouvement incessant. Ce hall, qui se présente à la vue dès que la porte d'entrée de la bourse est franchie, n'est autre que le descendant de la séance publique de ce que fut la bâtisse du Boulevard Mohammed V. Quant à la salle de cotation proprement dite, elle trône dans un étage au-dessus.
    Entièrement électronisé, l'accès à la salle de négociation passe par une carte magnétique. Couverte de moquette, la salle de cotation baigne dans un silence sacré. Ses murs ornés d'horloges attestent que le temps dans les quatre coins du monde joue la musique de l'argent. Une valse ou un rock, ça se danse à deux. La finance et le temps ne dérogent pas à la règle.

    Le Club des 15


    Les acteurs de la salle de cotation forment un cercle qui rappelle celui des
    chevaliers de la table ronde. Mais au lieu d'être munis d'épées, nos contemporains sont courbés face à leur écran d'ordinateur. Le casque des écouteurs sur la tête, leurs conversations sont des murmures: les secrets du temple de la finance se transmettent dans la discrétion.
    Ce cercle, combien fermé, représente les 13 sociétés actionnaires de la Bourse des Valeurs. Bientôt elles seront 15, d'ailleurs les places des nouvelles prétendantes sont déjà prévues. Chacune d'entre elles a droit à deux représentants dans la salle de cotation. Démocratie financière oblige. Ce sont les négociateurs qui y siègent.
    Chaque matin, ces derniers pénètrent dans cette salle armés de leurs carnets d'ordres. Par ordre, il faut entendre les instructions de vente et d'achat transmises par les clients. Ceux-ci fixent la nature des transactions et les prix qu'ils sont disposés à y mettre. L'ordre est ainsi libellé soit au prix du marché, soit à un cours limité. Si, dans le premier cas, l'ordre est exécuté en fonction des conditions du marché, dans le second, les prix d'achat ou de vente ne doit pas dépasser la limite fixée par le client.

    Le coup d'envoi


    A l'image d'une course, les négociateurs se préparent au coup d'envoi de la cotation. Chacun saisit le contenu de son carnet d'ordres sur ordinateur, met son casque et ajuste son horodateur.
    Les yeux concentrés sur les chiffres, les représentants des sociétés de bourse n'attendent que le feu vert de la tour de contrôle. Le départ se fait toujours dans le silence à 10 heures du matin. C'est la cotation au continu.
    Jadis, le tintement de la cloche annonçait le début et la fin de la séance. Sans tintement, la cloche trône toujours sur une poutre de la salle de cotation de la très moderne Bourse de Casablanca. Même condamnée au silence, la cloche, offerte par la Bourse française, raconte par sa présence l'histoire du passage de la période de la cotation à la criée au système de cotation électronique. Le son de la cloche a cédé la place au clic d'une touche d'ordinateur.
    De temps à autre apparaît un agent de contrôle. Sa visite à la salle de cotation n'est pas de courtoisie. Soit il a détecté une anomalie sur l'un des écrans des négociateurs, soit encore qu'il vient régler un petit détail technique. «C'est bon, vous avez encore cinq minutes avant le fixing», lance-t-il au négociateur d'en face. Suite à un petit problème informatique, la cotation au fixing a été retardée de quelques précieuses minutes.

    Tour de contrôle


    Logés à l'étage supérieur, trois contrôleurs ont le regard fixé sur leur écran, suivant dans le détail tous les ordres et les propositions des négociateurs. L'oeil vif, ils guettent la moindre «tentative de manipulation de cours». Si le cas se présente, il faudra aller sur place, vérifier avec le négociateur l'ordre, sa date, son cours... Au travers de ces surveillants, la tour de contrôle veille au strict respect des règles de cotation (horotage des ordres, procédures de déclaration de blocs...).
    La mission des contrôleurs ne s'arrête pas là. C'est à eux que revient l'organisation et le pilotage du marché.
    Tous les mouvements de ce petit monde sont agencés au rythme de ce règlement général de la Bourse. Publié en 1998, ce texte a été inspiré en grande partie par le système français. Pour assurer son adaptation et son amélioration continue, un département "Intervenants de marché'' est installé au 7ème étage.
    A l'origine, ce service avait pour mission le lancement de la centrale des titres scripturaux (dématérialisation) et l'apurement des suspens. Ce dernier dossier a été légué au Dépositaire Central (Maroclear) après son démarrage en 1998. Parmi les autres missions de l'équipe «intervenants de marché», sont cités les études des compléments au règlement général et le traitement des grands dossiers tels que le suivi quotidien des suspens, les BDP (bons de privatisation), la garantie de bonne fin...
    Juste à côté, au même étage, un bureau, deux personnes: c'est l'embryon d'un Département Communication et Marketing. Sa mission est l'une des plus attendues et dont la réussite conditionnerait le développement du marché boursier. Ce département doit s'atteler essentiellement à la vulgarisation de la bourse et à son ouverture au grand public. «Nous avons déjà un fichier de 400 sociétés marocaines potentiellement cotables», affirme Mme Ghislaine Ababou, responsable de la Communication.
    Tout l'étage baigne à cet instant dans une senteur épicée. Celle-ci se dégage du restaurant se trouvant au même étage. La seule destination souhaitée est donc celle du restaurant du temple des finances. C'est plutôt l'estomac qui nous rappelle à l'ordre. Il est déjà 14heures et il faut vider les lieux.
    L'horloge murale marque 14h 30mn dans le hall. L'espace est déjà vide, la séance de la journée est close. La foule qui s'y agitait en début de matinée a disparu. Chacun a emporté son lot, mais tous reviendront sûrement le lendemain...


    Les intervenants


    La réforme du marché financier a institué cinq intervenants. La société gestionnaire, c'est la Bourse des Valeurs de Casablanca (SBVC). Son capital est détenu, à parts égales, par l'ensemble des sociétés de bourse. Sa mission est la gestion et le développement de la Bourse de Casablanca. Les sociétés de bourse: Elles sont au nombre de 15. Elles ont pour objet la négociation en Bourse, la garde des titres, le placements des titres émis par les personnes morales, la gestion de portefeuilles en vertu d'un mandat et le conseil de la clientèle. Les Organismes de Placements Collectifs en Valeurs Mobilières (OPCVM): Créés en 1995, ces organismes connaissent un développement sensible. Le lancement des OPCVM s'est effectué à hauteur de 500 millions de DH. Un an plus tard, ils sont passés à 2,7 milliards de DH avec 20 OPCVM. En 1997, c'est le boom. Leur nombre a atteint les 40 organismes. L'actif géré, lui, a totalisé 10 milliards de DH. En 1998, le nombre des OPCVM est de 64 et l'actif géré est de l'ordre de 25 milliards de DH.
    Le Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières (CDVM) est un établissemnent public doté de la personnalité morale et de l'autonomie financière. Il a pour mission de veiller au bon fonctionnement du marché et la protection de l'épargnant. Le CDVM est administré par un Conseil d'Administration présidé par le ministre des Finances et composé du ministre de la Justice, du gouverneur de Bank Al-Maghrib ou de leurs reprtésentants. Il comprend également trois personnalités désignées par le ministre des Finances.

    Khalid TRITKI & Hanaâ FOULANI


    Lexique


    · Action: Part du capital d'une entreprise. Elle donne droit à une part des bénéfices appelée dividende.
    · Action nominative: Le nom du porteur est inscrit dans le livre des actionnaires de la société.
    · Action au porteur: Il ne s'agit pas d'un titre anonyme. Ce terme signifie seulement que l'identité du propriétaire n'est pas communiquée à la société.
    · Augmentation de capital: Opération par laquelle une société cotée augmente son capital social, soit par incorporation de réserves, soit par émission d'actions nouvelles en numéraire. Elle nécessite l'approbation des actionnaires réunis en assemblée générale.
    · Bénéfice net par action: Bénéfice net consolidé d'une société, divisé par le nombre d'actions composant le capital.
    · Capitalisation boursière: Valeur d'une société cotée obtenue en multipliant son cours de bourse par le nombre d'actions composant son capital social.
    · Cours: Prix d'équilibre entre les demandes d'achat et les offres de vente d'un titre, fixé quotidiennement et électroniquement.
    Cote (bulletin officiel de la cote): L'ensemble des cours des titres cotés regroupés dans une publication quotidienne de la bourse.
    · CDVM (Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières): Etablissement public chargé de s'assurer de la protection de l'épargne investie en valeurs mobilières et de proposer à cette fin les mesures nécessaires.
    · FCP (Fonds Commun de Placement): Portefeuille de valeurs mobilières appartenant en indivision à des propriétaires souscripteurs de parts.
    · Décote/Surcote: Se dit lorsque le cours d'un titre est inférieur à une valeur de référence. Inversement pour la surcote.
    · Droit d'attribution: Lors d'une distribution d'actions gratuites consécutive à une augmentation de capital, l'actionnaire a la possibilité de recevoir sa quote-part de titres. Ce droit peut être cédé ou acquis sur le marché.
    · Dividende: Partie du bénéfice d'une société distribuée aux actionnaires. C'est en quelque sorte le revenu de l'action.
    · Droit de garde: Commission que perçoivent les dépositaires.
    · IGB (Indice Général de la Bourse): L'IGB est le principal indice de capitalisation de la Bourse de Casablanca. Il mesure l'évolution de l'ensemble des valeurs cotées à la Bourse de Casablanca.
    · Obligation: Une obligation est un titre représentant un emprunt effectué par une entreprise. Elle fait de son détenteur (l'obligataire) un simple créancier et non un associé. Elle lui donne droit à un revenu régulier (intérêt) et au remboursement du capital initial. L'obligation a une durée de vie égale à la durée de l'emprunt.
    · Plus-value: Différence positive entre le prix de cession d'un titre (action, obligation...) et son prix de revient.
    · Per (price earning ratio): Le Per est le rapport cours/bénéfice net par action. Son utilisation permet des comparaisons entre valeurs de même secteur. Il s'applique aussi à un marché pris dans son ensemble.
    · Sicav (Société d'investissement à capital variable): Les sicav sont des sociétés anonymes jouissant de la personnalité morale qui ont pour mission d'investir dans des valeurs mobilières. Elles sont créées par des institutions financières qui les proposent aux épargnants. Les épargnants souscrivent à ces sicav en achetant des parts. On distingue les sicav actions, obligations, diversifiées et monétaires.
    · Valeur nominale: Prix d'émission des actions retenu lors de la constitution d'une société. Elle traduit la valeur de l'apport incorporée au capital social. En matière obligataire, la valeur nominale correspond à la valeur comptable de l'emprunt, elle-même servant de base au calcul des intérêts.
    · Valeur liquidative: Valeur d'achat ou de vente d'une part ou d'une action d'OPCVM. Elle est calculée de façon périodique.

    (Source: SBVC)









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