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    Entreprises

    BMCI: Une stratégie optimiste mais prudente

    Par L'Economiste | Edition N°:485 Le 14/04/1999 | Partager

    · La maîtrise du risque plutôt que la conquête de parts de marché

    · Synergies avec la BNP dans les nouveaux métiers

    · Echange de titres pour l'acquisition de Somafic et financement en cash pour celle d'Acred


    M. Jean-Jacques Santini, administrateur-directeur général de la BMCI, explique dans cette interview la stratégie de la filiale de la BNP, dans un contexte de plus en plus concurrentiel pour se hisser dans les premiers rangs. Parmi les actions prévues pour cette année, l'acquisition de Somafic, d'Acred et la création d'une filiale factoring.

    - L'Economiste: Quelle est la stratégie adoptée par la BMCI, sachant que la marge d'intermédiation des banques est en retrait?
    - M. Jean-Jacques Santini: Notre développement suppose des moyens additionnels et des choix stratégiques. Côté banque commerciale classique, nous allons élargir notre réseau en ouvrant de nouvelles agences. Nous allons également poursuivre notre politique d'innovation en bénéficiant de la synergie avec la BNP et notamment dans les services de banque électronique. Comparativement à nos concurrents, nous avons toujours fait preuve d'innovation en introduisant sur le marché des produits tout à fait nouveaux. A titre d'exemple, le prêt habitat lancé dernièrement par la BMCI. Nous étudions également la création d'une filiale de factoring. Dans la banque financière, la BMCI vise à se développer davantage. Nous prévoyons ainsi de sortir bientôt de nouvelles sicavs. En outre, nous renforcerons nos effectifs dans le but de développer rapidement nos parts de marché en banque d'affaires et dans les activités de bourse. Dans les métiers financiers également, nous nous appuierons beaucoup sur la synergie avec la BNP.

    - Vous voulez augmenter vos effectifs. Pourtant la BMCI a procédé à une sévère politique de compression des effectifs?
    - Les départs aidés réalisés par le passé ne sont plus à l'ordre du jour. Nous estimons que nous avons aujourd'hui un effectif cohérent avec notre activité actuelle. Les recrutements porteront sur de nouveaux profils pour accompagner notre développement.

    - Pour augmenter votre part de marché, dans un contexte aussi concurrentiel, ne devriez-vous pas réviser votre politique de sélection des risques?
    - S'il est vrai que nous souhaitons augmenter notre part de marché, cela ne doit pas se faire à n'importe quel prix. La part de marché n'est pas pour nous une fin en soi. Nous préférons continuer à maîtriser nos risques et conserver une bonne rentabilité. S'il devait y avoir contradiction entre les deux, nous choisirons la maîtrise des risques plutôt que la conquête de nouvelles parts de marché.

    - Que pensez-vous de la tendance baissière des taux, sachant que Bank Al-Maghrib a réduit les taux des avances aux banques?
    - La baisse des taux de Bank Al-Maghrib a confirmé la baisse des taux déjà engagée et a enclenché une baisse supplémentaire limitée. C'est le cas notamment des crédits spots.
    La BMCI a vu ses parts de marché au niveau de ce type de crédit se réduire au cours des derniers mois, parce que c'est sa volonté et qu'elle résiste aux utilisations anormales de cette catégorie de crédit.
    En effet, certaines entreprises utilisent parfois du crédit spot à la place du crédit à moyen terme. Cette situation leur permet de financer leurs investissements à un taux peu élevé. Autrement dit, elles renouvellent régulièrement leurs crédits spots.
    Economiquement, cette manière de faire n'est pas très saine. Les crédits spots doivent servir à des besoins de trésorerie ponctuels et non à financer des investissements. Actuellement, nous suivons la tendance baissière des taux et nous visons à maintenir notre part de marché naturelle. Pour autant, nous n'accordons les crédits spots que pour le financement des besoins de trésorerie ponctuels.

    - La BMCI compte se développer dans le crédit à la consommation via l'acquisition de Somafic et d'Acred. Comment se dérouleront ces opérations?
    - Pour la première entreprise, l'acquisition de la société s'effectuera via un échange de titres en passant par Al Amane. La BMCI émettra ainsi des actions qui seront réservées à Al Amane en échange de ses parts dans Somafic.
    Quant à Acred, son acquisition aura lieu dans un deuxième temps. Pour cette entreprise, le règlement d'Al Amane ne se fera pas en titres, mais en cash.


    L'affaire BNP/Paribas-SG vue du Maroc


    Si l'OPE de la BNP sur Paribas et la Société Générale aboutit en France, elle aura nécessairement des conséquences dans tous les pays étrangers où les banques concernées sont présentes, dont le Maroc.
    "Pour Paribas, le projet de la BNP prévoit qu'elle reste gérée de façon indépendante dans l'ensemble SBP. Pour ce qui est de la Société Générale, la question est plus complexe, puisque les deux banques mènent au Maroc, comme en France, une activité de banque de détail à travers des réseaux d'agences importants", considère M. Santini.
    Pour qu'une opération de rapprochement entre les deux réseaux puisse créer de la valeur pour ses actionnaires, explique-t-il, "il faudra donc que ses modalités techniques qui ne sont pas encore définies préservent les deux franchises et les deux fonds de commerce".


    Accent sur les PME


    Les PME constituent près de 50% du portefeuille des crédits de la BMCI. "Nous allons continuer à nous développer sur ce segment qui n'est pas notre unique cible de clientèle", explique M. Santini. "Certes, il faut rester vigilant sur le risque que peut présenter cette catégorie d'entreprises. Mais c'est aussi notre rôle de repérer les PME à fort potentiel et les accompagner dans leur développement".
    Pour cela, la BMCI avance l'expérience de la BNP qui est en relation avec une PME sur trois en France. "Notre stratégie sur ce segment de clientèle comme pour les autres consiste à établir un partenariat entre la banque et la PME qui soit profitable aussi bien à la banque qu'à l'entreprise", précise le directeur général.
    L'ouverture des barrières douanières va obliger les entreprises existantes à s'adapter, et seules les plus performantes pourront survivre. "Le problème des entreprises marocaines est que souvent elles n'investissent pas dans la modernisation de leur outil de production pour faire face au changement", regrette M. Santini.
    "L'expérience nous a déjà montré que c'est une erreur de soutenir les entreprises condamnées à disparaître, et cette manière de faire est toujours un échec à terme", poursuit-il. Le rôle de la banque consiste plutôt, selon lui, à conseiller les entreprises pour les aider à faire face aux mutations et à les accompagner dans leur développement.

    Rafik IKRAM

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