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    Economie

    Berrada: «Il faut réanimer les Conseils des entreprises publiques»

    Par L'Economiste | Edition N°:741 Le 06/04/2000 | Partager

    . L'organe est absent dans ses attributions de contrôle du management et d'orientation stratégique
    . Afin de financer leurs investissements, les groupes publics devraient s'ouvrir à la Bourse


    Comment se pose la problématique du gouvernement d'entreprise dans le secteur public? Dans son intervention au séminaire sur le gouvernement d'entreprise organisé mardi dernier par AOB Consulting et la Société Générale, M. Mohamed Berrada, ancien ministre des Finances et actuel directeur général de l'OCP, insiste sur le caractère personnel de ses réflexions afin d'éviter toute interprétation par rapport à la stratégie du groupe OCP. Il remet au passage sa casquette d'universitaire et de professeur d'économie.
    De son point de vue, la distinction entre grandes entreprises publiques et privées est totalement dépassée. Il va même plus loin en affirmant que le concept de privatisation l'est également. "En principe, un texte de privatisation est par essence conjoncturel et, de ce fait, ne doit durer qu'un voire, deux ans". Le dispositif sert avant tout à accompagner des réformes. Le Pr Berrada suggère de lui substituer le concept de l'ouverture du capital. Il étaye ses arguments: le problème des entreprises publiques au Maroc réside dans leur sous-capitalisation. Et le DG de l'OCP sait de quoi il parle pour avoir été longtemps ministre des Finances. Par expérience, en matière d'investissement, jamais l'actionnaire principal, l'Etat, ne met la main dans la poche. Avec la garantie du Trésor, il pousse à l'endettement pour financer son développement avec ses effets pervers sur la dette publique.
    Ce n'est pas tant la qualité privée ou publique de l'actionnaire qui compte, c'est la manière dont l'entreprise est gérée et ses performances. Première étape, il faut procéder à la transformation des établissements publics en SA. Les Conseils d'administration sont présidés par le Premier ministre et les administrateurs sont désignés par les ministères de tutelle. Ces organes pèchent par leur lourdeur. M. Berrada plaide pour l'allégement du fonctionnement de certains établissements publics à caractères industriel et commercial. Il faut d'abord les transformer en société anonyme et y instituer des principes de gouvernement d'entreprise. Enfin, placer une partie du capital en Bourse. La raison est toute simple: Aujourd'hui plus qu'hier, l'Etat a besoin de locomotives qui investissent pour tirer la croissance. Et elles ne viendront pas uniquement du privé, fait remarquer l'ancien ministre des Finances. L'interdiction faite aux groupes publics de prendre des participations dans les entreprises sans décret du Premier ministre est incompatible avec les impératifs de mondialisation, et les prive d'un levier important de croissance, poursuit-il.
    Le Conseil d'administration ne remplit pas son rôle dans le pilotage et ne participe pas suffisamment aux orientations majeures des entreprises. Les DG sont nommés sur proposition du ministre, mais échappent très souvent au contrôle du Conseil d'administration. Le mode de désignation de dirigeants ne responsabilise pas donc le gouvernement d'entreprise. Par ailleurs, les administrateurs ne sont pas nommés à titre personnel, mais souvent en qualité de représentants d'une autorité administrative. A cela s'ajoute l'absentéisme. Tout cela rend le Conseil inopérationnel.

    Abashi SHAMAMBA

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