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Economie

Benhima: Le projet Casablanca

Par L'Economiste | Edition N°:1144 Le 15/11/2001 | Partager

. Un capital identitaire: “Casa c'est Casa”. Pas de contradiction entre concentration et prospérité. La “rente du portier” disparaît, mais pas la porte sur le mondeLes Rotariens et Rotariennes sont accourus nombreux le 13 novembre 2001, à l'invitation de leur club doyen, pour écouter Driss Benhima, le wali de la capitale économique. C'est la première fois qu'il présente une vision de Casablanca en public, dans ce cas 280 personnes. A noter aussi la double présence du président de la Communauté urbaine, Saâd El Abassi, et celle du président de la région, Mohamed Labsir, et de la plupart des gouverneurs de préfecture.D'abord, explique le wali, le Maroc entre dans la globalisation. Ensuite, celle-ci provoque une “littoralisation” de l'économie. Enfin, elle aime les grandes villes bien organisées, propres, mêlant les cultures et les hommes. Donc, Casablanca a toutes ses chances.. Un paquet de contradictionsGrandie dans de la spéculation immobilière, foncière et d'avoir été le portier d'un Maroc fermé, Casa “est aussi un paquet de contradictions” où l'efficacité exige de faire des compromis. “La globalisation a amené avec elle des raisonnements politiques se calquant sur ceux de l'entreprise (…) que nous pouvons par chance tout à fait appliquer à Casablanca”.Une fois son objectif et sa méthode posés, l'ingénieur-sociologue et coach détaille le projet Casa. La croissance de Casablanca ne va pas s'arrêter. Les 4 millions d'habitants qui sont aujourd'hui l'interface avec les marchés mondiaux continueront à être plus nombreux, à produire une part plus importante du PIB… Mais, souligne Benhima, “il n'y a pas de contradiction entre concentration et prospérité”. La formule est en rupture totale avec la stratégie des vingt dernières années, qui voulait plutôt diviser et morceler. Il y a sans doute là un effet de la nouvelle conception de l'autorité.Economiquement parlant, la rente du portier va en s'atténuant. Ce qui signifie que les industries qui n'existent que parce qu'elles sont protégées par les barrières douanières vont disparaître… “et d'autres vont naître”. Si la rente du portier disparaît, la porte reste. Aussi, Casa dans dix ans ne ressemblera pas au profil économique qu'elle a aujourd'hui. “Les avantages compétitifs ne sont jamais naturels, ils se construisent”. Sur ce point, le wali lance deux avertissements clairs: “L'Europe de l'Est a des salaires inférieurs pour une compétitivité supérieure (…) nous n'avons pas de pétrole pour nous permettre l'ostracisme”. Mais, relève-t-il immédiatement, le Maroc et surtout Casablanca ont su développer une manière d'être un melting-pot, dont on peut faire un avantage comparatif. La manière d'accueillir les communautés et les étrangers, dit-il, crée une ambiance de convivialité, de sécurité et de tolérance. Reste à améliorer la propreté, la circulation, l'urbanisme et l'environnement. “Rien qui soit hors de portée” si le capital identité est bien valorisé.


Une opération “tout-bénéfice”: Un train toutes les deux minutes!

C'est un Rotarien qui lance la remarque: On nous rabat les oreilles avec un métro, qu'on ne voit pas venir et qui sera très cher quand il viendra, alors que nous avons une voie ferrée qui traverse la ville de part en part. Pourquoi ne pas s'en servir?Bon sens et sens de l'économie, bien dans l'esprit du Club. Benhima saute sur l'occasion. Il rend public une idée qu'ils sont quelques-uns, chez les élus et les autorités locales, à caresser.“Nous avons déjà demandé quelques renseignements à l'ONCF, c'est techniquement possible”. Une pause pour ménager l'effet. “Mieux que cela, on résoudrait aussi d'autres problèmes avec cette idée”. La salle l'écoute ravie: les raisonnements en puzzle ou en dominos sont toujours très ludiques et donnent un délicieux sentiment de puissance.Le problème c'est la fréquence des trains phosphatiers, en moyenne 16 par jour, pour 7 millions de tonnes de phosphates vrac qui partent du port de Casa. La moyenne cache d'importantes variations journalières, qui rendent difficile la programmation de trains de voyageurs, qui seraient des trains à grande vitesse, entre Mohammédia et Sidi Maârouf. Il faut donc déménager le vrac phosphatier de Casa vers Jorf Lasfar, où les équipements sont d'ailleurs sous-utilisés. Récupération d'un grand quai supplémentaire, réaménagement du port civil pour libérer l'espace occupé par darse de pêche, la darse de plaisance (inutilisée aujourd'hui), les chantiers navals… Au bout du compte, une opération “tout-bénéfice”: “Casablanca qui peut enfin rentrer dans son port” civil et touristique, un port commercial mieux structuré, baisse de la pollution atmosphérique et sonore… et un train rapide toutes les deux minutes de Sidi Maârouf à Mohammédia. La salle applaudit très fort. Les élus sourient et hochent la tête de satisfaction. Mais, car il y a un mais, dans l'histoire: il faudra au préalable faire s'entendre les différents ministères, l'OCP, l'ODEP, l'ONCF, les syndicats… car cela fait quinze ans que Jorf est justement destiné à cela et que seulement une partie du trafic phosphatier a été réorientée. . Vide organisationnelLe wali insiste: “Nous avons un problème organisationnel”. Et il cite: “Imaginez que nous n'ayons personne, pas un service qui soit dédié aux questions de circulation, ni à la Communauté urbaine, ni dans les communes, ni dans les préfectures”. Nul ne peut donc prendre en charge de manière globale la conception de la circulation. “Heureusement, explique le wali, qu'il y a le plan de circulation de 1976, qui était bien fait et qui sert encore de guide à tout le monde”.Les Rotariens se regardent et hochent la tête. Le wali a raison. Comment n'y a-t-on pas pensé plus tôt?Pendant ce temps, le wali continue à aligner les gaspillages qu'entraîne le manque d'organisation, de structuration de l'organisation. Répondant aux reproches d'une Rotarienne de ne pas favoriser la culture, il explique que des actions existent mais qu'elles ne sont pas assez structurées, que les efforts sont sans doute trop dispersés. “Il y a une bibliothèque municipale, un conservatoire, une Ecole des Beaux-Arts… mais sommes-nous sûrs de tirer le meilleur parti de ce qui existe? D'ailleurs, nous Casablancais n'y pensons pas spontanément, ce qui prouve bien qu'on peut faire mieux avec l'existant”. Même cas de figure avec les espaces pour les jeux des enfants. Même remarque avec… même remarque avec… Le wali arrête son catalogue en expliquant que ces problèmes sont maintenant posés clairement et qu'il ne reste plus qu'à les traduire au niveau de la réforme de la Charte des collectivités locales. Nadia SALAH

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