×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Economie

Aviculture: Un secteur miné par l'inorganisation

Par L'Economiste | Edition N°:87 Le 08/07/1993 | Partager

l'aviculture industrielle tarde à décoller. Le secteur est victime de l'inorganisation. les professionnels du secteur se sont penchés sur son état pour trouver les moyens de le sortir de sa torpeur.

LE constat est unanime: le secteur avicole patauge dans l'inorganisation. La Journée Nationale de la Médecine Vétérinaire Privée"' a permis de soulever, une fois de plus'2', cet important problème. Lequel fut évoqué d'entrée par M. Moharned Meziane, ministre de l'Agriculture et de la Réforme Agraire, lors de la séance d'ouverture. Au demeurant, cette journée a permis de passer au peigne fin les insuffisances d'un secteur, qui, toutes branches confondues, résiste au décollage.

Au terme des discussions, et en guise de recommandations, deux points essentiels ont été mis en relief: la nécessité de constituer une association nationale interprofessionnelle et le souhait des aviculteurs de voir les pouvoirs publics reconnaître le caractère agricole de leur activité afin de bénéficier des avantages accordés à l'agriculture. Il est à noter que le secteur avicole dans sa globalité englobe un ensemble d'activités: une branche principale constituée de la production de poussins (accouvage et multiplication), de l'élevage du poulet de chair et de la production d'oeufs;

- des branches annexes mais totalement liées au premier, notamment la provende (production d'aliments), la construction de matériels, I ' abattage, la distribution et les services vétérinaires.

Ce secteur devrait s'organiser en une véritable filière totalement intégrée. Cependant, la chaîne est loin d'être parfaite. Conséquence, l'offre de produits avicoles (viande blanche et oeufs) est mal maîtrisée, avec pour corollaire d'importantes fluctuations des cours, ceux de la viande blanche en particulier. Du point de vue de l'élevage (poulets de chair et production d'oeufs), il est relevé un niveau élevé des coûts de production constitués pour l'essentiel de l'alimentation (70% des charges). Par ailleurs, la qualité des vaccins, la TVA non récupérable de 7% appliquée sur les aliments, la déficience dans le contrôle des couvoirs et le manque de techniciens spécialisés sont considérés comme étant quelques-uns des principaux problèmes.

Toutefois, au passif direct des aviculteurs (éleveurs de poulets de chair et producteurs d'oeufs), ont été inscrits une certaine insouciance quant à la gestion des cadavres (en cas de mortalité significative dans les fermes) et le manque de garantie pour ce qui est des emplois qualifiés. Les producteurs de poussins sont en général confrontés aux mêmes problèmes.

En ce qui concerne la provende(3), les prélèvements de I'ONICL sur les importations de maïs constituent le principal problème, outre les difficultés à respecter les teneurs en protéine des aliments composés. Le maillon le plus faible, en l'occurrence les abattoirs, n'a pas fait l'objet de profondes discussions. L'absence des dirigeants d'Avolca, l'unique abattoir avicole. installé à Rabat, n'a pas permis de cerner le problème. En 1992, l'ouverture de cet abattoir et l'obligation d'y abattre les poulets avaient entraîné la grève des marchands de volailles de cette ville. Toutefois, il est indiqué que l'aviculture ne peut s ' organiser sans la maîtrise de l'offre . En dehors de l'aspect sanitaire, les abattoirs contribuent à la régulation du marché.

Le problème de l'accès aux laboratoires a été également évoqué. Dans ce cadre, un responsable de laboratoire a précisé que les contrôles qualité sont effectués sans entraves pour tous les professionnels. Mieux encore, les travaux effectués sont même subventionnés, un avantage ignoré par la plupart des intéressés qui ont noté au passage le manque de fluidité pour ce qui est de la communication avec les administrations de tutelle. L'annonce de la révision des droits de douanes (destinée à protéger le secteur) avait d'ailleurs suscité la même réaction. Dans tous les cas, le secteur tente de se faire une solide place dans le tissu économique. Le montant global des investissements s'élève à 1,5 milliard de Dirhams. Le secteur génère 15.000 emplois directs et 20.000 indirects. Le chiffre d'affaires consolidé réalisé en 1992monte à près de 3 milliards de Dirhams. Durant cette année, sur une production total de 151.000 tonnes de viande blanche, la part du secteur industriel s'est située à 100.000 tonnes contre 95.000en 1991. Mais, depuis 1977, il se montre incapable d'observer une croissance continue. La barre des 101.000 tonnes atteinte en 1986 semble jusqu'à présent infranchissable. La production connaît des fluctuations importantes . La même observation vaut pour la production d'oeufs. Dans ce domaine, le secteur traditionnel garde une certaine prépondérance avec une offre souvent supérieure. En 1992, il a produit 770 millions d'unités contre 605 millions pot le secteur industriel. Pourtant. le potentiel de croissance de celui-ci est insuffisamment exploité. Les différentes parties se son montrées conscientes des problèmes. En effet, ce secteur ne peut gagner en efficacité que s ' ils se décident de surmonter leurs intérêts personnels. 

A D N

(1) L'Association Nationale des Vétérinaires du Secteur Privé a organisé le 3 juillet 1993, une journée de réflexion consacrée au secteur avicole sous le thème: "Aviculture: facteur de développement".

(2) C f L'Economiste n°35 du 25 juin 1992 et n°71 du 18 mars 1992.

(3) Les provendiers (20 unités de production) sont produits dans l'Association des Fabricants d'Aliments Composés

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc